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Des idées venues d'ailleurs

De Brooklyn à Toulouse : l’ouverture d’un supermarché coopératif

Inspirés par le Park Slope Food Coop à New York, boostés par la Louve à Paris, les projets de supermarchés coopératifs se multiplient en France. A Toulouse, La Chouette coop bénéficie des retours d’expérience du supermarché américain.

Dans la salle de l’American Cosmograph, à Toulouse, la moitié des spectateurs sont des membres de la Chouette coop. Ce soir-là, ils sont venus découvrir en avant-première le documentaire “Food Coop” sur le supermarché coopératif Park Slope Food Coop de New York. Un exemple qu’ils sont en train d’adapter à la Ville rose. Ce film est l’occasion, pour les uns, de se rassurer sur un modèle existant et, pour les autres, de rencontrer Tom Boothe, le réalisateur du documentaire. Initiateur de La Louve à Paris, premier supermarché français géré par ses membres pour ses membres, dont l’ouverture est prévue début novembre, Tom est le mentor des créateurs de supermarchés coopératifs en France.

A Toulouse, quand l’idée d’adapter le modèle américain a germé, les premiers membres de la Chouette coop se sont naturellement tournés vers lui. “Nous sommes en contact permanent avec Tom et Brian, les co-créateurs de La Louve”, explique Chrystel Gérard, l’une des coordinatrices. En septembre 2015, quand la réflexion était avancée, les Toulousains sont allés rencontrer Tom et Brian à Paris. “Nous avions par exemple envie de faire des listes de petits producteurs, mais Tom nous a remis les idées en place. On ne pouvait pas être à la fois détaillants et grossistes”. L’Américain n’est pas avare de conseils. “Je crois davantage dans l’expérience que dans les idées”, admet-il. “Les essais, les échecs et les succès de Park Slope Food Coop à New York nous aident à avancer plus vite à Paris. Nous essaimons ensuite nos propres expériences aux projets qui se multiplient en province”, détaille le créateur de la Louve.

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S’adapter à la législation française

La plus grande crainte des Toulousains était d’être attaqués pour travail dissimulé. Les membres bénévoles de la Chouette coop, comme ceux de tous les supermarchés coopératifs, sont en effet obligés de travailler 3 heures par mois dans le magasin. “Aux Etats-Unis ça ne pose aucun problème, mais en France on n’avait pas de certitude”, se souvient Chrystel Gérard. C’est finalement Tom qui a levé ces craintes grâce à son expérience parisienne.

Le gain de temps sur des aspects juridiques ou techniques est ainsi énorme pour les jeunes supermarchés coopératifs qui se lancent en France. “Mais malgré ces précieux conseils, il y a des étapes obligatoires pour construire le projet. A New York, à Paris ou à Toulouse, les gens sont différents”, constate Marie, de la Chouette coop. “Penser ensemble n’est pas forcément acquis. Il faut réussir à faire cohabiter des caractères et des idées pour créer un projet commun.”

D’autres questions encore se sont posées pour adapter le modèle. En France et particulièrement à Toulouse, le rapport à l’alimentation est différent de celui des Américains. “Ici on a de bons produits. Ce qui fait la différence avec les Amap ou les magasins de producteurs, c’est l’ambiance que l’on crée dans notre supermarché et les prix”, se réjouit un membre toulousain.

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“Gérer les problèmes de vol, d’agressions”

Et pour que le modèle new yorkais soit un succès en France, les supermarchés coopératifs croisent leurs expériences lors de ”bargeotages digitaux”, comme dit Marie. Ces réunions à distance via les réseaux sociaux, les mails et forums sont doublées par des rencontres organisées entre les porteurs de projet français. “En juillet, nous étions au pays basque, chaque coopérative est arrivée avec une question de blocage que nous avons pu lever ensemble en une journée”.

Lever des blocages ou découvrir des problèmes, c’est bien l’objectif de tous ces échanges. Le documentaire de Tom Boothe a permis aux Toulousains de mettre en image des problématiques concrètes : comment gérer le vol, les agressions, ou encore des membres qui ne font pas leurs heures ? “Autant de questions qu’on n’avait même pas imaginées tellement on est bisounours”, s’amuse Marie.

NB : La Chouette coop cherche encore quelques deniers ! La campagne de financement participatif c’est par ici, sur KissKissBankBank

Auteur de l'article : Pierre Vincenot

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5 réponses pour "De Brooklyn à Toulouse : l’ouverture d’un supermarché coopératif"

  1. Petit_Nuage dit :

    D’autre projet dans toutes la France sont en route, 18 en tout il me semble.
    Celui de Grenoble c’est l’elefan.
    http://lelefan.org/
    Deux salles complète à l’avant premier du film mardi dans la capitale des Alpes.
    Ça bouge !

  2. ATIS dit :

    À Bordeaux, il s’agit de supercoop !

  3. Bouallaga dit :

    Bonjour,

    Qui contacter pour démarrer une Coop ?
    Qui peut aider dans l’accomplissement de celle?

    • La redaction dit :

      Bonjour, pour lancer une coopérative, nous vous conseillons de contacter l’URSCOP ou la CRESS de votre région, qui pourront vous épauler, vous renseigner et vous orienter vers les bons interlocuteurs.
      S’il s’agit d’un supermarché coopératif, n’hésitez pas à contacter des acteurs déjà installés pour avoir leurs conseils.
      bonne réussite dans votre projet !
      l’équipe de Say Yess

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