Etudes & formations

Tu seras scientifique, ma fille!

Publié le 20 février 2017

À l'heure où seules 28% des élèves ingénieurs sont des femmes, et où certaines filières (informatique, électronique, mécanique...) continuent d'être désignées comme "masculines", des associations suscitent ou encouragent les vocations.

« Il y a un problème d’orientation des filles : on nous met dans des cases. De la même manière, dans certaines professions, comme infirmier par exemple, on trouve peu d’hommes… » Clothilde Le Treste, étudiante à Arts et Métiers ParisTech, est ambassadrice de l’association Elles Bougent dont l’objectif est d’attirer les filles vers les métiers scientifiques.

Faire tomber les barrières psychologiques

Ainsi, elle accompagne des groupes de lycéennes pour rencontrer des femmes qui ont fait ce choix de carrière, les « marraines » du réseau. L’objectif : faire tomber les barrières psychologiques et leur proposer des « role model ». « Ce qui me frappe, c’est l’admiration que les jeunes filles expriment face aux professionnelles que nous rencontrons, comme s’il fallait une intelligence hors norme pour se lancer dans une carrière scientifique. Moi aussi, j’étais comme ça », dit Clothilde.

D’où son choix de s’engager. « Je suis porte-parole vers les autres élèves de mon école pour faire circuler l’information à propos d’Elles Bougent et de ses évènements », dit la jeune femme, également investie dans le programme « Pour les filles et la science », de la Fondation l’Oréal. Et pour cause : ses rencontres avec les marraines l’ont aidée à faire ses propres choix. En stage chez EDF, Clothilde travaille en R&D sur l’auscultation des ouvrages hydrauliques. « J’aime travailler à la fois sur le terrain et en laboratoire », dit-elle, faisant part de son souhait de s’orienter « dans le domaine de l’énergie renouvelable dans les pays en développement ».

« Nous rencontrer les aide à se projeter »

Ingénieure interface homme-machine chez Dassault Aviation depuis 2015, Marine Viguier a, elle aussi, construit son parcours avec l’aide d’une marraine du réseau Elles Bougent. Attirée par les sciences et l’aéronautique depuis le lycée, elle n’était « pas vraiment sûre que de ce qu'[elle] voulai[t] faire ». « Pascale Izerable (une marraine salariée chez Dassault Aviation) m’a encouragée à aller dans les salons, les forums, à rencontrer des professionnels. Le site ‘Elles Bougent’ est également utile, car il comprend une présentation des différents métiers. Moi qui n’avait pas une idée précise de ce qu’était un ingénieur, j’ai découvert que cela recouvre des activités très diverses dans de nombreux domaines. »

La jeune femme a ensuite ressenti l’envie de transmettre à son tour. « Je suis marraine depuis mon embauche. Lors des 10 ans de l’association, pour la première fois, j’ai pu témoigner aux côtés de Pascale et échanger avec des jeunes femmes. » De même, des lycéennes viennent visiter son entreprise. « Nous leur présentons notre activité, leur faisons visiter les bancs de simulation des avions civils et militaires, nous échangeons sur tous les sujets, qu’ils soient techniques ou non, de manière ouverte et simple. Nous rencontrer les aide à se projeter. »

Tutorat individuel

Dans la même veine, Capital Filles, créé par Orange en 2011 avec le soutien de l’État, agit dans des lycées relevant des politiques de la ville et de zones rurales pour mettre en oeuvre « l’égalité des chances au féminin ». Soutenue par un réseau d’entreprises, l’association agit dans 95 établissements via des ateliers collectifs. 6 500 jeunes femmes de la 3ème à la terminale y participeront en 2016-2017. L’idée ? Leur faire découvrir les entreprises et les métiers d’avenir de leur région, notamment dans les domaines techniques et industriels, le tout avec l’aide de professeurs et de 900 marraines.

Ces dernières assurent également un tutorat individuel avec une élève de terminale, dans un objectif de poursuite d’études. « À l’issue des ateliers, des jeunes filles se portent volontaires. Un engagement réciproque est signé entre la filleule et sa marraine, qui s’accordent ensuite sur la manière dont elles souhaitent fonctionner », explique Camille Girouard, directrice. Toutes les marraines bénéficient pour cela d’une formation. « Nous pensons que l’avenir des banlieues passera par les femmes. Pour cela il faut qu’elles soient outillées », explique de son côté la déléguée générale, Dominique Goutard. « Les jeunes filles que nous suivons sont douées et courageuses. 93% de celles qui sont accompagnées par une marraine obtiennent le bac à la fin de l’année. » Comme quoi il suffit parfois d’un coup de pouce suffit pour libérer les talents !

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Anaëlle Guisset

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