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Too good to go : l’appli qui allie bon plan et anti-gaspillage!

Publié le 4 mai 2017

Les applis qui cherchent à enrayer le gaspillage alimentaire au quotidien commencent à se développer. Focus sur l’appli Too Good to Go, qui propose d’acheter les invendus des commerçants à petit prix. Et rencontre avec Lucie Basch, à l’origine du concept.

Le concept, c’est quoi ?

Avec l’application Too Good To Go, en moins de 5 minutes on peut rechercher un commerçant partenaire localisé près de chez soi, commander une portion surprise pour un prix entre 4 et 7 euros en moyenne, puis la récupérer à l’heure de la fermeture du commerçant. De quoi profiter d’un bon plan, avoir une agréable surprise en récupérant la portion, tout en faisant un petit geste pour l’environnement.

La Voix des Jeunes

Dans le cadre d’un partenariat avec le programme de l’UNICEF La Voix des Jeunes, Say Yess donne la parole à quatre jeunes blogueurs francophones dans ses pages. A l’occasion de la Journée de la terre, samedi 22 avril 2017, Georgina, Désiré, Prince et Cécilia prennent la plume pour écrire un article par jour sur le thème de l’environnement. Retrouvez leurs articles, du 25 avril  au 4 mai 2017.

Mais Too Good To Go n’a pas pour seul objectif la lutte contre le gaspillage. L’équipe s’engage également pour la justice sociale. La plateforme permet en effet faire un geste solidaire envers ceux qui ne mangent pas à leur faim. Pour cela, rien de plus simple : les utilisateurs peuvent faire un don de 2 euros (ou plus !), puis, régulièrement, l’équipe de Too Good To Go prend la somme de ces dons, récupère les invendus et fait une maraude pour donner aux plus démunis.

Un partenariat a également été développé avec Action Contre la Faim, grâce auquel les commerçants partenaires sont invités à reverser les bénéfices réalisés à l’organisation, afin que la lutte contre la faim et celle contre le gaspillage soient au maximum liées.

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Pourquoi on avait besoin d’applis comme celle-là ?

Chaque année en France, 10 millions de tonnes de nourriture sont jetées. Au niveau mondial, le gaspillage s’élève à un tiers de la production. Pourtant, au niveau individuel, pas facile de faire quelque chose. Les invendus chez les commerçants peuvent paraître insignifiants à leur échelle, mais pris dans leur ensemble, cela donne rapidement le vertige.

C’est d’ailleurs comme ça que l’idée est venue à Lucie Basch, créatrice du concept.  Un soir, elle est passée devant une boulangerie et a vu le commerçant tout jeter à la poubelle. En s’arrêtant pour discuter avec lui, elle découvre qu’il fait cela tous les soirs. Elle lui propose donc de récupérer les invendus pour un petit prix.

Chaque année en France, 10 millions de tonnes de nourriture sont jetées.

L’objectif était donc d’aider les commerçants à se défaire de leurs petits volumes d’invendus, tout en proposant un bon plan aux consommateurs : ils récupèrent les produits frais des commerçants qui auraient fini à la poubelle, pour un prix plus bas.

Lucie Basch, jeune entrepreneuse à l’origine du projet

J’ai rencontré Lucie dans les locaux de Too Good to Go, qui m’a parlé avec enthousiasme de son concept.

Après avoir suivi un diplôme d’ingénieur à L’Ecole Centrale, Lucie poursuit ses études avec un double diplôme en “Logistics and Supply Chain” à Cranfield University (Royaume-Uni), parce qu’elle a toujours été intéressée par les différentes étapes de la production. Elle part ensuite en Norvège, où elle travaille pendant un an et demi chez Nestlé. C’est à ce moment-là qu’elle se rend compte des pertes importantes à chaque étape de la production, mais également que ce type de grosse structure n’est pas exactement en adéquation avec les valeurs qu’elle veut représenter.

Revenue en France, Lucie fonde Too Good To Go en juin 2016. Elle est aujourd’hui, à 25 ans, à la tête d’une structure composée d’une équipe d’une douzaine de personnes, bénévoles au départ, qui commencent à vivre de la plateforme.

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L’équipe de Too Good To Go regroupe une douzaine de personnes.

Le projet a par ailleurs été soutenu par SenseCube, un incubateur de start-ups, dont l’objectif est de soutenir des projets à fort impact social et environnemental. Depuis le début, le projet est donc bien plus que simplement commercial.

Lucie me confie que le gaspillage alimentaire l’avait toujours choquée.  Mais elle n’en entendait pas beaucoup parler autour d’elle. Lucie croit beaucoup au pouvoir horizontal, et se dit que si chacun peut agir sur sa sphère, alors tous ensemble on peut avoir un impact énorme.

Elle a su se servir de l’explosion des technologies digitales pour rapprocher les gens « au bon moment, au bon endroit ». C’est en Scandinavie qu’elle se rend compte qu’il y a quelque chose à faire pour rapprocher les utilisateurs et les commerçants rapidement et facilement. Là-bas, les technologies digitales sont largement banalisées et utilisées par presque tous – par exemple le paiement avec son téléphone portable y est vraiment démocratisé, alors qu’il se développe à peine en France. Et c’est essentiellement sur cette utilisation des technologies digitales et le pouvoir des actions individuelles que Too Good to Go repose.

Pour l’instant, on compte 80.000 repas sauvés en un peu moins d’un an, des porte-monnaies ravis, 2.500 repas distribués aux plus démunis, et une communauté d’environ 70.000 personnes qui commence à se développer.

80.000 repas sauvés en un peu moins d’un an et 2.500 repas distribués aux plus démunis.

Avec Too Good To Go, l’objectif est d’arriver à toucher le plus de monde possible, que ce soit des personnes sensibles à l’environnement, ou qui profitent d’un bon plan avant de se découvrir un intérêt pour la lutte anti-gaspillage.

Quelques autres applis (Optimiam, What the Food, Zéro Gâchis, etc.) sont dédiées à la lutte contre le gaspillage. Finalement, peut-être que cette préoccupation attendait seulement d’être combinée avec des bons plans, pour que chacun ait la possibilité d’agir tout en évitant de se ruiner.

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Rédigé par

Cecilia Pataut

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Jean-Claude Mizzi

Publié le 09 juin 2017

Projet B to C bien sûr intéressant mais qui ne répond pas qu'au gaspillage de la distribution, qui ne représente qu'une petite partie du gâchis alimentaire. La plateforme numérique HopHopFood, qui permettra à l'automne 2017 de connecter les particuliers entre eux pour un échange de nourriture gratuite et ainsi la création de zones de solidarités alimentaires aura l'ambition de s'attaquer, enfin, au gaspillage alimentaire des particuliers, qui représente 53 % de l'ensemble (20 kg/personne/an en France ; 40 kg en Ile-de-France ; 60 kg à Paris !).

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