Planète

«Notre objectif : voir le Burundi devenir vert»

Publié le 28 avril 2017

Jadot Nkurunziza est un jeune Burundais, que beaucoup connaissent par son surnom : Giti (arbre en kirundi). Il a 24 ans et se passionne pour l’environnement depuis son plus jeune âge. Il est actuellement étudiant en sciences de l’environnement à l’Université Saint Lawrence en Ouganda. Mais c’est aussi le fondateur et représentant légal de l’association « Ça nous concerne tous », qui œuvre dans le secteur de l’environnement dans seize des dix-huit provinces du Burundi. Son association a planté plus de 57 millions de plants d’arbres au Burundi. Jadot a fait partie de la délégation du Burundi dans la COP 22 en décembre 2016 à Marrakech au Maroc. Interview.

Jadot, vous êtes un jeune Burundais remarquablement investi dans la protection de l’environnement. Pouvez-vous me dire en quelques lignes comment vous est venue l’idée de protéger l’environnement ?

Tout a commencé le jour où j’ai rendu visite à mon grand-père à Bukeye. Ce jour-là, il plantait des arbres dans ses champs. Je lui ai posé des questions pour comprendre l’intérêt de planter des arbres. Il m’a parlé de l’utilité de l’arbre et son rôle dans la protection de l’environnement. Après ce petit voyage, j’ai commencé à discuter avec mes camarades de classe, mes amis scouts et mes voisins, sur le rôle que l’arbre joue dans préservation d’un environnement sain et ils ont bien compris. Quelques semaines plus tard, nous avons débuté les plantations d’arbres dans nos quartiers, dans des camps militaires et policiers, sur des boulevards de Bujumbura. Après nous nous sommes rendus à l’intérieur du pays pour les mêmes activités. Voilà en gros comment est née l’idée.

La Voix des Jeunes

Dans le cadre d’un partenariat avec le programme de l’UNICEF La Voix des Jeunes, Say Yess donne la parole à quatre jeunes blogueurs francophones dans ses pages. A l’occasion de la Journée de la terre, samedi 22 avril 2017, Georgina, Désiré, Prince et Cécilia prennent la plume pour écrire un article par jour sur le thème de l’environnement. Retrouvez leurs articles, du 25 avril  au 4 mai 2017.

Pour mener à bien un tel projet, les moyens financiers sont indispensables. En tant qu’étudiant, comment y parvenez-vous ? Avez-vous des bailleurs qui vous soutiennent ?

C’est vrai, les moyens sont indispensables. Mais il suffit de faire seulement le premier pas, les quatre-vingt-dix-neuf restants Dieu s’en charge. Dans notre association, les moyens que nous utilisons proviennent en grande partie des efforts de nos membres. Mais il y a également des gens qui apprécient nos activités et nous encouragent en nous donnant du matériel. Non, nous n’avons pas de bailleurs.

Quels étaient vos objectifs ? Sont-ils atteints ? Avez-vous d’autres associations avec lesquelles  vous collaborez ?

J’ai un seul objectif : voir le Burundi devenir vert. Tous les espaces vides devraient avoir des arbres plantés. Aujourd’hui, nous n’avons même pas atteint un tiers de l’objectif. Le chemin est encore long, mais comme on dit, « Petit à petit l’oiseau fait son nid ». Nous collaborons avec les autres associations telles qu’Ajamina, association des scouts du Burundi. Il y a également des clubs dans les écoles qui sont engagés dans la protection de l’environnement.

C’est normal  de rencontrer  des obstacles  quand on s’engage. Dans votre cas, quels sont les problèmes rencontrés et comment les surmontez-vous ?

Le problème majeur ici, c’est le fait de ne pas être soutenu par le gouvernement et la population. Cela peut empêcher d’atteindre son objectif. Oui, c’est ça qui bloque le développement de notre pays. Les Burundais ne sont pas habitués à voir une personne qui s’engage dans une activité bénéfique pour toute la collectivité. Mais ce qui nous permet d’avancer jusqu’à présent, c’est le courage et la patience qui nous caractérisent.

Le problème majeur au Burundi, c’est le fait de ne pas être soutenu par le gouvernement et la population.

Quel message pouvez-vous donner à la jeunesse burundaise et aux gouvernements qui n’accordent pas une grande importance à la protection de l’environnement ?

Et bien, le message est très simple. Tout le monde ici doit comprendre que la protection de l’environnement est l’un des piliers du développement. Avant tout, la jeunesse devrait comprendre que la protection de l’environnement, c’est quelque chose qui les concerne et ensuite y participer activement. Aujourd’hui, les gouvernements qui ne prennent pas au sérieux la question environnementale doivent s’attendent à de mauvaises surprises liées au changement climatique. Il faut qu’ils adoptent des bonnes stratégies pour éviter tout ça, en encourageant les initiatives environnementales par exemple.

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Jadot, dont le surnom « giti » signifie arbre en kirundi (langue officielle du Burundi)
En tant que jeune Burundais, c’est vraiment une opportunité unique de participer à la conférence pour le climat. Pouvez-vous me dire ce que vous avez appris lors de la COP 22 ?

Oui, ça a été une excellente opportunité pour moi de participer à la COP 22,  j’ai appris une tonne de choses là-bas. J’aime partager tout ce que je gagne avec les autres. Arrivé à Bujumbura, la première chose que j’ai fait c’était d’organiser des séminaires pour les jeunes, afin de  les aider à mieux comprendre le bien fondé de protéger l’environnement, et de sensibiliser la jeunesse burundaise à utiliser  son talent afin qu’elle aussi contribue à la protection de l’environnement.

Aujourd’hui, nous sommes en train de préparer des formations que nous allons dispenser  dans des universités et dans des écoles secondaires. Bref, nous essayons de faire tout notre possible pour partager avec les autres de ce que nous avons appris lors de cette conférence.

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Rédigé par

Désiré Sezikeye

7 commentaires

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Izere elvis

Publié le 28 avril 2017

Je tiens aussi à remercier l'auteur de cette article ,quand à moi je soutiens cet objectif «voir le Burundi devenir vert » ça me rappel le jardin d'Eden . Les arbres dans les montagnes les fruits autour de nous en tous cas ça nous concerne tous . Je lance ma voix à toute la jeunesse , le gouvernement et la population de soutenir cet objectif .. Avec Dieu on ferra des exploits .

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Izere elvis

Publié le 28 avril 2017

Merci sana mon frère nous sommes avec vous ça nous concerne tous

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Mugisha Bruce

Publié le 28 avril 2017

je suis vraiment satisfait en tant que jeune natif de kirundo l'une des provinces qui a été menacE des aléas climatiques ,j'exhorte à tous les jeunes qui veulent contribuer à la plantation des arbres notamment ds les provinces sinistrées par ce fléau . ça nous concerne tous parce que la protection environnementale est indispensablE

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Nzoyisenga

Publié le 28 avril 2017

Je connais Jadot il y a au moins 4ans. Nous avons fait connaissance au cours d'un seminaire organisé en faveur des jeunes entrepreneurs à Bujumbura. C'est un jeune visionnaire qui,si il conserve sa vision, il parviendra à pas mal de réalisations. Bon courage Brother Jadot

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NIYONGERE Jean Claude

Publié le 28 avril 2017

Mille merci à l'auteur de l'article,si on ouvre les yeux on peut voir que la protection de l'envirronement est indispensable à chacun des citoyens du monde"ça nous concerne nous tous"Ce jeune a un bon objectif,rendre le Burundi vert!!.Donc j lance un appel aux differents gouvernements à soutenir de telles idées des participants au service puplic.

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