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TEMOIGNAGES

« Le Master ESS, un tremplin et non une fin en soi »

A quoi mènent les masters spécialisés en économie sociale et solidaire? Coup de projecteur sur trois itinéraires d'anciens étudiants. À Lyon, Bordeaux et Toulouse, Joris, Louise, et Anna racontent ce que leurs formations leur ont apporté.

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joris« Donner du sens à ma future carrière et qu’elle soit en cohérence avec mes valeurs ». C’est le but de Joris Chorot, 27 ans, quand après un Master 2 Finance d’entreprise, il décroche sa place pour le Master ESS de Lyon 2. Il fait son stage au centre d’affaires du Crédit Coopératif, qui confirme son intérêt pour la finance, « celle qui sert l’économie réelle ». Une expérience qui sera un plus pour avoir son poste actuel, « puisqu’il s’agit de la banque référence des acteurs de l’ESS ». « Il n’y a pas énormément d’employeurs sur la région lyonnaise et l’ESS fonctionnant en réseau, les embauches se font également par cette voie la plupart du temps. »

Après une courte aventure entrepreneuriale aux côtés d’un ami, il est donc recruté à l’Union Régionale des SCOP et SCIC Rhône-Alpes. « L’alliance assez inattendue de la finance et de l’économie sociale et solidaire a pu plaire dans mon profil… » Aujourd’hui, il met ses compétences financières « au service de projets qui ont un sens. »

Le choix des stages: déterminant!

louisePour lui, une fois le diplôme en poche, c’est surtout la motivation qui compte. D’où le soin particulier qu’il a toujours porté à la lettre censée la démontrer… « Les structures de l’ESS cherchent avant tout, selon moi, des personnes de conviction. » Un point que partage Louise Barraud, 27 ans, du Master de Sciences Po Bordeaux Développement des entreprises de l’économie sociale et solidaire (DEESS). « Il ne faut pas prendre ce Master comme une fin en soi, mais comme un tremplin pour s’impliquer ! Le choix des stages est déterminant. »

Elle a aimé réaliser ce Master en alternance. Un bémol ? Le peu de cours justement, au profit des stages. « Nous aurions aimé avoir plus de cours d’analyse financière, des cours de gestion et d’administration des entreprises ‘classiques' ». Pour compléter leur formation, avec ses camarades, elle a créé une asso de sensibilisation à l’ESS, ESSplicite, pour laquelle elle est toujours très active.

Un engagement transformé en une proposition de poste

photo-annaLouise est aujourd’hui en recherche active d’emploi, après un long voyage et ses expériences : « J’ai trouvé du travail dès la sortie de mon stage en tant que chargée de développement et communication d’une entreprise sociale. Ce CDD n’a pas débouché sur un CDI, mais j’ai ensuite travaillé en politique pour un parti sensible à l’ESS. » À la fin de ses études, Anna Prêteur, 28 ans, entreprend elle aussi un voyage, avant de retrouver l’envie encore plus forte « de co-construire de l’innovation sociale. » « Si le débouché le plus évident était de porter son propre projet de création d’entreprise sociale, je ne me sentais pas assez expérimentée pour me lancer. Voilà à mon sens la plus grande limite de ce master quand vous êtes en formation initiale comme je l’étais. Je préférais continuer à me forger sur mes nombreux engagements associatifs et coopératifs bénévolement. »

Au final, cet engagement s’est transformé en une proposition de poste au sein de la SCIC Café Plùm. C’est là qu’elle avait réalisé son stage de Master 2, et qu’elle a continué à s’impliquer. En février, le CDI est signé et elle devient chargée de mission ESS, administrative et financière. Quand elle a découvert l’existence de ce Master 1 IES et TIC (Innovation par l’Economie Sociale et les Technologies de l’Information et de la Communication) et du Master 2 NES (Nouvelle Economie Sociale), c’est une révélation pour celle qui croit en un modèle de société plus juste. Ce qui a été déterminant dans cette formation ? « L’apprentissage de savoirs théoriques et pratiques, le sens critique et l’engagement, les rencontres et les partages, la construction d’un réseau, les stages… » Des stages de 500 heures, soit trois mois, chaque année.

Photo de Joris : Isabelle Jacquet
Photo de Louise : Aurore Trelaun Photographie 

Auteur de l'article : Virginie De Gouveia

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Une réponse pour "« Le Master ESS, un tremplin et non une fin en soi »"

  1. Raphaël Mariage dit :

    Bonjour,
    Serait-il possible de prendre contact avec Anna Prêteur ?
    Je m’intéresse de près au master NES, mais jusqu’à présent je n’ai pas réussi à trouver un ancien étudiant pour lui demander des précisions concrètes.
    (mon mail : rl.mariage@gmail.com)

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