Planète

« Inspirer, mobiliser, responsabiliser »

Publié le 26 avril 2017

Le climat, l'activisme, donner une voix aux jeunes et surtout faire en sorte qu'elle soit écoutée sont depuis longtemps des priorités pour Emily Marsay, coordinatrice de l'équipe britannique de l'organisation à but non lucratif UKYCC (coalition des jeunes pour le climat, en français). En effet, ce ne sont ni ses 22 ans, ni l'approche de ses examens finaux dans le cadre de sa licence en Sciences Economiques et Politiques à l'Université d’Exeter, qui la feront reculer face à ce qu'elle voit comme "le sujet le plus urgent de notre société actuelle".

C’est en classe de 5ème, qu’Emily entend pour la première fois parler du changement climatique, révélant l’importance primordiale de l’éducation face à cette question  « Je me rappelle avoir pensé : c’est un problème tellement sérieux et personne ne semble inquiet ! » confie-t-elle, « Moi, j’étais terrifiée ».

Alors que ses camarades la rassurent avec nonchalance avec des « tout ira bien », la jeune fille n’accepte pas cette réponse. Et c’est au lycée, qu’elle décide qu’en parler simplement de temps en temps en cours, ce n’est « plus assez » pour elle.

La Voix des Jeunes

Dans le cadre d’un partenariat avec le programme de l’UNICEF La Voix des Jeunes, Say Yess donne la parole à quatre jeunes blogueurs francophones dans ses pages. A l’occasion de la Journée de la terre, samedi 22 avril 2017, Georgina, Désiré, Prince et Cécilia prennent la plume pour écrire un article par jour sur le thème de l’environnement. Retrouvez leurs articles, du 25 avril  au 4 mai 2017.

Sa démarche commence avec une affiliation au Green Party (l’équivalent des Verts au Royaume-Uni). Elle s’engage dans du porte-à-porte électoral. Mais à l’approche des élections de 2015, elle se retrouve une fois de plus insatisfaite de sa contribution. Ainsi commence son engagement dans l’organisation UKYCC.

« Ce qui m’a attiré chez eux, c’est qu’ils n’étaient affiliés à aucun parti politique ». Pour elle, cette impartialité semble vitale : « l’environnement, le climat, c’est ce qui nous unit, nous concerne tous ». Si elle avait l’impression que son appartenance au Green Party repoussait l’adhésion du plus grand nombre, la priorité dans l’UKYCC est beaucoup plus inclusive : encourager les jeunes à s’impliquer dans la création et la préparation de leur futur.

De l’engagement bénévole à la coordination d’équipe

Depuis 2015, Emily a parcouru du chemin : elle est maintenant coordinatrice de l’équipe britannique (c’est à dire codirigeante, même si elle explique qu’ils préfèrent ce nouveau terme, plus en ligne avec l’esprit coopératif de leur structure non-hiérarchique).

ukycc_ukteam
Emily, codirigeante d’UKYCC, entourée par l’actuelle l’équipe britannique (en haut, à droite)

L’association a été créée en 2008 par deux étudiants de l’Université de Warwick. Inspirés par les initiatives d’autres jeunes à l’étranger, ils cherchent à leur tour à « inspirer, mobiliser et responsabiliser » les jeunes à agir face au changement climatique. Cependant, ils n’encouragement pas seulement l’activisme : « nous voulons que les jeunes se sentent capables d’agir, de faire entendre leur voix, et savoir qu’elle sera écoutée ».

Et concrètement ? Leurs actions se divisent en deux parties : le lobbying et les tables rondes avec le gouvernement, les campagnes, les manifestations pour faire entendre les jeunes, l’envoi de délégués aux conférences des Nations Unies sur le climat, mais aussi la création d’un engouement et d’un appétit pour l’engagement chez les jeunes. « Nous voulons qu’ils soient passionnés, les galvaniser pour qu’ils se sentent capables d’agir et soutenus ».

S’ils ont déjà eu du succès, notamment lors de leur campagne très soutenue et médiatisée pour l’éducation sur le climat (cette thématique était menacée d’éradication du programme scolaire il y a quelques années, mais la suppression a été évitée grâce à leur travail), Emily est loin d’être au bout de son chemin chez UKYCC. Elle dit vouloir y rester jusqu’à ce qu’ils aient réussi « quelque chose de grand, de spécial, j’aimerais que nous changions les choses et que nous soyons écoutés ».

Fight for our future
Lancement de la campagne, ‘Fight for our Future’ en 2015, en vue des élections générales.

Peut-être lors de leur prochaine campagne, visant à amplifier l’étendue de leur représentation, pour qu’elle inclue des jeunes issus de milieux socioculturels et ethniques plus divers ? « Nous voulons simplifier la politique climatique pour que tous les jeunes puissent y accéder. Finalement, c’est notre futur,  nous devons tous y contribuer. Quel âge auront les politiques tels que Donald Trump en 2050 ? »

Cette question illustre parfaitement sa ligne de pensée : notre génération subira les conséquences du changement climatique, nous devons assurer notre futur et pas le laisser tomber à l’eau à profit d’un désir de croissance économique ou de réélection.

« Quel âge auront les politiques tels que Donald Trump en 2050 ? »

Agir dans son quotidien pour changer le monde

D’un point de vue personnel, quand on demande à Emily pourquoi elle se dévoue autant à cette cause en tant que bénévole et en parallèle à son programme d’études déjà bien chargé, il n’y a aucun doute pour elle : « L’éducation que je reçois reste très intangible : j’apprends des équations, des principes, comment structurer une dissertation, etc. Mais est-ce que je change vraiment les choses ? Si je vis ma vie, ou même 4 ans de ma vie sans avoir d’influence sur le monde qui m’entoure, à quoi ça sert ? »   

Changer le monde, le système, au long terme, elle y croit, mais elle reste pour autant réaliste. Face à la question de notre responsabilité individuelle et de notre rôle à jouer, elle relativise : « Mettre l’emphase sur l’individu fait peur. Ce qui doit changer avant tout, c’est la politique… Faire en sorte que ce soit possible que nous agissions et vivions de manière plus éco-responsable ». Pour elle, prendre les transports en commun, éviter voiture et avion, manger végétarien, vegan ou du moins des produits locaux, restent les gestes les plus efficaces pour réduire son empreinte carbone.

Si je vis ma vie sans avoir d’influence sur le monde qui m’entoure, à quoi ça sert ?

En attendant que nous devenions tous aussi responsables et engagés qu’Emily, pourquoi ne pas commencer par ces petits pas vers un futur plus vert ? Un futur dans lequel on espère que grâce à l’enthousiasme d’individus comme Emily, les jeunes seront écoutés, et oseront faire entendre leurs voix.

Les suivre sur Facebook et sur Twitter

(Interview réalisée puis traduite de l’anglais)

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Rédigé par

Georgina Connors

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AZEBAZE

Publié le 27 avril 2017

Oui Georgina, tout le monde doit s'impliquer dans cette lutte pour la préservation. Cela ne nécessite de gros moyens. Nous avons par exemple la pratique des gestes éco-citoyens dont la gestion des ressources naturelles de manière rationnelle entre autre. L'article est magnifique. Félicitations à vous! Vive La Voix Des Jeunes et Say Yess

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