Etudes & formations

« Le Master ESS, un tremplin et non une fin en soi »

Publié le 14 novembre 2016

A quoi mènent les masters spécialisés en économie sociale et solidaire? Coup de projecteur sur trois itinéraires d'anciens étudiants. À Lyon, Bordeaux et Toulouse, Joris, Louise, et Anna racontent ce que leurs formations leur ont apporté.

joris« Donner du sens à ma future carrière et qu’elle soit en cohérence avec mes valeurs ». C’est le but de Joris Chorot, 27 ans, quand après un Master 2 Finance d’entreprise, il décroche sa place pour le Master ESS de Lyon 2. Il fait son stage au centre d’affaires du Crédit Coopératif, qui confirme son intérêt pour la finance, « celle qui sert l’économie réelle ». Une expérience qui sera un plus pour avoir son poste actuel, « puisqu’il s’agit de la banque référence des acteurs de l’ESS ». « Il n’y a pas énormément d’employeurs sur la région lyonnaise et l’ESS fonctionnant en réseau, les embauches se font également par cette voie la plupart du temps. »

Après une courte aventure entrepreneuriale aux côtés d’un ami, il est donc recruté à l’Union Régionale des SCOP et SCIC Rhône-Alpes. « L’alliance assez inattendue de la finance et de l’économie sociale et solidaire a pu plaire dans mon profil… » Aujourd’hui, il met ses compétences financières « au service de projets qui ont un sens. »

Le choix des stages: déterminant!

louisePour lui, une fois le diplôme en poche, c’est surtout la motivation qui compte. D’où le soin particulier qu’il a toujours porté à la lettre censée la démontrer… « Les structures de l’ESS cherchent avant tout, selon moi, des personnes de conviction. » Un point que partage Louise Barraud, 27 ans, du Master de Sciences Po Bordeaux Développement des entreprises de l’économie sociale et solidaire (DEESS). « Il ne faut pas prendre ce Master comme une fin en soi, mais comme un tremplin pour s’impliquer ! Le choix des stages est déterminant. »

Elle a aimé réaliser ce Master en alternance. Un bémol ? Le peu de cours justement, au profit des stages. « Nous aurions aimé avoir plus de cours d’analyse financière, des cours de gestion et d’administration des entreprises ‘classiques' ». Pour compléter leur formation, avec ses camarades, elle a créé une asso de sensibilisation à l’ESS, ESSplicite, pour laquelle elle est toujours très active.

Un engagement transformé en une proposition de poste

photo-annaLouise est aujourd’hui en recherche active d’emploi, après un long voyage et ses expériences : « J’ai trouvé du travail dès la sortie de mon stage en tant que chargée de développement et communication d’une entreprise sociale. Ce CDD n’a pas débouché sur un CDI, mais j’ai ensuite travaillé en politique pour un parti sensible à l’ESS. » À la fin de ses études, Anna Prêteur, 28 ans, entreprend elle aussi un voyage, avant de retrouver l’envie encore plus forte « de co-construire de l’innovation sociale. » « Si le débouché le plus évident était de porter son propre projet de création d’entreprise sociale, je ne me sentais pas assez expérimentée pour me lancer. Voilà à mon sens la plus grande limite de ce master quand vous êtes en formation initiale comme je l’étais. Je préférais continuer à me forger sur mes nombreux engagements associatifs et coopératifs bénévolement. »

Au final, cet engagement s’est transformé en une proposition de poste au sein de la SCIC Café Plùm. C’est là qu’elle avait réalisé son stage de Master 2, et qu’elle a continué à s’impliquer. En février, le CDI est signé et elle devient chargée de mission ESS, administrative et financière. Quand elle a découvert l’existence de ce Master 1 IES et TIC (Innovation par l’Economie Sociale et les Technologies de l’Information et de la Communication) et du Master 2 NES (Nouvelle Economie Sociale), c’est une révélation pour celle qui croit en un modèle de société plus juste. Ce qui a été déterminant dans cette formation ? « L’apprentissage de savoirs théoriques et pratiques, le sens critique et l’engagement, les rencontres et les partages, la construction d’un réseau, les stages… » Des stages de 500 heures, soit trois mois, chaque année.

Photo de Joris : Isabelle Jacquet
Photo de Louise : Aurore Trelaun Photographie 

Image writer

Rédigé par

Virginie De Gouveia

1 commentaire

Cliquez sur le + pour voir les commentaires. Et remplissez le formulaire ci-dessous pour commenter un article.
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

image commentary

Raphaël Mariage

Publié le 16 avril 2017

Bonjour, Serait-il possible de prendre contact avec Anna Prêteur ? Je m'intéresse de près au master NES, mais jusqu'à présent je n'ai pas réussi à trouver un ancien étudiant pour lui demander des précisions concrètes. (mon mail : rl.mariage@gmail.com)

Sur le même thème

Décryptage

  • Recycles © Kamel Secraoui

    Quand les chambres à air deviennent ceinture et les mobiles retrouvent une jeunesse

    Lire la suite
  • L’ESS, à quoi ça sert ?

    Lire la suite
  • La finance solidaire, ça concerne tout le monde!

    Lire la suite
  • C’est quoi, l’économie circulaire?

    Lire la suite

Say yess tv

  • Comment changer de métier ?

    Béatrice Moulin et Clara de Switch Collective
    icone-youtube-play

    Par: Changer le monde en 2 heures

  • Le métier d’agent-e d’entretien d’espaces verts

    Agent d'entretien des espaces verts - Uniformation
    icone-youtube-play

    Par: Uniformation

  • Vivre sans déchets

    Vivre sans déchets - L'Echo positif
    icone-youtube-play

    Par: L'Echo Positif

Nos derniers articles

Xoel ramasse des haricots secs.
Planète

Maraîchage bio : l’insertion par la case nature

Partout en France, des chantiers d’insertion accueillent des publics éloignés du marché du travail. Avec le travail de la terre, c’est la confiance en soi et les projets professionnels qui se renforcent.

Rédigé par Marie Le Douaran
le 20 octobre 2017 En savoir plus

Citoyenneté

Des labos citoyens vous embarquent dans la recherche

Pour faire face au manque de moyens des laboratoires publics ou au cloisonnement des disciplines, des scientifiques sortent des labos traditionnels et mènent leurs recherches avec l'aide des citoyens.

Rédigé par Marie Le Douaran
le 13 octobre 2017 En savoir plus

Pique nique avec des réfugiés à Meyrargues.
Solidarités

Bienvenue dans nos villages !

Face au phénomène de désertification rurale, l’arrivée de demandeurs d’asile originaires de Syrie, d’Erythrée, de Somalie, de Tchétchénie ou encore du Soudan apporte un nouveau souffle dans des villages de France.

Rédigé par Pauline Bian-Gazeau
le 11 octobre 2017 En savoir plus

Afin d'améliorer votre expérience, Say Yess utilise des cookies. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation des cookies, pour nous aider à analyser les audiences de ce site.
En savoir plus
Votre commentaire a bien été soumis. Il est en attente de validation.