A vous de jouer !

Open rural

Rendez-vous à la ferme !

Groupées en réseaux ou associations, des fermes vous ouvrent leurs portes. Et pas n’importe lesquelles! Celles de paysans qui défendent une agriculture respectueuse de la planète et des hommes. Tour d’horizon.

« Avant, on avait tous une ferme à côté de chez soi. On s’y rendait pour aller chercher du lait, des œufs… Aujourd’hui, on va au magasin », regrette Jean-Michel Gallifet, apiculteur bio dans les Cévennes. Séjours et animations festives à la ferme, tour des alternatives en vélo… des initiatives foisonnent pour recréer ce lien avec le monde agricole.

L’envie de montrer un autre modèle

« En Normandie, où le modèle productiviste est dominant, les agriculteurs ont envie de montrer autre chose ! », explique Fanny Dupont de Les Défis ruraux. Depuis 2008, l’association organise l’opération « de Ferme en Ferme », une sorte de portes ouvertes, sur le territoire normand. Pour Jean-Michel Gallifet, qui participe à l’évènement dans le Gard, c’est l’occasion de transmettre un message clair aux visiteurs : « On peut nourrir les personnes loin de l’industrialisation de l’agriculture, de la malbouffe, des intrants chimiques ».

L’opération « De Ferme en Ferme » s’organise chaque année au mois d’avril dans 22 départements. Pendant deux jours, les paysans vous ouvrent leurs portes et des associations d’éducation à l’environnement proposent ateliers et conférences.

Lutter contre les pesticides et les OGM est aussi au cœur des engagements des adhérents du réseau d’hébergement et de visites Accueil Paysan. « Nous préservons des valeurs fortes inscrites dans notre charte fondatrice : l’agriculture paysanne et saine, l’ouverture, un confort adapté à l’habitat local », explique Erika Lasorsa, salariée du réseau. 30 ans après sa création, Accueil Paysan propose plus de 1.000 adresses et une offre très variée de gîtes, tables d’hôtes, activités…

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Pour changer les mentalités et expliquer leur métier, les agriculteurs de l’association Racines ciblent les jeunes. Ils interviennent « de la crèche à Sup Agro ». « C’est important car ils consomment des plats préparés et peu de produits simples. Les enfants n’aiment pas mon miel car ils sont habitués à l’industriel », déplore Jean-Michel Gallifet président de l’association. Ces interventions génèrent-elles des vocations ? « Quand je leur demande ce qu’ils veulent faire comme métier, ils me répondent : ‘Marseillais à New-York’, comme dans l’émission de télé réalité », s’étonne l’apiculteur. Pas gagné.

« Je suis fier de mon métier »

La rencontre avec le public apporte une dose de reconnaissance bienvenue. « Je suis fier de mon métier ! Si on mange aujourd’hui, c’est parce qu’il y a des agriculteurs ! Mais c’est très dur de ne pas vendre son produit au prix juste. Je ne me tire même pas de salaire », poursuit Jean-Michel Gallifet.

Pour vendre à un prix plus juste, Jean-Michel Gallifet, comme beaucoup d’autres, privilégie les circuits courts. Un moyen de recréer de la solidarité entre agriculteurs et consommateurs. Say Yess vous explique comment manger local et intelligent.

S’ouvrir au public est aussi un moyen de sortir de l’isolement, même dans sa sphère personnelle. « L’agriculture, on peut la subir quand on vit à côté. Mais quand on voit l’intérêt des gens, la technicité du métier… c’est un facteur de communication au sein du cercle familial », observe Fanny. Parfois, l’activité d’accueil permet au conjoint de rester sur la ferme, en générant des revenus supplémentaires.

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Avec chaque visiteur, Marie Coutant, co-présidente d’Accueil Paysan et son mari Stéphane Mercier, éleveur de cochon bio, prennent le temps d’échanger et d’expliquer. « Quand les gens viennent on ne cherche pas à les convaincre, on veut juste leur montrer notre expérience. Ils partent transformés de chez nous », expliquent-ils. « Entre les membres d’Accueil Paysan et les visiteurs, les discussions vont dans les deux sens et durent parfois jusqu’au bout de la nuit ! », ajoute Erika.

« On espère que ces visites créent le déclic ! »

« Un couple de vétérinaires, en camping avec leurs enfants, est reparti perturbé. Ils ont vu l’élevage en plein air, la transformation de nos animaux, les soins apportés sans antibiotique », raconte Marie et Stéphane. Laurie, 29 ans, a participé à deux reprises à l’Alter Tour pour découvrir des alternatives en vélo. « Un producteur de pommes bio expliquait pouvoir se passer de pesticides en utilisant des espèces rustiques cultivées par le passé dans sa région, précise-t-elle. J’ai raconté cette histoire à tout le monde ».

Un déclic pour la jeune femme ? « Cela m’a plutôt confortée dans mes idées. Quand ce discours vient des premiers concernés, ça a plus de poids et de légitimité ». Pour son amie Cécile, l’impact a été plus fort. « Elle est passée de la contestation à l’action et monte aujourd’hui un projet de transformation alimentaire ».

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Sur les routes de l’Alter Tour 2016

Rien de prévu cet été ? Enfourchez votre vélo et participez à l’Alter Tour 2017 ou au Fermes d’Avenir tour , 1er tour de France dédié à l’agroécologie.

Marie et Stéphane espèrent susciter chez certains l’envie de s’installer car « la désertification rurale dans le Berry, dans la diagonale du vide, c’est très fort ! ». Se sentant délaissé par les pouvoirs publics, le couple fait confiance à la jeunesse : « Avec les problèmes de pollution en ville, ça doit donner à réfléchir, non ? » Appel aux vocations !

De nombreux jeunes deviennent agriculteurs bio pour travailler en accord avec leurs valeurs. En savoir plus.
Auteur de l'article : Pauline Bian-Gazeau

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