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Taxi sociétaire: « Un bon compromis entre l’indépendance et la sécurité »

A 29 ans, Emilien est taxi parisien depuis 3 ans. Il a rejoint Alpha Taxis/Gescop qui regroupe 1.200 chauffeurs de taxi associés. Un modèle d’entreprise sociale et solidaire atypique dans ce secteur dominé par le travail indépendant.

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Rien ne prédestinait Emilien à devenir taxi. Alors qu’il suit des études d’histoire et qu’il aspire à devenir professeur, il travaille en parallèle dans le secteur de la vente. C’est à ce moment là qu’il quitte le domicile familial, s’installe puis arrête ses études. A côté de chez lui, se trouve un garage de taxi, il se décide un jour à pousser la porte.  « J’avais envie de changement, je pensais y trouver ma place car j’ai le sens du service ! », raconte le jeune homme.

Diplôme indispensable pour exercer la profession, il suit une formation pour valider son CCPCT, le Certificat de Capacité Professionnelle du Conducteur de Taxi à l’école de taxi FPTP dans le 15e arrondissement de Paris. « La formation fut un peu longue et compliqué, il y a 3 examens théoriques et un pratique », précise Emilien.

A 26 ans, son diplôme en poche, il effectue ses premières courses en faisant de la location, un des statuts qui permet de travailler en tant que taxi. « Cela a duré un an et ce fut très difficile mais il fallait passer par là pour apprendre le métier. Très vite, je me suis dit qu’il fallait mieux investir ! J’ai alors entendu parler de Gescop [regroupement de trois sociétés coopératives de taxis] qui bénéficie d’une très bonne réputation ». Après avoir discuté avec des sociétaires et après avoir comparé les alternatives comme l’achat d’une licence pour devenir artisan taxi ; Emilien se lance dans la coopérative, moins risquée et moins coûteuse selon lui.

L’achat de parts Gescop : un accompagnement et un réseau

Il investit alors 90.000 euros pour rejoindre Gescop qui regroupe 1.200 chauffeurs de taxi associés au sein des trois scop (Barco, Gat et Taxicop). «  Un bon compromis entre l’indépendance et la sécurité. On ne se sent pas seul. On peut se rendre au siège pour gérer la partie administrative (comptabilité, assurance) ou pour trouver des réponses à nos questions. Et l’autre avantage : je suis affilié à la sécurité sociale et je bénéficie une mutuelle solidaire interne. C’est un aspect qui a joué dans 70 % de ma décision d’intégrer la coopérative », souligne Emilien. Les autres atouts : les bénéfices générés par la coopérative et ses filiales sont répartis égalitairement entre tous les chauffeurs de taxis « sociétaires-coopérateurs ».

Être sociétaire au sein d’une coopérative donne aussi accès à la participation aux prises de décision et permet aux taxis de voter en assemblée générale selon le principe « 1 homme = 1 voix », et d’élire leurs représentants au conseil d’administration pour participer à un projet collectif. « On se réunit une fois par an. On peut prendre la parole et on est pris en considération. C’est très intéressant. Aujourd’hui, je suis jeune mais j’aimerai pouvoir m’investir plus activement et peut-être devenir administrateur un jour ».

Avec ses 11 heures d’amplitude horaire maximum dans la journée, Emilien accorde une grande importance à fidéliser ses clients. «  Ce sont les clients qui nous choisissent pas l’inverse ! », estime le jeune taxi. Pour se lancer dans ce métier ? Pour Emilien, il suffit « d’avoir le sens du service, être curieux et avoir de l’empathie pour les gens. Ce métier vous le rend bien, sur le plan financier et sur le plan personnel. Être taxi permet de rencontrer un vaste panel de la société ! » Et il l’atteste : Taxi est un beau métier.

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Auteur de l'article : Déborah Antoinat

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