Planète

La consigne reprend du service !

Publié le 11 janvier 2017

Les initiatives se multiplient pour remettre au goût du jour la consigne des bouteilles en verre. Dans la mouvance « zéro déchet », le système permet de laver et de réutiliser les contenants que vous rapportez.

Malgré le froid de décembre, des petites mains s’activent pour coller une à une les étiquettes sur les bières. A la brasserie artisanale Philmore, à Rezé (44), les bouteilles ne sont pas seulement chouchoutées, elles sont aussi consignées ! « Depuis que je me suis lancé, il y a un an, j’ai pris soin d’avoir le moins d’impact possible en matière de déchets. C’est une mise en application du film Demain, à mon échelle », explique Philippe Moreau.

Pour le consommateur, c’est très simple : il suffit de déposer les bouteilles dans un point de collecte plutôt que dans un conteneur de recyclage. Elles ne deviennent pas des déchets, mais sont lavées et réutilisées plusieurs dizaines de fois.

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Activité collage à la brasserie Philmore

Rien de révolutionnaire, puisque le système de consigne a existé jusque dans les années 1980 en France, avant de céder la place au recyclage. Chaque année, 5 millions de tonnes d’emballages ménagers, dont la moitié de verre, sont produites. Or, selon une étude menée en Alsace, le système de consigne à échelle régionale permet d’économiser 76% d’énergie, 33% d’eau et 79% de gaz à effet de serre par rapport au recyclage, tout en réduisant la masse de déchets. L’argument environnemental est évident, le défi est donc de rentre la consigne attractive économiquement.

Expérimentation sur le terrain

C’est justement l’idée de l’association Bout’ à Bout, née à l’été 2016, qui relance la consigne en Pays de la Loire. « Aujourd’hui, nous proposons à tous les acteurs de la filière – de la production à la vente en passant par la collecte, le transport et le lavage – de gérer le processus afin que ça ne change quasiment rien pour eux », explique Célie Couché, responsable de l’association.

La trentenaire au dynamisme communicatif devrait très bientôt devenir salariée de l’association. Pour l’heure, le projet est en phase d’expérimentation. Cinq producteurs locaux (bière, vin, cidre et jus de fruits) dont la brasserie Philmore ont répondu présents, ainsi que deux prestataires de logistique et de lavage, et trois points de vente. Les premières bouteilles ont été mises en circulation en novembre à Nantes et ses alentours. En parallèle, deux cabinets réaliseront une étude de faisabilité du projet en 2017.

Mutualiser les coûts

Bout’ à Bout est loin d’être une initiative isolée. A Paris, Lucas Lombard, 29 ans, porte le projet associatif de La consigne francilienne. « Pour que le circuit fonctionne, il faut une production locale et un gros volume de bouteilles afin de mutualiser les coûts de transport et de lavage. En région parisienne, les micro-brasseries sont idéales, elles représentent environ 3 millions de bouteilles chaque année », estime Lucas.

Dans le Jura, c’est logiquement vers les viticulteurs que le projet J’aime mes bouteilles s’est tourné. Depuis septembre 2016, une vingtaine de magasins servent déjà de points de collecte pour les bouteilles jurassiennes. Résultat – décompté en direct sur le site de la structure : environ 10.000 bouteilles collectées, et plus de 3 tonnes de CO2 épargnées à la planète.

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Sur le site de J’aime mes bouteilles, dans le Jura

Quel que soit le territoire sur lequel la consigne se réimplante, les structures font face aux mêmes problématiques : faire baisser les coûts, trouver de la colle soluble pour les étiquettes, réfléchir à la rétribution des clients, convaincre producteurs et consommateurs… En quelques mois, Bout’ à Bout et J’aime mes bouteilles ont déjà vu des centaines de bouteilles leur revenir. « C’est une habitude qu’il faut reprendre, explique Célie, mais certains systèmes de consigne ont des taux de retour de 90%. C’est plus qu’encourageant ! » Le défi : retrouver les réflexes d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître.

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Rédigé par

Marie Le Douaran

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Christine R

Publié le 24 janvier 2017

Excellente initiative. Il faut savoir qu'en Belgique (je suis frontalière) le système des consignes n'a jamais cessé d'exister alors qu'en France il a été abandonné dès l'apparition des grandes surfaces. Alors que je m'étonnais que les brasseurs français de ma région ne pratiquaient par le retour des consignes, "on" m'a répondu que la gestion des bouteilles consignées était plus couteuse (économiquement et écologiquement) que le recyclage !!!! Ah oui ? (qu'est ce qu'il ne faut pas entendre !...) Donc je dis bravo à cette petite brasserie et à toutes les associations ! et merci pour l'exemple à suivre

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