Etudes & formations

Les Geiq, une porte d’entrée vers la qualification et l’emploi

Publié le 17 mai 2017

Pour faire face à leurs besoins de recrutement, des entreprises se regroupent en associations et misent sur le potentiel de personnes éloignées de l'emploi. À la clé : une formation et une insertion facilitée sur le marché du travail !

« Il n’y a besoin d’aucun prérequis pour rentrer au Geiq (groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification). Il suffit de répondre à une annonce d’emploi. Ce qui compte, c’est la motivation du candidat. » C’est ce qu’explique Frédérique de Larquier, directrice du Geiq BTP 31, à Toulouse, qui fédère 85 entreprises du bâtiment. Sa structure suit actuellement 70 jeunes qui se forment par la voie de l’apprentissage et du contrat de professionnalisation. « Ceux-ci préparent des CAP ou des bacs professionnels dans tous les métiers du bâtiment : gros œuvre, second œuvre, travaux publics… Nous nous ouvrons aussi au numérique, par exemple nous formons sur la fibre optique ou la 3D », précise-t-elle.

On compte 160 Geiq en France et près de 6000 contrats sont signés chaque année par leur biais.

Une relation gagnant-gagnant

Un Geiq est une association pilotée par des entreprises d’un même secteur professionnel. Confrontées à des difficultés d’embauche sur certains métiers, elles ont fait le choix de s’unir pour faire appel à des jeunes sans qualification, des demandeurs d’emploi de longue durée, des bénéficiaires du RSA ou encore à des handicapés… Ainsi, le Geiq recrute ces personnes et se charge de mettre en place pour elles des parcours de formation en alternance ou en contrat d’insertion. Cela leur permet d’obtenir une qualification et de s’insérer professionnellement. Bref, c’est une relation gagnant-gagnant !

« Les Geiq ont été créés il y a 25 ans, d’abord dans le secteur de l’agriculture, puis du bâtiment… Aujourd’hui 12 secteurs professionnels sont impliqués », se remémore Héric Quettelard, président de la Fédération française des Geiq. « On compte 160 Geiq dans toute la France, pour 245 implantations. Environ 6000 entreprises sont concernées pour près de 6000 contrats signés chaque année. »

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Des jeunes suivis par le Geiq 31 à Toulouse
Un accompagnement social

Mais le rôle de ces structures ne s’arrête pas là, car elles offrent également un accompagnement social : « On stabilise les jeunes que nous suivons. Si besoin, nous les aidons à trouver un logement ou à passer leur permis. Nous proposons aussi des cours de maths ou de français, car nous sommes confrontés régulièrement à des problématiques d’illettrisme », affirme Frédérique de Larquier. Et de citer l’exemple d’un futur jeune papa en difficulté pour lequel le Geiq a trouvé un berceau… Bref, il s’agit, pour les permanents du Geiq, d’être réactifs et de trouver rapidement des solutions à des problèmes qui peuvent être variés ! Pour la directrice du Geiq BTP 31, ce soutien ne fonctionne qu’à la condition d’une forte implication du bénéficiaire : « Il y a des jeunes bien partout, mais il faut qu’ils veuillent s’en sortir », résume-t-elle.

Kévin Radde, 23 ans, est passé par le Geiq BTP 31. Après deux contrats de six mois en alternance chez l’entreprise ISB, il a obtenu un titre professionnel de coffreur brancheur – métier qui consiste à réaliser l’ossature en béton sur les chantiers de construction. « C’est comme démouler un gâteau, mais en beaucoup plus grand et avec du béton », plaisante-t-il. Le jeune homme, qui avait déjà travaillé dans le bâtiment, avec sa famille ou dans le cadre de contrats en intérim, a noué ses premiers contacts avec le Geiq dans des forums pour l’emploi et a ainsi pu discuter de son projet. ISB, pour lequel il travaillait alors en intérim, a accepté de le prendre en contrat de professionnalisation.

On stabilise les jeunes que nous suivons. Si besoin, nous les aidons à trouver un logement ou à passer leur permis.

63% de sorties positives vers l’emploi

Recruté en CDI dans l’entreprise, il porte aujourd’hui un regard très positif sur les Geiq : « C’est un bon système car on peut entrer dans la démarche sans connaissances et avec peu d’expérience. Et puis, nous sommes bien suivis. Les gens du Geiq m’ont donné toutes les explications, notamment ce qui a trait à l’administratif. Ils passent régulièrement nous voir pendant que nous sommes en formation, pour vérifier que tout se passe bien. » Kévin envisage à présent son avenir dans son entreprise actuelle où « l’ambiance est bonne » et où « tout se passe bien ». « Je suis aide coffreur brancheur… J’espère un jour devenir coffreur brancheur, et un jour, peut-être, chef d’équipe ! », dit-il.

« C’est un système qui marche : 79% de bénéficiaires obtiennent une qualification et l’on compte 63% de sorties positives vers l’emploi [CDI ou CDD de plus de six mois] », selon Héric Quettelard. Et les débouchés sont là. En effet, Frédérique de Larquier peine à trouver des candidats ! « Le BTP a connu une crise ces dernières années mais celle-ci est derrière nous. Aujourd’hui, le secteur a besoin de main-d’œuvre. C’est pourquoi il est important de faire connaître le secteur auprès des jeunes, ainsi que le système de Geiq ! », dit-elle.

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Rédigé par

Anaëlle Guisset

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