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Adoptez une voiture! Ces coopératives qui mutualisent les véhicules

Une coopérative, ça sert à tout, même à partir en escapade ou faire des courses! Partout dans l'Hexagone, des structures d'auto-partage de l'économie sociale et solidaire mettent la voiture à portée de tous, en mode collectif.

Séverine passe son badge sur le pare-brise, la voiture partagée qu’elle a utilisée ce matin-là se verrouille. Sa location est terminée. “C’est une grande liberté de ne pas avoir de voiture personnelle !”, s’enthousiasme cette Toulousaine de 42 ans. Elle utilise les voitures en auto-partage depuis 2008. Par conviction et parce que ce service était porté par une association, transformée par la suite en Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). “Je n’aurais pas pris d’abonnement au service Autolib de Bolloré (le service d’auto-partage mis en place à Paris), admet-elle. Pour moi, partager la voiture, c’est un projet politique, social, environnemental. Je ne voulais pas être une simple usagère. Je voulais pouvoir contribuer, orienter, participer.” Elle a donc pris des parts dans la SCIC Citiz Toulouse, ce qui lui ouvre un droit de vote aux assemblées générales.

Plus rentables… et plus adaptables

Le service parisien a eu le mérite de démocratiser l’auto-partage, mais il ne repose pas du tout sur les mêmes valeurs que les sociétés coopératives de Toulouse, Strasbourg, Bordeaux ou ailleurs, regroupées dans le réseau Citiz. “Les petites coopératives coûtent moins cher et sont plus performantes”, abonde Jean-François Virot-Daub, directeur adjoint de Citiz Alsace.

Alors que le modèle parisien est en déficit, malgré des millions d’euros de subventions publiques, le service strasbourgeois est à l’équilibre depuis 7 ans, tout comme ses homologues de Marseille ou Bordeaux. Après une croissance à deux chiffres ces dernières années, la coopérative toulousaine a investi dans de nouvelles voitures et un service plus souple : il est désormais possible d’emprunter et de redéposer les voitures à n’importe quel endroit de la ville, plutôt que dans des emplacements prédéfinis.

L’ESS et les voitures, c’est une longue histoire ! Say Yess vous emmène dans un garage automobile qui accélère l’insertion, vous raconte comment des jeunes peuvent emprunter un véhicule pour chercher un boulot et vous explique même que le permis de conduire se conjugue de façon solidaire. Bonne route !

La location de véhicules est aujourd’hui un domaine très concurrentiel où les acteurs sont nombreux. Particuliers, constructeurs et loueurs traditionnels se partagent le marché, avec des objectifs avant tout financiers. “Les coopératives replacent l’humain au centre de la réflexion”, analyse Céline Soulié, directrice générale de Citiz Toulouse. Sa SCIC ainsi que celle de Strasbourg ont par exemple fait le choix de proposer des véhicules adaptés aux personnes à mobilité réduite. Des voitures plus difficiles à rentabiliser, mais qui offrent une liberté nouvelle aux personnes handicapées.

Des véhicules partout, même s’ils sont moins rentables

De même, quand Citiz Alsace implante des voitures dans des villes moyennes alsaciennes, ce n’est pas la rentabilité qui est recherchée mais le développement du territoire. “Les voitures du centre, rentables, contribuent à financer des voitures moins utilisées en périphérie. C’est un modèle qui a un rôle social, d’aménagement du territoire”, précise Jean-François Virot-Daub.

Les voitures du centre, rentables, contribuent à financer des voitures moins utilisées en périphérie. C’est un modèle qui a un rôle social

Autre avantage des SCIC : les mairies ou les sociétés de transport en commun font partie des décideurs, au même titre que les usagers ou les salariés. L’implantation des voitures en auto-partage vient donc compléter les réseaux de bus ou de tram. Les places de parking classiques peuvent aussi s’effacer au profit d’emplacements pour les véhicules partagés lorsqu’une ville imagine le réaménagement d’une place ou d’un quartier.

A terme, qui sait, la voiture de ville sera remplacée par un trio bien plus écolo : un forfait de transports en commun, un abonnement d’auto-partage… et un vélo !

Auteur de l'article : Pierre Vincenot

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