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Quand le numérique facilite l’insertion des réfugiés

Publié le 24 mai 2017

Action Emploi Réfugiés, Refuhelp, Refugeeks… Les initiatives tech se multiplient pour accompagner l’insertion sociale et professionnelle des personnes exilées en France. Tour d’horizon de ces e-projets inspirants.

Accoudé au comptoir d’un café caché derrière la Gare de Lyon à Paris, Hafiz, 29 ans, parle avec enthousiasme de sa journée de travail de couturier. Cela n’a l’air de rien mais pour ce réfugié afghan, c’est un petit événement : il s’agit de son premier emploi salarié depuis son arrivée en France, il y a deux ans. Ce CDD de quatre mois chez le créateur de robes de mariées Marie Laporte est une étape clé, que le tailleur a franchie avec l’aide d’Action Emploi Réfugiés.

Après avoir créé un groupe Facebook, l’association a lancé en juin 2016 une plateforme destinée à mettre en relation employeurs et réfugiés à la recherche d’un emploi. « Les réfugiés qui se connectent sur notre plateforme peuvent poster leur CV en ligne. Ils ont ensuite accès aux offres générales ainsi qu’aux offres postées spécifiquement par des employeurs souhaitant recruter un réfugié. C’est ce qui, d’ailleurs, fait notre valeur ajoutée », explique Diane Binder, co-présidente et fondatrice de l’association.

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Grâce a l’outil d’Action Emploi Réfugiés, ces réfugiés syriens accompagnés par l’Association Revivre, créent leur CV simplifié en ligne.
« L’emploi est le meilleur facteur d’intégration dans une société »

S’adressant exclusivement aux personnes ayant obtenu le droit d’asile ou fait leur demande depuis plus de neuf mois, le site a déjà noué un partenariat avec la société d’intérim Adecco. « L’emploi est le meilleur facteur d’intégration dans une société, précise Diane Binder. C’est un facteur d’indépendance financière mais aussi de dignité retrouvée. Une façon de nouer des liens avec la société d’accueil, d’en comprendre les codes culturels, etc. ».

Depuis la création du groupe Facebook d’Action Emploi Réfugiés, 150 emplois ont été pourvus. De l’intérim au CDI, les contrats concernent essentiellement la construction, l’informatique, l’art, l’architecture ou encore les services à la personne. « Les deux principaux obstacles sont la barrière de la langue et l’absence d’équivalence de leurs diplômes », détaille Diane Binder.

 Les principaux obstacles des réfugiés : la barrière de la langue et l’absence d’équivalence de leurs diplômes

Conscientes de ces difficultés, de plus en plus d’associations mettent aujourd’hui l’accent sur l’accompagnement professionnel des réfugiés, en prenant notamment en compte le potentiel de l’outil numérique. De nombreuses initiatives émergent, comme lors du « Startup Weekend Refugees » qui s’est tenu les 11 et 12 mars dernier au Liberté Living-lab à Paris. Pas moins de 70 développeurs, consultants et entrepreneurs sociaux ont réuni leurs neurones pour développer des outils technologiques visant à faciliter l’intégration des réfugiés dans la société française. Pour cette première édition, le jury a récompensé le projet « Refuhelp ». Toujours en cours de conception, l’application permettrait à l’utilisateur de trouver des informations sur plusieurs services (hébergement, alimentation, transport…). Les sept entrepreneurs à l’origine du projet se sont rencontrés à l’école de code Simplon.co, qui forme gratuitement pendant six mois au métier de codeur informatique des jeunes éloignés de l’emploi ou des personnes en reconversion professionnelle.

 

Code toujours, tu m’intéresses !

Chez Simplon.co, l’idée d’agir pour venir en aide aux migrants a germé fin 2015. En partenariat avec l’association Singa France, l’école a ainsi lancé, en février 2016, « Refugeeks », une nouvelle formation exclusivement adressée aux réfugiés. « Nous trouvions que les entreprises ne donnaient pas assez l’opportunité aux personnes réfugiées de montrer leurs compétences, souligne Théo Biddulph, chargé de déploiement du projet. Une fois effectuées les démarches administratives, la plupart des migrants se trouvent délaissés. C’est pourquoi, nous avons souhaité, avec Refugeeks, leur donner véritablement une chance. Et bien souvent, cela suffit pour s’apercevoir qu’ils sont très compétents. » Six mois durant, les quatorze réfugiés qui composaient cette « promo » pilote ont, chaque matin, laissé derrière eux leurs soucis administratifs pour acquérir le statut d’« apprenant », comme on dit chez Simplon.co.

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Promotion 2016 de Refugeeks, programme d’accompagnement dédié aux personnes réfugiées.

L’objectif de ces six mois de stage, qui comprend également un apprentissage du français, est clair : une insertion sociale et professionnelle, avec un contrat de travail à la clé. Résultat : 6 « apprenants » ont décroché un job, dont 5 en CDI. « Il y a beaucoup de métiers en tension dans le numérique, analyse Théo Biddulph. Or le code est un langage universel. C’est pourquoi on a davantage de demandes que dans d’autres secteurs. Pour autant, je crois que tous les secteurs auraient, tôt au tard, intérêt à se mettre au recrutement des réfugiés. » Quitte à s’inspirer, pour cela, de ces initiatives numériques porteuses d’espoir.

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Rédigé par

Olivier Simon

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Megan

Publié le 15 juin 2017

Super article! Il y a aussi l'association Konexio qui s'engage pour accélérer l'intégration des personnes réfugiés en proposant l’accès et la formation à des connaissances informatiques et numériques. Pour plus d'informations: www.konexio.eu

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