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Economie sociale et solidaire: où vont avoir lieu les recrutements?

Non, non, nous ne sommes pas madame Irma… mais une étude récente sur les départs à la retraite donne les grandes orientations pour les années à venir…

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Où va se cacher l’emploi dans les prochaines années ? Le CNCRESS (Conseil National des Chambres Régionales de l’Economie Sociale et Solidaire) vient de publier une étude sur les départs à la retraite et les opportunités d’emplois dans l’économie sociale et solidaire. Des données importantes à avoir en tête quand on est en train de réfléchir à une formation ou à une reconversion !

Say Yess tire les grands enseignements de l’enquête, avec Arnaud Matarin, responsable de l’Observatoire national de l’ESS, au CNCRESS.

1 – L’ESS, un domaine vieillissant, qui va embaucher

« On constate que le vieillissement des salariés dans l’ESS se poursuit et s’accroit. On peut s’attendre, dès 2017, à plus de 100.000 départs à la retraite », prévient Arnaud Matarin

S’il n’est pas possible de savoir combien de postes seront effectivement remplacés, on peut cependant supposer qu’il y aura forcément un besoin de renouvellement du personnel.  « D’ici 2025, il y aura 700.000 départs à la retraite. Il y aura de la place pour les jeunes, mais pas 700.000 postes, souligne le responsable de l’Observatoire national de l’ESS. Il faut aussi tenir compte de la mobilité interne, des postes non remplacés, des reconversions du privé, etc. Mais globalement, les entreprises que nous avons interrogées sont optimistes et on peut envisager qu’au moins un départ à la retraite sur deux devrait être remplacé en externe, notamment chez les cadres ».

2 – Des secteurs qui sortent du lot

Plusieurs secteurs sont particulièrement concernés par les départs à la retraite massifs et/ou les besoins en main d’œuvre. Le CNCRESS, dans son étude, en distingue quatre particulièrement : l’action sociale, l’enseignement, la santé et les activités financières et d’assurances. En volume, les employés sont plus représentés que les cadres, ils correspondent donc au profil qui devrait être le plus recherché dans tous ces secteurs.

Action sociale : « Le métier d’aide à domicile, par exemple, est un métier très important dans l’économie sociale et solidaire, en volume. Et il est présent sur tout le territoire, dans diverses structures », explique Arnaud Matarin. « Il y a un fort besoin de renouvellement et des difficultés à recruter ». Mais les besoins de main d’œuvre se font également sentir sur des postes de cadre, à Bac+3 ou +5 : dans la gestion, l’administration ou la direction de structures : responsables de projets d’insertion, directeur d’EHPAD, etc.

Enseignement : Les métiers de la formation sont rarement rattachés spontanément à l’économie sociale et solidaire. Et pourtant, il s’agit du deuxième secteur en termes d’emploi ! Et fortement touché aussi par les départs en retraite, note le CNCRESS, avec près de 120.000 postes qui devraient être libérés d’ici 2025. Enseignants du primaire, secondaire ou supérieur (privé associatif), formateurs, agents de service ou encore cadre spécialisés dans la formation sont donc particulièrement recherchés.

Santé : On retrouve là tous les établissements hospitaliers ou les centres de santé gérés par des mutuelles, par exemple. Ils recherchent des métiers divers, mais avec des formations précises : agents de service hospitaliers, médecins, infirmiers, etc.

Banques et assurances : Le secteur va recruter beaucoup de cadres, des directeurs d’agences, etc. que ce soit dans les mutuelles d’assurances ou les banques coopératives. Là encore, les services des ressources humaines recherchent des personnes avec des formations spécifiques.    

Retrouvez sur Say Yess des témoignages de jeunes qui exercent dans ces secteurs :

D’autres témoignages de salariés de l’ESS

3 – Des métiers transverses toujours plus recherchés

Ce que l’on appelle les « fonctions supports », c’est-à-dire par exemple les personnes des services administratifs et financiers, sont toujours très recherchés dans l’économie sociale et solidaire. « Sur ce type de métiers, il va y avoir de nombreuses opportunités pour les jeunes diplômés à bac+3 ou bac+5 », estime Arnaud Matarin. « Il y a donc un gros enjeu à orienter les jeunes généralistes vers les métiers transversaux ».

Ressources humaines, communication, gestion financière, juridique, etc. : les portes d’entrée dans l’économie sociale et solidaire sont nombreuses… à condition d’avoir une formation adaptée.

4 – Choisir des formations adaptées

En effet, pour ces postes, les associations, mutuelles, coopératives ou fondations sont à la recherche de compétences précises. Parfois, il vaut donc mieux se former à un métier plutôt qu’à un secteur. Ou cumuler formation large à l’ESS avec une formation plus précise en termes de métier.

« C’est compliqué de choisir de s’orienter vers une formation précise car quand on s’intéresse à l’ESS on s’intéresse à l’ensemble, modère Arnaud Matarin. Il est donc difficile de se limiter à une formation. Mais je conseille de regarder dans les détails l’offre de la formation, afin de s’assurer d’avoir un socle minimal nécessaire sur ces sujets ». Et puis, ajoute-t-il, ne pas oublier que le stage de fin d’études est souvent essentiel et « permet d’acquérir les compétences ».

Enfin, il faut noter que certaines structures sont prêtes à former leurs nouveaux salariés, notamment à des métiers rares ou sur des territoires où le recrutement est plus difficile. Quoiqu’il en soit, l’étude du CNCRESS prouve que l’économie sociale et solidaire va avoir besoin de sang neuf ! Alors, à vous de jouer.

Auteur de l'article : Oriane Raffin

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