Entreprendre, mode d'emploi

Deux jours pour changer le monde, ensemble

Publié le 16 novembre 2016

Ils se sont rencontrés le matin même, et ont travaillé ensemble tout un week-end pour créer une startup tech au service de la société ou de l'environnement. L'intelligence collective était en marche au Créathon du SwitchUp Challenge, organisé par MakeSense. Reportage.

Quand on arrive à YOUFACTORY à Villeurbanne, on est d’abord plutôt impressionné par l’atmosphère studieuse. Ça cogite! À chaque table, une équipe pluridisciplinaire, guidée par la méthodologie de MakeSense, travaille sur un projet. Des animateurs et experts sont là. Le but : faire émerger en 48 heures des projets de startup utilisant les nouvelles technologies et destinées à résoudre un problème de société ou environnemental. Les Créathons sont organisés en ce début de novembre dans 10 villes de France.

Dans le Rhône, on dénombre 14 équipes au total. Les post-its multicolores, sur lesquels des mots ou des dessins sont griffonnés, côtoient les gobelets de café bus et resservis. Milieu d’après-midi : la fatigue se ressent. La journée a commencé à 9h30 pour les 80 participants.

Ce matin-là, Ammar et Mokhtar Bacha, deux frères respectivement âgés de 19 et 16 ans, sont arrivés avec un projet assez avancé de microscope qui se met sur l’appareil photo d’un smartphone, et qui, couplé à une application, permet de diagnostiquer automatiquement le paludisme avec un échantillon de sang. Mokhtar, élève en Première S, confie avoir toujours aimé trouver des solutions aux problèmes.

Ils comblent une compétence que je n’ai pas : la communication.”

Là, c’est arrivé en avril après la lecture d’un article sur le nombre de morts, notamment infantiles, engendrées par le paludisme. “Je me suis mis à chercher comment on fait un diagnostic. Le meilleur, c’est avec le microscope donc j’ai simplifié au maximum ce qui est en fait une lentille, et donc je me suis dit qu’il faut mettre toute la connaissance du médecin dans une application,”explique Mokhtar. Avec son frère, ils mettent cette découverte en open source “pour que n’importe qui puisse l’améliorer, le reprendre, et le faire en Afrique et en Asie du Sud-Est.” Le microscope est finalisé. Maintenant, ce qu’ils développent, c’est l’application.

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Ici, je suis venu chercher des compétences, une équipe, et apprendre de nouvelles choses”, explique le jeune homme. Autour de la table : Lens, étudiant en informatique et réseaux de communication, a aidé Ammar sur des points techniques. Tristan et Camille, étudiants en Master Entrepreunariat et Innovations, sont venus notamment développer leurs compétences en accompagnement de projets entrepreneuriaux.

Les échanges vont bon train. Au point qu’à l’issue du week-end, Mokhtar compte continuer à travailler avec eux : “Ils comblent une compétence que je n’ai pas : la communication.” Spontanément, Antoine, un mentor, arrive et invite Mokhtar à regarder du côté de Goodeed, pour le financement. Le jeune inventeur note l’info.

La jeunesse se lève tôt un week-end et se rassemble pour faire ça !”

C’est passionnant de trouver des personnes aux profils, et aux points de vue complémentaires,” confie Mathilde Thorel, responsable de l’incubation des start-up à MakeSense. “L’entrepreunariat, on voit que c’est une vraie solution pour résoudre des problèmes de société. Cela veut dire “Je veux être l’acteur du changement dans ma société”, et je trouve ça génial que la jeunesse se lève tôt un week-end et se rassemble pour faire ça.” Puisqu’à la fin, c’est bien cette intelligence collective qui a créé quelque chose!

À 19h, on se connecte avec neuf autres villes : c’est le Créathon en simultané… De quoi partager, encore! Chaque année, deux lauréats sont désignés dans un concours national, le SwitchUp Challenge. Une fois le week-end terminé, Mokhtar confie : “J‘ai pu y créer une équipe avec de réelles compétences, me confronter à la réalité, avoir d’autres points de vue et prendre du recul sur mon projet même si c’est dur…” Sa prochaine étape? Faire ses tests dans un hôpital lyonnais, puis sur le terrain au Congo. Les deux frères aimeraient commercialiser leur trouvaille, d’abord avec des ONG comme MSF.

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Rédigé par

Virginie De Gouveia

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