Des idées pour s'engager

Venir en aide aux mineurs isolés étrangers

Publié le 31 octobre 2016

Partis seuls de chez eux ou séparés de leur famille sur les routes de l’exil, des milliers d’adolescents arrivent en France livrés à eux-mêmes. En attendant qu'ils soient reconnus mineurs par un juge pour enfants et pris en charge par l'aide sociale à l'enfance - ou si la procédure n'aboutit pas - des bénévoles les accompagnent. Et chacun peut aider.

Assurer le minimum vital

Offrir tentes et vêtements chauds

Dans leurs premiers jours à Lille, Nantes ou Paris, les mineurs migrants se retrouvent dans les mêmes campements de fortune que les adultes. Ils ont 15 ou 16 ans, arrivent d’Afghanistan en tongs ou du Mali avec un simple T-shirt. Leur fournir couvertures et vêtements chauds est une question de survie !

Attention : si vous organisez une collecte, mieux vaut ensuite vous rapprocher d’un collectif qui connaît le terrain pour organiser la distribution, au risque sinon de déclencher des bagarres. A Paris, des collectifs comme La Chapelle Debout ou le Collectif parisien de soutien aux exilés (CPSE) interviennent sur les campements des quartiers de Jaurès et Stalingrad.

Chercher des fonds pour la nourriture ou les soins

A Nantes, des militants organisent régulièrement des soirées – ils ont même lancé un festival, sur tout un week-end – « pour payer la nourriture et les soins des mineurs », explique Juliane Van Dutsel, 25 ans, membre active de l’association Casprom, d’un collectif de militants et de l’association Actions Jeunesse Scolarisation.

Proposer un abri de fortune

La jeune femme et ses acolytes font également leur possible pour mettre ces jeunes à l’abri, parfois dans des bâtiments désaffectés. « Ca me semble tellement humain et normal d’accepter ces enfants, surtout dans un pays comme le nôtre qui continue à vendre des armes et à exploiter certaines régions du monde ! », explique-t-elle.

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Sur le campement de Stalingrad, à Paris. Photo : Agathe Nadimi

Faire avancer les dossiers juridiques

Accompagner à un rendez-vous

Pour un adolescent éthiopien ou pakistanais perdu dans une ville européenne, se présenter à un rendez-vous administratif semble souvent insurmontable. Pourtant, quelle que soit leur origine, les enfants de moins de 18 ans, isolés, relèvent de l’aide sociale à l’enfance. Et pour y avoir accès, ils doivent effectuer des démarches et prouver leur âge. Des collectifs comme la Timmy à Paris recherchent des accompagnants bénévoles pour ces entretiens cruciaux ainsi que pour les rendez-vous médicaux.

Assurer le suivi administratif
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Faute de prise en charge à Paris, ce jeune Afghan qui dit avoir 12 ans est parti tenter sa chance à Calais. Photo : Agathe Nadimi

Si le juridique vous tente, vous pourrez apporter un soutien précieux aux jeunes refusés par les services sociaux. Ils doivent en effet prouver leur minorité en justice. A Nantes, avec l’appui de la Cimade, des bénévoles aident les adolescents à faire venir un acte de naissance de leur pays ou à établir des papiers d’identité dans leur ambassade en France.

A Paris, le Gisti ou l’ADJIE tiennent des permanences pour aider les mineurs à saisir le juge pour enfants. La Timmy recrute des bénévoles pour appuyer les démarches de ces adolescents.

La récompense des volontaires ? Une phrase comme celle de ce jeune Angolais, pris en charge par l’ASE après deux mois d’attente : « Maintenant je vais pouvoir étudier, je veux travailler dans la comptabilité. Je ne sais pas comment vous remercier de tout ce que vous avez fait pour moi. » A Calais, jusqu’au démantèlement de la « Jungle », le mineur afghan ou érythréen refusé par les services sociaux était orienté vers les bénévoles de la Cabane juridique. « Des victoires individuelles il y en a et ça fait du bien, confirme l’avocate Orsane Broisin, 30 ans, co-fondatrice de la structure. Une fois que le jeune est pris en charge, il fait sa vie, on en entend beaucoup moins parler. »

 

Leur permettre d’étudier et de s’évader

Donner des cours de français

En attendant le rendez-vous puis la décision du juge – qui peuvent prendre des mois -, les mineurs isolés restent souvent oisifs. Ils sont notamment privés de scolarité. En région parisienne, des associations comme le BAAM ou Entraides Citoyennes organisent des cours de français et cherchent toujours de nouveaux professeurs amateurs.

Organiser des activités

Une balade en forêt, un après-midi au ciné ou une simple partie de football permettent d’oublier pour un temps l’ennui et l’angoisse administrative. Si vous avez l’âme d’un(e) animateur/trice, rapprochez-vous des collectifs et associations MIE (Mineurs Isolés Etrangers) qui s’activent dans votre région !

Apporter un soutien psychologique

Arrivés d’Afghanistan ou du Darfour, les jeunes migrants ont vu leurs proches mourir sous leurs yeux ou leurs maisons s’écrouler sous les bombes. Ils ont ensuite subi les traumatismes de l’exil, en traversant la Méditerranée en canot ou les forêts bulgares à pied. En France, enfin, ils doivent endurer l’attente et apporter des preuves de leur histoire pour convaincre l’administration de leur âge. Pas facile quand ils arrivent de pays en guerre, souvent sans papiers. Un appui psychologique est indispensable à certains pour tenir le coup.

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Des mineurs en attente de prise en charge manifestent pour le droit à la scolarité, à Paris. Photo : Espérance Minart, Timmy
Mineurs étrangers isolés… et refusés – Mieux comprendre

En France, quelle que soit sa nationalité, toute personne de moins de 18 ans est censée être protégée, en application de la Convention des droits de l’enfant. Pourtant, beaucoup de jeunes migrants qui se disent mineurs sont refusés par les services sociaux. Ces derniers remettent en cause le récit des jeunes ou l’authenticité de leurs papiers.

En l’absence de documents fiables, comment définir qui a moins de 18 ans ? La corpulence ou les traits du visage ne veulent rien dire, surtout lorsqu’on a subi des traumatismes. Le juge pour enfants peut finir par ordonner un test osseux – une radiographie du poignet et des dents. Mais cet examen médical est contesté notamment par le Comité des droits de l’enfant de l’ONU et l’Ordre des médecins.

Des associations et collectifs organisent des actions en faveur des mineurs isolés étrangers à l’occasion de la Journée Internationale des Droits de l’Enfant, le 20 novembre. Par exemple à Paris.
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Rédigé par

Hélène Seingier

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Marion Sessiecq

Publié le 12 avril 2017

Bonjour, nous sommes Horizon Parrainage, une association qui depuis 2005 promeut, encadre et accompagne le parrainage d'enfants et de jeunes qui ont peu ou pas de familles sur la Métropole de Lyon et le département du Rhône. Actuellement les services de l'ASE nous sollicitent beaucoup pour les nombreux MNA qui arrivent sur nos territoires et nous avons besoin de recruter des parrains et marraines assez rapidement. En effet la mise en place d'un parrainage est un peu long et délicat, il ne s'agit pas de faire parrainer ces jeunes par n'importe qui et dans la précipitation sous prétexte qu'ils sont isolés. Nous fonctionnons avec deux salariées à temps partiels et une 30 aine de bénévoles de compétences : professionnels des secteurs de la psychologie, protection de l'enfance, santé, éducation... Nous avons besoin de nous faire connaître afin de trouver de nouveaux bénévoles de compétences et des candidats parrains et marraines. Merci de nous contacter pour nous aider à lancer notre appel à mobilisation solidaire. Marion Sessiecq 04 72 05 84 85

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