Agir au quotidien

Des produits plus frais au prix juste : la promesse des circuits courts

Publié le 28 septembre 2016

Les initiatives se multiplient pour "court-circuiter" les intermédiaires dans l'alimentation. Ce mode de commercialisation permet aux producteurs de proposer des produits frais et locaux au prix juste. Tour d'horizon de projets intéressants à la ville et à la campagne.

paniers-kelbongooDans une rue du 20e arrondissement de Paris, le local de Kelbongoo accueille les clients, panier vide à la main. En ce mercredi, jour de distribution, Astrid, 33 ans, est venue du 14e arrondissement pour récupérer sa commande. Convaincue d’avoir trouvé le système de circuits-courts le plus adapté à ses besoins, elle n’hésite pas à traverser Paris après le travail : «  Le principe me correspond bien, je peux choisir quand je commande, la quantité et les produits,  raconte avec enthousiasme la jeune femme. Les tarifs sont vraiment intéressants et les légumes toujours frais ! »

Après avoir commandé en ligne, le client choisit son jour de distribution (le mercredi ou le samedi) et récupère ensuite ses fruits et légumes et autres produits d’épicerie : jus de fruits, fromage, viande ou encore gâteaux. Ici, toutes les denrées proviennent de l’agriculture bio ou raisonnée et les fermes sont situées en Picardie, à moins de 250 kilomètres de Paris.

Mutualiser les coûts de transport

kelbongoo-yaourtsProposer des prix attractifs est l’un des points forts de Kelbongoo.  Comptez 2,74 € le kilo de courgettes bio, 2,15€ les 6 œufs frais bio et 4€ le kilo de tomates anciennes bio. Pour tenir cet objectif, la structure mutualise les coûts de transport. « Ce sont les producteurs qui fixent leur prix et nous on prend en charge la logistique. Ils ont juste à déposer leur production dans le point relais le plus proche de chez eux », explique Xavier Vander Auwera, l’un des 15 salariés de Kelbongoo, en charge de la communication et de la logistique. Les marges n’ont rien à voir avec celles des grandes surfaces : 80% de ce que paient Astrid et les autres clients va directement dans la poche des producteurs.

Preuve que le modèle séduit, deux nouveaux espaces vont bientôt ouvrir à Paris dont une halle alimentaire de près de 175 mètres carrés. Attendue pour le printemps 2017, elle se situera rue Bichat grâce à la mobilisation d’un collectif d’habitants. « En plus de la partie commerciale, ce local ouvert sur le quartier sera un lieu d’éducation populaire en lien avec l’alimentation, avec l’organisation d’ateliers, de débats et de projections », précise Xavier.

Gagner un jour de fraîcheur

A Bordeaux aussi, des producteurs s’organisent. Coopérative à destination des professionnels, Loc’Halle Bio réunit des producteurs de fruits et légumes bio, tous situés à moins de 150 kilomètres de l’agglomération. Destinée aux commerçants et restaurateurs de l’agglomération bordelaise, la structure mutualise également les frais logistiques entre les fournisseurs, pour garantir des prix compétitifs. « Notre système permet une meilleure rémunération des producteurs et notre ambition est de soutenir les nouveaux exploitants, précise Jean-Christophe Mado, producteur salarié de Loc’Halle Bio. Par rapport à un mode de commercialisation conventionnel, le gain est d’environ 30 centimes par kilo. Et l’on gagne un jour de fraîcheur en plus en supprimant les intermédiaires. »

Autre initiative qui favorise les circuits-courts en milieu rural : les Drives fermiers, un système qui propose la commande par internet de produits locaux, fermiers et de saison issus des producteurs d’un même territoire. Le jour J, il suffit de passer, en voiture, récupérer son panier. Plus de 80 relais de ce type sont recensés dans toute la France. Un beau succès pour ces structures qui rapprochent producteurs et consommateurs.

Vous voulez d’autres idées pour manger local et intelligent ? Say Yess vous avait déjà parlé de plusieurs initiatives de circuits courts ainsi que de ces restaurants de Lyon qui misent sur la proximité. Bon appétit !

Crédit photo : Johnny Yim

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Déborah Antoinat

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