Dis-moi pourquoi tu bosses

Médecin en centre mutualiste : « L’accès aux soins pour tous ! »

Publié le 16 janvier 2017

A 34 ans, Céline Simon, jeune médecin, travaille au centre mutualiste polyvalent de la MGEN à Strasbourg. Passionnée, elle nous parle de son métier. Témoignage.

Médecin ? « C’est un métier passionnant que l’on peut exercer de bien des manières ! » , s’enthousiasme d’entrée de jeu Céline. Et pour elle, cela passe par une dimension militante, prônant l’accès aux soins pour tous et la prévention. Pourtant, rien dans le parcours scolaire de la jeune femme ne la prédestinait à soigner les autres. Une fois le bac en poche, elle s’oriente vers une carrière de chercheuse en biophysique-chimie. Suite à des conseils de son entourage, elle s’intéresse au métier de déléguée médicale, qui consiste à présenter des médicaments chez les médecins au nom d’un laboratoire médical.

Après un an de poste dans un groupe pharmaceutique, elle préfère changer de voie. «  Avec son fort aspect commercial, ce métier ne m’épanouissait pas. J’ai tenté médecine malgré l’absence de soutien de mes parents, qui me disaient qu’il était impensable que je me lance dans des études si longues et que je renonce à mon train de vie ! Mais c’était plus fort que moi, j’ai tenté ma première année et j’ai réussi ! ».

Médecin coordinateur : le temps de l’épanouissement

C’est pendant ses études que Céline, « insatiable de connaissances »,  se découvre une véritable passion pour la médecine. Elle choisit la médecine générale et commence les remplacements chez un praticien. « Une vie très intense que j’adorais mais il y avait beaucoup de travail. Je travaillais 70 à 80 heures par semaine, samedi et dimanche compris. Après 4 années en libéral, on m’a proposé un poste au sein du centre mutualiste de la MGEN ».

Au sein de ce centre, Céline multiplie les « casquettes ». En tant que médecin coordinateur, elle chapeaute les différents médecins généralistes du centre, gère le centre de prévention qui propose des bilans de santé, fait ses consultations de médecines généralistes 4 jours par semaine et anime également les ateliers d’éducation thérapeutique, une approche pédagogique pour permettre à une personne souffrant d’une maladie chronique d’être plus autonome. « Et depuis un an, j’ai ajouté la médecine du sport à mes compétences », explique la jeune femme très active.

Un centre mutualiste, une philosophie de soins particulière

« Exercer au sein d’un centre mutualiste repose sur une philosophie de soins particulière, ouverte à tous, explique Céline. C’est une politique de santé de non-dépassement d’honoraires autant pour la médecine générale que pour les spécialistes ainsi que de tiers-payant. Les ateliers thérapeutiques et les bilans de santé sont également gratuits. C’est un aspect très important pour moi. Chaque jour, je suis confrontée à des gens qui me disent qu’ils ne peuvent se faire opérer pour des raisons financières. Associer l’argent et le soin, c’est contradictoire, un non-sens ! Je ne pourrai pas refuser des soins à quelqu’un pour des histoires d’argent ».

Du point de vue financier, un médecin travaillant dans un centre de soins mutualiste gagne moins bien gagner sa vie mais il aura d’autres avantages, comme l’explique la jeune femme : « En médecine libérale, on ne compte pas ses heures, il faut être disponible tout le temps ! Dans mon centre de soins, je travaille 35 heures, c’est presque utopique pour une maman médecin comme moi! Et il y a un vrai travail d’équipe. Le seul bémol ? Peut-être les vacances, car on ne peut pas les prendre comme on veut ! »

Selon Céline Simon, les qualités requises pour devenir médecin sont d’être à l’écoute, empathique, sans préjugés et surtout patient : «  Ce que je dirai à un jeune qui aimerait se lancer ? Ce vieil adage : quand on veut on peut ! Je n’étais pas destinée à être médecin…Il n’y a pas d’âge pour se lancer ».

Les centres de santé mutualistes

Créés et gérés par des mutuelles, plus de 2.600 établissements sanitaires et sociaux accueillent grand public, personnes en situation de handicap ou de dépendance qu’ils soient ou non adhérents à ces mutuelles. Ils ont été conçus dans le cadre d’une médecine militante et innovante.

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Rédigé par

Déborah Antoinat

3 commentaires

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Mickey

Publié le 19 janvier 2017

Oui oui... Heureusement que nos impôts empêchent ces centres de faire faillite... Parce qu'un médecin aux 35 heures payé ce qu'il mérite, ce n'est pas viable au tarif sécu.

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La redaction

Publié le 19 janvier 2017

Bonjour Fayad, l'objet de cet article est de montrer que médecin peut aussi être un métier exercé dans l'économie sociale et solidaire. C'est le choix qu'a fait Céline, visiblement, vous n'êtes pas d'accord avec elle. Ce sont différents choix de vie, différentes orientations et des médecines complémentaires, à notre sens. Petite précision : les centres mutualistes sont ouverts à tous les assurés sociaux, pas seulement ceux de la mutuelle qui les ont ouverts.

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Fayad

Publié le 19 janvier 2017

Celine vient t'installer en liberal faire le même travail en secteur 1 et faire x3 à la fin du mois, plutôt que de bosser dans une coopérative sanitaire en étant l'esclave d'un organisme qui place l'argent de ses adhérants en pub, en chateau de Bordeaux ou en bureaux vides sur Paris... Celine puisque tu es bourré d'éthique et d'empathie vient en ville soigner TOUT le monde et pas seulement les assurés de ta compagnie. Celine je pars en vacances quand je veux et je trouve toujours un remplaçant, quand il y aura 2 maman Céline dans ton centre je te conseille de t'acheter un couteau bien pointu pour poser Noel et les vacances de février ! Bon courage Celine !

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