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Et si on déconnectait ?

Publié le 14 avril 2017

Vous avez le sentiment d’être accro à votre portable ? Vous n’êtes pas le seul. Prendre l’initiative de déconnecter n’est pas toujours facile, mais vous pouvez commencer par une soirée. Plongée dans la Digital Detox...

« Vous avez trois minutes pour représenter la sur-connexion ! » Sur la table du bar, des bières, un tas de Légo, mais aucun smartphone. Les mains s’activent pour remporter le défi proposé par la Digital Detox Nantes. Depuis un an et demi, l’association organise un « afterwork déconnecté » chaque trimestre, autrement dit une soirée sans téléphone, tablette ou autre objet connecté. Pour la 7e édition, fin février, l’événement a eu lieu chez Pioche, un nouveau bar de jeux coopératifs à Nantes.

Les participants sont loin de la crise de manque. « Le seul inconvénient, c’est que je ne sais pas quelle heure il est ! », plaisante Pauline, 24 ans, en pleine fabrication d’une grue. Avec des amies, elles ont vu l’événement sur Facebook – même la Digital Detox n’est pas complètement déconnectée – et sont venues vivre l’expérience.

« Au quotidien, on ne se rend même plus compte qu’on a le nez rivé sur nos écrans. Je ne sais pas si c’est l’absence de téléphones ou les activités proposées, mais on échange plus facilement ce soir. » Le but semble atteint : « Je n’ai pas envie de dire aux gens que leurs smartphones vont faire du mal à leurs cerveaux. Il faut que ce soit léger et surtout pas culpabilisant. L’idée, c’est de créer du lien », explique Tristan Fraud, designer web parmi les fondateurs du projet.

Comment a-t-il eu le déclic ? « J’ai vu le documentaire Digital Detox où le journaliste passe 90 jours sans Internet. Avec un pote, on s’est dit que ce serait drôle d’organiser des événements autour de cette thématique. » Une manière détournée d’aborder un sujet plus profond, qui touche largement. Après des débuts modestes, les soirées nantaises rassemblent jusqu’à une centaine de personnes.

Chacun ses techniques

L’association propose une forme de déconnexion « volontaire et proactive », selon les termes du sociologue Francis Jauréguiberry, auteur de La déconnexion aux technologies de communication, qui note un « désir latent de déconnexion » chez les gens. Sans en être au ras-le-bol total, de plus en plus de personnes mettent en place des techniques pour se couper des appels/mails/notifications diverses. « Sortir pour faire ses courses, prendre un café ou faire son jogging sans portable sont autant de façon de déconnecter », rappelle le chercheur.

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Certains, comme Paul et Julie, deux Parisiens de 27 ans, poussent le concept plus loin. Chaque année, ils partent une semaine en laissant derrière eux tablettes, ordinateurs et smartphones pour aller nettoyer des plages en Vendée. « On a des boulots très prenants et connectés. De temps en temps on lâche prise, sinon on a trop peur de finir en burn-out », sourit Julie.

Peur de manquer

Mais c’est souvent plus facile à dire qu’à faire. Il faut dire qu’on apprend nulle part à se déconnecter. « On appartient à une génération qui échappe difficilement à la connexion », reconnaît Tristan. Sans forcément être addict – il existe une vraie peur de perdre ses moyens de connexion, la nomophobie -, comment expliquer cette difficulté à lâcher ses objets connectés ? C’est la peur de louper quelque chose qui nous pousse à passer une heure sur Facebook avant de dormir.

« Mais au final, en laissant les portables de côté, on s’est rendu compte qu’on ne manquait pas grand-chose », estime Paul. Après une soirée de Digital Detox, l’auteure de ces lignes a rallumé son téléphone. Aucune notification ne s’est affichée.

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Marie Le Douaran

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