Agir au quotidien

Mettez les mains dans le cambouis, intégrez un garage collaboratif !

Publié le 10 mai 2017

Marre des factures salées quand vous déposez votre voiture chez un garagiste ? Agacés de vous demander si vous vous êtes fait arnaquer ? Choisissez la solution garage associatif et apprenez à réparer votre voiture vous-même.

Deux voitures perchées en haut d’un pont de levage, des mains noircies par le cambouis et des mines concentrées. Le Cardan a tout d’un garage… sauf qu’il est associatif. Inauguré au printemps à Bagnères de Bigorre, une bourgade des Hautes Pyrénées, il a pris ses quartiers dans un tiers lieu où se mêlent une équipe de brasseurs, une salle de danse ou encore des bureaux partagés.

Voir un jeune couple, venu accompagner ses enfants à la danse, se proposer pour pousser une voiture jusqu’au garage, n’a alors rien d’anormal. « Ici le maître mot est l’entraide, s’enthousiasme Rémi Reidenbach, l’initiateur de ce projet. Il y a quelques jours, nous étions trois pour porter une lourde boîte de vitesse. Pas un adhérent n’hésite à délaisser quelques minutes ses réparations pour filer un coup de main ».

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Dans les ateliers automobiles de la structure d’insertion Atao, à Nantes
« Lutter contre le côté jetable des voitures neuves »

Ici, on ne vient pas juste demander un devis, faire la grimace et laisser sa voiture le temps de la réparation. Il existe trois formules : la réparation en autonomie, le travail en coopération avec le garagiste et le dépôt du véhicule sans participation aux travaux. « Nous encourageons les personnes à choisir la deuxième formule pour apprendre ou réapprendre. Beaucoup d’automobilistes ne savent plus faire la pression des pneus, les niveaux. Les voitures neuves s’en chargent à notre place. On a perdu l’habitude de vérifier, d’anticiper. »

Beaucoup d’automobilistes ne savent plus faire la pression des pneus, les niveaux. On a perdu l’habitude de vérifier, d’anticiper.

Rémi, tout juste 30 ans, a 10 ans de métier « classique » derrière lui, en concession et en gros garage. Un licenciement économique a été l’occasion de réfléchir et de rebondir, notamment après une rencontre Alternatiba. « Si je voulais continuer mon métier de garagiste mécanicien, j’étais convaincu qu’il fallait que je le fasse en adéquation avec mes valeurs, sur le modèle des années 50/60 : je répare, je ne change pas les pièces à la moindre occasion. Et c’est cette vision que j’ai envie de transmettre aux adhérents du Cardan, dit-il. Je veux lutter contre le côté jetable des voitures neuves, montrer qu’elles peuvent être entretenues pour durer le plus longtemps possible. Je ne voulais plus rentrer chez moi le soir en me disant : ‘J’ai arnaqué un petit vieux de 300 euros’. »

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Réparation de « pétrolettes », comme les appelle le Garage Moderne, de Bordeaux
Tout apprendre… même à changer une courroie

Depuis l’installation en mai 2016, Le Cardan a séduit 200 adhérents. Certains n’avaient jamais ouvert un capot. Ils découvrent alors que tout s’apprend. « Même le changement d’une courroie, cette réparation qui fait si peur pour son prix souvent exorbitant », glisse Patricia, toute fière de voir le moteur se relancer. Yann, un habitué, est heureux de la diversité des adhérents, « des hommes, des femmes, des jeunes permis, des retraités. La force de ce lieu : l’assistance technique et surtout humaine, la fierté d’apprendre soi-même ».

Rémi, lui, adore le « fonctionnement horizontal » de l’associatif et le fait que tout le monde se mobilise : « Pour l’arrivée du deuxième pont, il fallait voir le nombre d’adhérents à se déplacer. Ensemble, on a creusé 5m³ de béton, ferraillé, posé des colonnes. C’était de la folie. Mais c’est leur garage, c’est chez eux. »

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Plus de 150 garages associatifs dans toute la métropole

Audrey, jeune girondine installée en région parisienne, ne fonctionne qu’avec les garages associatifs. « Je déménage beaucoup et, quand j’arrive dans une nouvelle ville, l’une de mes premières démarches et de repérer le garage asso le plus proche de chez moi », sourit-elle.

Le phénomène a pris de l’ampleur ces dix dernières années et il en existe aujourd’hui plus de 150 en métropole, recensés notamment sur selfgarage ou sur vidangefacile. Chacun a sa spécificité. Le Garage Moderne à Bordeaux, par exemple, vous apprend aussi à bichonner les voitures anciennes et les deux-roues, le tout dans un cadre vivant, avec bistrot associatif et programmation culturelle. L’Atelier à Nantes, vieux routard des garages associatifs avec 36 années au compteur, mise tout sur la pédagogie et la vulgarisation. Le moindre outil y comporte une étiquette, des documents explicatifs fleurissent sur les étagères et des moteurs écoles sont installés dans un coin pour que les débutants puissent s’exercer.

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Les locaux du Garage solidaire du Jura, une structure d’insertion qui propose de réparer ses véhicules avec l’aide de professionnels de la mécanique

 

Accompagné depuis peu d’un second salarié, Rémi s’inspire de toutes ces initiatives. A l’image d’Atao à Nantes, de SolidarAuto à Angers ou du Garage solidaire du Jura, il souhaite mettre en place la location à moindre coût d’un véhicule partagé. Un dispositif généralement proposé à 5 euros la journée pour favoriser et encourager la mobilité de tous dans l’emploi, l’accès aux soins… Affaire à suivre.

Le fonctionnement des garages associatifs

Ces structures fonctionnent généralement sur la base d’une adhésion annuelle, variant de 12 à 60 euros, puis de trois formules, proposées selon les besoins et les compétences des adhérents. Par ordre de prix croissant : la mise à disposition de l’outillage pour un travail en autonomie, la réparation en collaboration avec le garagiste salarié et enfin le dépôt du véhicule sans participer aux travaux. De nombreux garages associatifs sont aussi des structures d’insertion, permettant à des personnes éloignées de l’emploi de se perfectionner en mécanique pour retrouver le chemin du travail.

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Rédigé par

Célia Prot

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romain

Publié le 02 août 2017

il faut quand même dire que les garagistes professionnels de la réparation automobile sont particulièrement exposés aux risques cancérogènes et chimiques et aux risques physiques dans les ateliers des garages, ce qui impose une bonne installation et formation pour la prévention de ces risques professionnels : http://www.officiel-prevention.com/formation/fiches-metier/detail_dossier_CHSCT.php?rub=89&ssrub=206&dossid=340

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