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Les «civic tech», souffle nouveau pour la démocratie

Publié le 18 octobre 2016

Face à la défiance envers les partis politiques et à la crise de la représentativité, de nouveaux collectifs et associations proposent de faire différemment de la politique, à l’aide d’internet. Zoom sur ces « civic tech » qui font respirer la démocratie sur le web.

Ils s’appellent reGeneration, Parlement & Citoyens, Démocratie Ouverte ou encore LaPrimaire.org et proposent de repenser les pratiques politiques, de mettre en réseau, de partager les solutions pour faire de la politique différemment. A l’ère du numérique, le développement des « civic tech » dope la démocratie en offrant de nouveaux outils pour une politique plus participative.

Comparer les programmes et co-écrire les lois

Venu du monde du design, Armel le Coz, 31 ans, a fondé l’incubateur associatif Démocratie Ouverte, un collectif citoyen indépendant qui accompagne les innovateurs démocratiques dans une logique de gouvernance ouverte. « Mon engagement est venu au moment des élections de 2007 où je me suis aperçu qu’on avait beau dire que l’on vivait dans une démocratie, on formait assez peu les citoyens à comprendre les enjeux et à se prononcer, explique le jeune homme. Notre objectif : changer la démocratie, pour plus de transparence et de collaboratif. »

Parmi les porteurs de projet soutenus par Démocratie Ouverte, Voxe.org, une association qui a lancé en 2012 un comparateur de programmes politiques. On peut y confronter, au hasard, les propositions de Nicolas Sarkozy et de Marie-George Buffet dans le domaine du handicap. « Le comparateur est open source et crowdsourcé (alimenté de façon collaborative). Il permet à un internaute de rajouter du contenu, par exemple une proposition d’un candidat », précise Léonore de Roquefeuil, co-fondatrice de Voxe.org.

La dernière plateforme de Voxe.org, #Hello2017, permet aux internautes d’interpeller directement des candidats. En un petit mois, Bruno Lemaire, Alain Juppé ou François Fillon ont répondu à plus de 90 questions, en attendant les contributions d’autres aspirants à des fonctions électives.

Quant à Parlement & Citoyens, il s’agit d’une plateforme associant citoyens et parlementaires pour qu’ils élaborent ensemble les lois. « Nous sommes vigilants à bien articuler ce qui se fait en ligne et hors ligne. En plus de la plateforme, Parlement & Citoyens propose des ateliers, des rencontres ou des vidéos avec les députés », précise Armel le Coz. Un exemple concret ? En 2013, un internaute a attiré l’attention sur une ambiguïté dans le projet de loi visant à interdire l’usage non-agricole des pesticides sur le territoire national. Et cela a permis la réécriture du texte et ainsi une proposition de loi plus aboutie.

Un(e) candidat(e) citoyen(ne) pour 2017 ?

Autre projet de « civic tech » porté par une association : LaPrimaire.org. Il s’agit d’une primaire citoyenne ouverte, organisée hors des partis politiques, pour l’élection présidentielle de 2017. Pauline Lejeune, 25 ans fait partie des 15 candidats qualifiés pour le second tour. « Cet outil offre la possibilité aux citoyens de prendre la parole et de participer à l’élaboration d’un programme. Et d’interroger ce système qui ne me convient pas ! », explique la jeune candidate.

En décembre, le/la finaliste pourra se lancer dans la course si au moins 100.000 votants sont inscrits. Un chiffre avant tout symbolique pour asseoir une légitimité car le/la gagnant(e) ne pourra participer au scrutin présidentiel qu’après avoir collecté 500 signatures de maires. « Avec LaPrimaire.org, je ne pense pas devenir la prochaine présidente de la République mais c’est un moyen de participer à une autre manière de faire de la politique », ajoute Pauline.

Alors qu’il y a actuellement un fort besoin de renouvellement de la citoyenneté, les technologies et le numérique créent un énorme potentiel de changement pour la société. « Nous, la génération Y, sommes en recherche de sens. On ne veut plus être le rouage d’un système qu’on ne comprend pas. Les civic tech peuvent nous offrir plus d’indépendance et d’autonomie », ajoute Armel le Coz. Une vision de la politique basée sur « l’empowerment » – la prise de pouvoir – des citoyens.

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Rédigé par

Déborah Antoinat

8 commentaires

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Ruoma

Publié le 20 octobre 2016

Voir, par exemple, cet article du 10 octobre : http://www.acrimed.org/Vent-mauvais-sur-l-information-en-Europe

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Ruoma

Publié le 20 octobre 2016

« On ne veut plus être le rouage d’un système qu’on ne comprend pas. » Ça n'est pourtant pas difficile à comprendre, c'est juste difficile à admettre. En réalité, nos "élus" prônent l'alternance, parce que c'est un moyen de s'échanger les postes entre politiciens professionnels et de garder le pouvoir. Ils ont même pris récemment une loi de "modernisation de l'élection présidentielle" justement pour favoriser cette alternance et affaiblir encore tous les partis minoritaires. En réalité, ils font exactement la même "politique", une politique basée sur le libéralisme, qui préconise la précarisation des populations, le démantèlement des législations et des aides sociales et la disparition progressive des principes d'une démocratie, notamment la disparition de l'État-nation. Cette politique libérale a été imposée aux Français par leur appartenance à "l'union" €uropéenne et notamment après la ratification du traité de Lisbonne, qui n'est rien d'autre que l'autre nom de la "constitution européenne" qu'on avait pourtant rejetée sans ambiguïté par référendum en 2005. Avec ce carcan, nos élus n'ont d'ailleurs plus grand chose à faire, puisqu'en réalité, en ratifiant ce traité, ils ont délibérément remis les manettes du pouvoir à la BCE, à la technocratie de Bruxelles et entre les mains de la commission européenne. Précisément, il y a une connivence de plus en plus grande, comme aux états-unis qui constituent leur modèle et leur suzerain, entre le pouvoir et la finance, les banques, les multinationales et les médias. Ces grands médias, tous rachetés par les plus riches, sont désormais utilisés, aidés d'ailleurs par nos médias publics qui ont les mêmes positions, pour faire la promotion à longueur d'années des mêmes têtes de serviteurs dociles (Sarkozy, Hollande, Macron, Juppé, Fillon, Coppé, Royal, etc.) de façon à les faire élire et obtenir ensuite d'eux les évolutions qu'ils leur demandent... Évidemment, aucune des personnalités qui s'y opposent n'y ont accès et les pseudos "débats" ne rassemblent que des "experts" et "spécialistes" agréés par l'oligarchie et qui tiennent pratiquement tous les mêmes discours. Nous ne vivons donc plus en démocratie, mais en réalité dans une ploutocratie qui possède les médias qui les promeuvent et grâce auxquels ils sont connus et élus. Preuve en est qu'on voit de plus en plus le mécanisme américain des "revolving doors", les "portes tournantes", se mettre en place pour permettre à un ancien élu de retrouver une sinécure bien rémunérée dans le privé, en remerciement des services rendus. À cet égard, le cas de Manuel Baroso a été édifiant. Avec un tel tableau, on comprend mieux pourquoi les compromissions ou la corruption au sein des institutions de l'État deviennent la norme. On comprend mieux les "démissions" ou autres licenciements qui se succèdent au sein même des grands médias et la colère croissante des personnels des institutions régaliennes (police, gendarmerie et armée) qui subissent les mêmes dégradations de leur conditions de vie mais qui ont pour mission de combattre les mouvements de protestation et les manifestants au nom du "maintien de l'ordre". C'est pourquoi de plus en plus de mouvements se créent pour rétablir la démocratie, la souveraineté de l'État et notre indépendance en sortant légalement de "l'union" €uropéenne, de l'euro et de l'OTAN, par un #Frexit, à l'instar de ce qu'on obtenu les Britanniques par référendum en votant "Leave" à la majorité pour sortir légalement de l'UE en appliquant l'article 50. Bien évidemment, pas un mot, pas un représentant de ces mouvements dans les grands médias ou alors de simples passages furtifs et accidentels.

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FLORENT

Publié le 19 octobre 2016

Ces initiatives sont positives mais reste marginales, en tout cas pour le moment... Avec le numérique, il est vrai que ce sont les plus jeunes et plus diplômés qui créaient et rendent possible ces nouvelles structures plus démocratique que la très vielle 5ème république. C'est le début d'une nouvelle façon de faire la politique en tout cas qui a peut-être de l'avenir. Cela ne parlera surement pas aux plus âgés-conversateurs déconnectés des nouvelles technologies et encore crédules avec le système oligarchique et monarchique de l'élection et des pseudo-primaires LR et PS. La vraie démocratie cela sera quand on BOYCOTTERA l'élection présidentielle et quand on présentera des listes citoyennes tirées au sort et surtout expérimentera le tirage au sort pour écrire la constitution (européenne, nationale, régionale, municipale...), et NOS LOIS pour les faire appliquer à des mandaté-es contrôlé-es par TOUS! Pour cela Education populaire : asso, livres, mag, internet (surtout et encore). Se regrouper dans nos villages et villes pour débattre et expérimenter la méthode pour changer nos institutions avec le tirage au sort, car l'important n'est pas débattre sur le législatif mais de changer la méthode en redonnant le pouvoir aux citoyens! Florent - Le café démocratie de ROUEN

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Marie Paule

Publié le 19 octobre 2016

Sur toutes ces initiatives je viens de finir un super livre Le coup d'État citoyen. C'est aux editions La Decouverte.

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La redaction

Publié le 18 octobre 2016

Justement, les initiatives en avant dans l'article vont dans ce sens ! Remettre les citoyens au coeur du processus démocratique.

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