Planète

Entre tradition et innovation, ils préservent leur culture!

Publié le 7 octobre 2016

Riches de leur héritage culturel, des jeunes innovent pour préserver l’artisanat et les savoirs traditionnels en Martinique et en Guyane.

Herboristerie Créole : des remèdes bio innovants 

Situées en Martinique, au nord de Fort-de-France, les parcelles de terre de l’Herboristerie Créole, regorgent de verveine blanche, de groseilliers pays et d’atoumo. Les deux co-fondateurs de l’entreprise, Sévérine et son mari Rémi, se sont lancés en 2012 dans la culture et la transformation de plantes locales dans le respect de l’agriculture biologique.

C’est dommage d’importer des produits transformés à 8.000 kilomètres d’ici alors que nous avons tout sur place.

Rémi et Séverine, aujourd’hui trentenaires, ont découvert l’usage des plantes grâce à leurs grands-mères, respectivement espagnole et martiniquaise. « Quand j’étais petite, nous utilisions à la maison des rimèd razié, des remèdes traditionnels. Une fois adulte, c’était pour moi tout naturel de partager ces connaissances. Il est d’ailleurs fréquent que nous conseillions des personnes même en l’absence de transaction commerciale », précise Séverine.

herboristerie-creole-verveine-blanche-benoit-colinA l’Herboristerie Créole, entreprendre est aussi un acte militant. « Nous voulions permettre à nos clients de se soigner avec les plantes médicinales locales, souvent mal connues. C’est dommage d’importer des produits transformés à 8.000 kilomètres d’ici alors que nous avons tout sur place. Nous apportons donc notre pierre à l’édifice. »  

Passionnés et créatifs, Séverine et Rémi ne font pas que reproduire des schémas anciens. Ils innovent et s’adaptent aux tendances actuelles. Grâce à leur formation initiale d’ingénieur et avec l’appui d’experts, le couple a lancé la première gamme antillaise de compléments alimentaires produits à partir de plantes locales.

Association Walyku : une offre touristique originale dans un village amérindien 

Après des études dans les travaux publics, Francky, 26 ans aujourd’hui, rejoint son village natal, une communauté amérindienne de 142 habitants. Il y reprend les rênes de l’association Walyku et lance le premier projet touristique communautaire en Guyane. « Je ne voulais pas que les jeunes prennent des produits illicites et boivent de l’alcool. » 90% des jeunes du village étaient alors sans emploi.

Aujourd’hui, l’association compte 10 salariés, des jeunes de la communauté, et propose des circuits touristiques pour découvrir le mode de vie amérindien et l’artisanat local : gravure sur calebasse, confection de colliers, tir à l’arc, tressage de feuilles… « C’est ce que je voulais pour mon village. »

On ne sait pas où on va, alors, c’est important de savoir d’où l’on vient !

Face à une culture de l’oralité, Francky et l’équipe de Walyku se lancent actuellement dans la réalisation d’un livre pour inscrire, par écrit, les légendes et les savoirs traditionnels. « Certains, comme la poterie, ont déjà disparu ! » Grâce à sa curiosité d’esprit, le jeune homme en sait beaucoup sur sa culture. « Dès 8 ans, je posais des questions au shaman, à mon arrière-grand-mère, à ma grand-mère. Des chants traditionnels, j’en connais plein. J’ai aussi fait une initiation au shamanisme. »

Pour Francky, la préservation de sa culture est essentielle, surtout pour les nouvelles générations : « On passe beaucoup de temps à jouer sur nos portables et tout semble plus facile. Mais il ne faut pas oublier nos grands-parents qui souffraient avant pour s’alimenter, pour s’habiller et devaient tout faire eux-mêmes. A l’école, on nous parle de Christophe Colomb mais notre histoire c’est aussi celle de nos aïeux. On ne sait pas où on va, alors, c’est important de savoir d’où l’on vient ! »

Sud Botanique : la nouvelle génération formée à la culture des plantes locales

samantha-aci-sud-botanique-pauline-bian-gazeauA Sainte-Anne en Martinique, l’association Sud Botanique apprend à de jeunes martiniquais à cultiver les plantes aromatiques, cosmétiques et médicinales locales et à en connaître les propriétés.

Avant même son arrivée à la pépinière de Sud Botanique, Samantha, 26 ans, était une habituée du jardinage mais, ici, elle en apprend toujours plus sur les plantes. « Il y a trop de choses à découvrir. Je prends tout ce que l’on me donne : les conseils des clients, les lectures… ». Pour la jeune femme, préserver ce savoir est aussi une réponse aux problèmes de santé. « Les maladies qui se développent nous poussent à revoir nos habitudes ! »

stevin-2-aci-sud-botanique-pauline-bian-gazeauStevin, 20 ans, a découvert les plantes grâce à ses parents et a prévu de « tout apprendre à ses enfants ». La transmission a déjà commencé : il donne souvent des conseils à ses amis. « Par exemple, je leur ai expliqué qu’avec la graine de savonnette, plus besoin de savon. C’est pratique ! ». Mais pour Stevin, l’enjeu est plus large. « On ne devrait pas perdre la culture créole. Le tambour, les danses traditionnelles, le tour des yoles. C’est important. »

Image writer

Rédigé par

Pauline Bian-Gazeau

1 commentaire

Cliquez sur le + pour voir les commentaires. Et remplissez le formulaire ci-dessous pour commenter un article.
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

image commentary

Jacques ka

Publié le 07 octobre 2016

Très bien, je regarderai plus tard. A bientôt.

Sur le même thème

Décryptage

  • Recycles © Kamel Secraoui

    Quand les chambres à air deviennent ceinture et les mobiles retrouvent une jeunesse

    Lire la suite
  • L’ESS, à quoi ça sert ?

    Lire la suite
  • La finance solidaire, ça concerne tout le monde!

    Lire la suite
  • C’est quoi, l’économie circulaire?

    Lire la suite

Say yess tv

  • Comment changer de métier ?

    Béatrice Moulin et Clara de Switch Collective
    icone-youtube-play

    Par: Changer le monde en 2 heures

  • Le métier d’agent-e d’entretien d’espaces verts

    Agent d'entretien des espaces verts - Uniformation
    icone-youtube-play

    Par: Uniformation

  • Vivre sans déchets

    Vivre sans déchets - L'Echo positif
    icone-youtube-play

    Par: L'Echo Positif

Nos derniers articles

Xoel ramasse des haricots secs.
Planète

Maraîchage bio : l’insertion par la case nature

Partout en France, des chantiers d’insertion accueillent des publics éloignés du marché du travail. Avec le travail de la terre, c’est la confiance en soi et les projets professionnels qui se renforcent.

Rédigé par Marie Le Douaran
le 20 octobre 2017 En savoir plus

Citoyenneté

Des labos citoyens vous embarquent dans la recherche

Pour faire face au manque de moyens des laboratoires publics ou au cloisonnement des disciplines, des scientifiques sortent des labos traditionnels et mènent leurs recherches avec l'aide des citoyens.

Rédigé par Marie Le Douaran
le 13 octobre 2017 En savoir plus

Pique nique avec des réfugiés à Meyrargues.
Solidarités

Bienvenue dans nos villages !

Face au phénomène de désertification rurale, l’arrivée de demandeurs d’asile originaires de Syrie, d’Erythrée, de Somalie, de Tchétchénie ou encore du Soudan apporte un nouveau souffle dans des villages de France.

Rédigé par Pauline Bian-Gazeau
le 11 octobre 2017 En savoir plus

Afin d'améliorer votre expérience, Say Yess utilise des cookies. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation des cookies, pour nous aider à analyser les audiences de ce site.
En savoir plus
Votre commentaire a bien été soumis. Il est en attente de validation.