A vous de jouer !

Tous gagnants

Sport et développement durable, ça peut matcher!

L’éco-responsabilité et l’accessibilité sont des thématiques qui se développent de plus en plus dans le monde du sport en France. Au-delà des grands événements, tous les sportifs peuvent participer au changement.

L’émotion dans la voix est palpable. Le match France – Japon était une première pour Alexandre : déficient visuel, il a assisté à la rencontre avec le dispositif d’audio-description proposé par le Championnat du monde de handball masculin. « Ressentir l’ambiance de la salle et savoir tout ce qui se passait, c’était un vrai plus ! », s’enthousiasme le jeune Nantais de 23 ans qui s’imagine bien profiter d’autres événements sportifs ainsi.

Dans son casque, deux voix se sont relayées : celle du commentateur sportif et celle de l’oralisateur, qui a mis des mots sur les émotions des visages, « tous les petits détails que mes yeux ne voient pas », résume Alexandre. Plus de 700 places avec ce procédé encore rare ont été mises en vente pour l’ensemble du tournoi. « Le public, la société civile, et de plus en plus de collectivités publiques et d’entreprises veulent assister et être partenaires d’événements responsables, qu’il s’agisse d’écologie ou d’accessibilité », remarque Yannick Cabrol, chargé du développement durable au comité d’organisation.

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2,5 millions d’événements chaque année

De grands événements commencent à réfléchir à leur impact – 20 manifestations sportives dont Roland-Garros et le Tour de France ont d’ailleurs signé, mi-janvier, une charte sur la protection de l’environnement -, mais ils ne sont pas les seuls impliqués. « Le sport est une industrie à part entière, plus de la moitié des Français pratiquent, 2,5 millions d’événements sportifs sont organisés chaque année sur le territoire… L’intégralité du milieu, des équipementiers aux joggeurs occasionnels, est concerné par cette réflexion », estime Aurélien Toncelli, féru de sport et responsable de l’association Collectif Sport Durable, qui lie les acteurs du sport et du développement durable à Nantes.

Partout en France, d’autres associations ou ONG partagent ces convictions. La plupart ont choisi une thématique, en parallèle de réflexions proposées par le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports ou le Comité National Olympique et Sportif Français : le cycle de l’eau pour Du flocon à la vague, les océans pour Surfrider foundation, l’insertion pour Du sport dans la ville

L’important c’est de participer !

« Pour les sportifs de tous niveaux, la prise de conscience est là, mais les comportements changent lentement », reconnaît Camille Rey-Gorrez, directrice de l’association Mountain Riders, qui oeuvre depuis 15 ans pour l’éducation au développement durable en montagne, notamment dans les écoles.

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Tout commence par la sensibilisation. « Le sport est un vecteur très puissant, donc exposer les valeurs du développement durable dans ce cadre permet une meilleure appropriation du message, surtout pour un public jeune », argumente Aurélien. En parallèle, il a listé des actions concrètes : offrir une gourde à chaque licencié, visiter des centres de tri avec les clubs de sport, accompagner les buvettes pour proposer de la nourriture locale et de saison… Et pourquoi pas, proposer des matchs audio-décrits !

À la belle saison, Mountain Riders propose par exemple de se regrouper pour ramasser les déchets lors des Mountain Days. Mais que faire concrètement à l’heure où les pistes de ski sont recouvertes de poudreuse ? « Renouveler son équipement uniquement si c’est nécessaire, consommer local, trier ses déchets, ne pas surchauffer son logement… Ce sont des bonnes pratiques du quotidien qu’il faut appliquer à sa pratique sportive », résume Camille Rey-Gorrez. Un challenge que même les sportifs du dimanche peuvent relever !

Auteur de l'article : Marie Le Douaran

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