Tendances de l'emploi

En quête de sens dans mon parcours pro : qui peut m’aider ?

Publié le 27 janvier 2017

Si l’expression « en quête de sens » est aujourd’hui mise à toutes les sauces, sa popularité révèle une envie partagée : celle d’être plus utile dans une société en mouvement. Des acteurs vous aident à changer de métier... mais avant tout à mieux vous connaître !

Tout est parti d’un questionnement. Chloé Rolin, consultante en affaires européennes à Bruxelles, s’interrogeait sur la suite après quelques années en poste. Curieuse de mieux comprendre l’entrepreneuriat social, elle rejoint l’équipe de Make Sense Bruxelles, réseau qui soutient les innovateurs sociaux : « J’ai participé à un évènement sur un week-end. Puis je suis devenue gangster, surnom donné aux membres de MakeSense », explique-t-elle. Elle intègre un écosystème qui l’aide à décrypter un univers riche et complexe, mais aussi à se faire un réseau.

Comment se faire un réseau dans l’ESS ? Retrouvez notre article dédié !

Après avoir posé sa démission, Chloé a rejoint la seconde promotion du programme Associé On Purpose, une communauté qui veut aider les jeunes à transformer leur carrière. Les candidats retenus pour ce dispositif (les associés) réalisent 2 CDD de 6 mois dans deux organisations « qui font sens ». Parmi les partenaires du programme, Enercoop (production d’énergies renouvelables) ou encore Ares (lutte contre l’exclusion sociale). À cela s’ajoute une demi-journée de formation par semaine, du coaching, du mentorat et l’intégration dans une communauté de professionnels. Pour trouver ensuite sa place dans une structure mettant le « sens » avant le profit.

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Le déroulement du programme Associé de On Purpose

Le réseau d’associations étudiantes Animafac a de son côté lancé Pro’pulse, qui met en œuvre des méthodes originales pour faciliter son insertion professionnelle. Depuis septembre 2016, 30 jeunes sont accompagnés et plongés en immersion à l’Arsenal, tiers lieu parisien de 300m2, qui héberge des associations. « Nos propulseurs et propulseuses ont une appétence pour des métiers qui ont du sens mais l’économie sociale et solidaire reste encore assez floue pour eux », explique Coline Vanneroy, déléguée générale d’Animafac. Les jeunes bénéficient de modules de découverte de l’ESS, de sorties et de rencontres organisées, par exemple aux Grands Voisins, un lieu solidaire du 14ème arrondissement.

L’APEC vous dit tout sur l’ESS
L’association pour l’emploi des cadres (APEC), présente dans toute la France, organise, pendant le Mois de l’ESS, des évènements ouverts à tous. L’objectif : faire comprendre l’ESS, sa structuration et ses métiers. « En 2016, cela représente plus de 40 matinées mobilisant de nombreux partenaires comme les Chambres régionales de l’ESS, l’Union des employeurs de l’ESS, les Unions régionales des Scop, des coopératives d’activités et d’emplois ou encore Cojob », explique Marie-José Batlle, chargée de l’ESS au siège. Plus globalement, l’APEC accompagne les jeunes diplômés et les cadres dans leur parcours pro. Renseignez-vous en ligne surl’APEC ! Si les consultants n’ont pas vocation à être spécialistes d’un secteur, ils sont de plus en plus formés aux enjeux et aux métiers de l’ESS.
Une quête de soi plus qu’une quête de sens ?

Pro’Pulse d’Animafac, On Purpose, Ticket for Change, SoManyWays… Tous ces acteurs et programmes, tremplins pour l’insertion et les transitions, intègrent la connaissance de soi comme un élément clé de leur accompagnement.

Chez Animafac, les Propulseurs sont suivis par un coach sur le développement et l’épanouissement personnel. Les participants du Tour Ticket for Change passent par une phase d’introspection. Quand Cédric Seauvy a candidaté, c’était pour mieux pitcher (présenter son projet) et s’inspirer d’autres entrepreneurs. « J’ai trouvé beaucoup plus ! C’est salvateur de faire le travail sur le perso et le pro en parallèle. Comprendre son histoire, retisser du lien entre ces expériences, apprendre à s’écouter », explique l’entrepreneur de 34 ans, devenu fondateur d’Ecoclicot.

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La grande question… Vue sur le site de SoManyWays

« Derrière la notion de quête de sens, ce sont les besoins, la quête de soi », explique Anaïs Georgelin, cofondatrice de SoManyWays. Avec Marianne Figarol, elles offrent des expériences collectives pour se questionner, notamment sous la forme d’ateliers de trois heures. « Pourquoi je ne me sens pas à ma place ? Que veut dire ‘utilité’ ? ». Les questionnements sont larges. « Nos besoins et nos priorités évoluent dans le temps, explique Anaïs. Il faut s’attendre à faire plus de 10 métiers différents dans sa vie ». Et donc bien se connaître pour mieux rebondir.

Parmi les anciens participants, Florie, 29 ans : « La démarche est très intéressante car collective ! Tu obtiens un retour objectif sur ton parcours ». La jeune femme a quitté une entreprise du CAC40 pour rejoindre une structure de l’ESS et a obtenu avec SoManyWay l’occasion de mener une réflexion personnelle et de reprendre confiance dans son parcours. « Je ne suis plus en rupture comme je l’étais il y a quelques mois. J’ai réalisé que mes postes précédents avaient du sens et je me suis confortée dans ce que j’étais ».

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Sur la route de Ticket for Change
Et si l’ESS n’était pas pour moi ?

90% des 200 participants à la version londonienne du programme Associé On Purpose – lancé dès 2007 outre-manche – sont restés dans une structure de l’ESS, une ONG, ou ont rejoint le département RSE d’une entreprise. A Paris, 18 personnes ont terminé l’accompagnement. « Ils travaillent chez Enercoop, SynLab, Unis-Cité ou encore chez Aurore », précise Félix Beaulieu, cofondateur du programme en France.

L’ESS réserve-t-elle quelques surprises ? Félix raconte : « Chez Enercoop, nos associés s’enthousiasment du militantisme, de voir à quel point les salariés vivent leurs valeurs. Chez Ares ou Make Sense, ils s’étonnent de la culture entrepreneuriale innovante. Chez Voisin Malin, Synlab ou Koom, ils admirent le business model qui repose sur une connexion entre de nombreux acteurs ».

Besoin d’outils pour vous aider dans votre transition ? Work Up est une plateforme qui référence des solutions testées par les cofondatrices elles-mêmes, Anissa Bennai et Charlotte Cady.

L’important, pour se sentir bien dans l’ESS, est de sortir de l’idéalisation. Si Chloé a découvert l’étendue du secteur et son développement, elle a aussi été étonnée par les divergences et les courants politiques : « On part avec des idéaux, on pense que c’est exemplaire. Ce ne sont pas que des Bisounours mais je reste convaincue que le secteur a quelque chose à apporter. » Surtout, son poste actuel, chez Unis-Cité, association qui encadre des services civiques, lui offre le rôle qu’elle souhaitait (stratégie/développement et une part d’opérationnel) et l’impact social recherché. « On encadre des jeunes en service civique. Ces jeunes, je les vois ! Je vois l’impact du service civique dans leur vie ».

Pour le moment, On Purpose, Ticket for Change, SoManyWays et Pro’pulse n’accompagnent qu’un petit nombre de jeunes et/ou n’interviennent que sur Paris. Mais les choses pourraient changer. « Au moins une personne par semaine nous contacte pour essaimer On Purpose en région ! », s’enthousiasme Félix. Chez Animafac, on envisage déjà de diffuser la méthode Pro’pulse en open source.

Sur Say Yess, retrouvez aussi nos trucs et astuces pour trouver un boulot dans l’ESS grâce au web.

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Rédigé par

Pauline Bian-Gazeau

2 commentaires

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La redaction

Publié le 21 février 2017

Merci de votre message. On vous souhaite plein de réussite dans vos futurs projets !

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DUBRUNFAUT

Publié le 21 février 2017

Bonjour , " reconversion à 50 ans " n 'est il pas le debut d'une nouvelle vie? Merci pour ces premières pistes Une belle journée

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