Citoyenneté

Assos unies, crédibilité garantie !

Publié le 18 janvier 2017

L'union fait la force, dit le proverbe... C'est pourquoi certaines associations ont fait le choix de s'allier. Un moyen de convaincre les pouvoirs publics et de partager les compétences pour aller plus loin.

« Bosser à plusieurs, c’est une charge de travail supplémentaire sur le court terme, ça demande de se mobiliser pour bien réfléchir à son projet… Mais une fois que ça roule, on va beaucoup plus loin que si on était seul. » Marie Demarthe, responsable de l’antenne lyonnaise d’Aremacs, sait de quoi elle parle. Son association, qui s’engage pour limiter les impacts environnementaux des manifestations tels que des festivals ou des rencontres sportives, s’est notamment unie avec La brigade de construction collective et Les compostiers pour proposer au public un outil de sensibilisation pas comme les autres : un « vélo-broyeur ».

« Les collectivités sont demandeuses de collectif »

Installé sur les zones de restauration des manifestations, ce système permet d’impliquer les citoyens dans le compostage de la vaisselle et des restes d’aliments. « Les gens viennent pédaler pour broyer ces déchets afin qu’ils se compostent plus rapidement« , explique Marie. Pour mettre en place ce projet, les trois associations ont répondu ensemble à un appel à projet régional en 2014. « Les collectivités sont demandeuses de collectif. D’ailleurs, le cahier des charges de l’appel à projet prévoyait qu’un minimum de deux structures soient impliquées« , affirme la jeune femme.

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Cette formule a un autre avantage : faire monter chacun en compétences. « Chez Aremacs, on s’y connaissait peu en compostage de biodéchets. De ce point de vue, nos partenaires nous ont beaucoup appris. De notre côté, on a apporté notre expérience en ce qui concerne l’intervention dans des manifestations« , dit Marie. Ses conseils aux assos qui voudraient la jouer collectif ? « Il faut bien planifier. Lorsqu’on est seul, on peut toujours s’ajuster en cas d’imprévu. C’est impossible à plusieurs. » Aremacs, en tout cas, a pris le pli. En octobre 2016, l’association a en effet été retenue par la métropole de Lyon, avec d’autres structures telles que Récup et Gamelles, pour proposer des animations de sensibilisation au gaspillage alimentaire.

« On est plus riches et plus forts »

Dans la même optique, le projet « Ici-Bientôt » est coordonné par trois associations : Carton plein, le Crefad et Typotopy. L’objectif : redynamiser le quartier Beaubrun, à Saint-Étienne, en luttant contre la multiplication des rez-de-chaussée vacants, et « faire le lien entre la ville et les habitants« , explique Thomas Fremaux, qui effectue son service civique au Crefad, une association d’éducation populaire. Il s’inscrit dans le programme européen Human cities, dont la cité du Design a été nommée leader. « Nous négocions avec les propriétaires des boutiques pour qu’ils permettent à des porteurs de projets – artisans, compagnies de théâtre, structures de l’ESS… – d’occuper l’espace gratuitement pendant un à deux mois, afin de tester leur concept… »

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Pour le jeune homme, cette démarche commune « permet de donner de l’ampleur au projet pour tirer tout le potentiel du quartier. En plus des coordinateurs, Ici-Bientôt mobilise de nombreuses associations et collectifs d’artistes, cela multiplie les portes d’entrées pour aller à la rencontre des habitants. À plusieurs, on est plus riches et plus forts. » Tout comme Marie Demarthe, il confirme que l’union rend les associations plus crédibles, d’autant que dans le cadre d’Ici-Bientôt, elles répondent à des appels à projets de la région, de la ville, de la métropole… « Nous sommes en contact avec les services techniques de la municipalité depuis le début. L’un des avantages qu’ils en retirent, c’est que nous leur faisons remonter des données de terrain dont ils ne disposent pas. »

« Le plus difficile, dans un projet à plusieurs, c’est de bien coordonner nos actions pour que les partenaires ne soient pas perdus entre différents interlocuteurs« , prévient Thomas. Ici-Bientôt dispose aujourd’hui d’un local au cœur du quartier, et le projet devrait être mis en œuvre entre le 9 mars et le 9 avril 2017. Pour mieux pérenniser ensuite cette dynamique collective.

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Rédigé par

Anaëlle Guisset

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