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Aurélie, animatrice sociale : « On ne choisit pas le social par hasard »

Publié le 26 mai 2017

Aurélie Morvan est directrice d’un sémaphore à Quimper, un lieu d’accueil et d’animation destiné aux personnes handicapées autonomes. Tous les jours, elle prend le chemin du travail avec le sourire.

Cet après-midi, une petite dizaine d’adhérents se prépare à faire du char à voile. « J’aurais bien aimé y aller, avoue Aurélie. Mais Janick et Donovan sont disponibles pour les accompagner.» Aurélie Morvan, 29 ans, est responsable d’un Sémaphore, un lieu d’accueil et d’animation de jour pour les personnes handicapées ou fragilisées autonomes, à Quimper. Janick, la cinquantaine, est l’une des quatre stagiaires de la structure et Donovan est en service civique.

L’un des adhérents du Sémaphore ne se sent pas bien aujourd’hui, « J’ai mal à la tête » articule-t-il difficilement. Aurélie n’insiste pas et propose à un autre adhérent venu prendre un café de prendre sa place. Confus, il parle de sa journée d’hier, pense qu’on lui propose une activité pour la soirée. Patiemment, Aurélie lui réexplique : « Mais non, je te propose aujourd’hui, maintenant, d’aller faire du char à voile sur plage ». Elle mime l’activité simulant sa prise en main avec le vent qui l’entraîne. Au bout de quelques minutes, il accepte de se joindre au groupe.

char-a-voile

Mixer les âges et les parcours

Depuis sept mois, la jeune femme est salariée de l’association Epal, pour Évasion en Pays d’Accueil et de Loisirs. La structure est à l’origine de la création des Sémaphores, au nombre de quatre en Bretagne. Sa particularité : fonctionner avec une équipe composée d’un salarié, de stagiaires en formation sociale et d’un jeune en service civique.

« A ma connaissance, nous sommes la seule structure de ce type à fonctionner comme ça.  Il y a une grande mixité dans les âges avec des stagiaires de 45-50 ans en reconversion AES (Administration Economique et Sociale), qui ont de la bouteille, et des étudiants d’une vingtaine d’année. Ce sont comme mes collègues, ils participent à la vie du Sémaphore, animent ou encadrent des activités ». Cette diversité amène du dynamisme dans l‘équipe. Les stagiaires se relaient régulièrement, ce qui permet aussi aux adhérents de changer leurs habitudes, de ne pas toujours avoir les mêmes référents.

Semaphore

« Travailler dans le social, ça apprend à relativiser »

Lorsque qu’on interroge la jeune femme joviale et dynamique sur son parcours, les mots se bousculent. « Je voulais travailler avec des gens », commence-t-elle. « Ce travail m’apporte énormément. On est face à des personnes très courageuses, avec une force de vie, alors qu’elles ont traversé des étapes difficiles. Ça apprend à relativiser et à arrêter de s’écouter ! »

Elle cite un de ses professeurs qui a commencé l’année en leur disant : vous n’êtes pas là par hasard. « Ceux qui veulent travailler dans le social ont souvent vu ou vécu des choses qui les amènent vers ces carrières. Par contre, il ne faut pas  vouloir régler ses propres problèmes ! Il faut se réparer avant d’aider les autres », affirme-t-elle avec véhémence. Car le métier exige de la souplesse, de l’énergie et de savoir trouver la bonne attitude.

 Dans le milieu associatif, l’expérience compte plus que le diplôme.

Six ans après l’obtention de son DEME, Diplôme d’Etat de moniteur éducateur, elle a signé son premier CDI. Un « super poste de coordination », confie-t-elle. Où elle se sent valorisée. « Ce que je trouve bien dans le milieu associatif, c’est que les personnes ne sont pas recrutées en fonction de leur diplôme, c’est l’expérience et l’entretien, où on juge de tes capacités, qui sont les plus importants. » Elle apprécie notamment sa liberté d’action et la confiance qu’on lui apporte. « Nous sommes une structure de loisirs, où il y a une bonne ambiance. Les adhérents participent en donnant leur avis sur les activités, les menus. On est comme une grande famille. Quand on travaille dans ces conditions, on est content d’aller au travail tous les jours ».

Se former dans le social

Les formations dans le secteur social sont accessibles à partir du brevet : c’est le cas des DE (diplôme d’Etat), que l’on peut préparer en apprentissage. Selon les diplômes, ces formations durent de 1 à 3 ans. Ils peuvent aussi être obtenus par le biais de la VAE (validation des acquis de l’expérience). Après six ans d’expérience, Aurélie va faire une demande de VAE pour obtenir son DEES (Diplôme d’Etat d’éducateur spécialisé).

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Emmanuelle Genoud

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