Culture

Le Labo des histoires : la plume à portée de tous

Publié le 23 septembre 2016

"Ouvrir la boîte de Pandore pour libérer les imaginations." C'est l'objectif que se fixe le Labo des histoires. Cette association promeut l'écriture sous toutes ses formes et propose des ateliers gratuits pour les moins de 25 ans. En 2017, ils essaimeront dans toute la France.

Une après-midi de juillet. Le long des berges du canal de l’Ourcq à Pantin (Seine-Saint-Denis) la fête du livre pour la jeunesse, Partir en livre, bat son plein. Sous des chapiteaux blancs, des myriades d’enfants et d’ados lisent, calés sur des poufs ou sur le sol. D’autres groupes assistent à des lectures ou embarquent sur des péniches, pour des jeux et pour des « croisières littéraires ». Tout au fond, près de la grande scène, nous trouvons ce que nous cherchons : un bus RATP. Oui, vous avez bien lu !

L’écriture, « parent pauvre » de la culture

Aménagé en bibliothèque, le « Pop up Bus » accueille les ateliers d’écriture du Labo des histoires. Autour de larges tables en bois installées à proximité, des enfants de 6 à 12 ans sont penchés sur leur feuille. Leur mission : inventer les aventures de Jules, un personnage créé par l’auteure Carole Trébor dans le cadre de la série à succès U4. Il y a ceux qui sont concentrés sur leur texte ou leur dessin, ceux qui plaisantent avec les animateurs, ceux qui comparent leurs œuvres respectives…

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Nous nous installons à l’écart avec Charles Autheman, le jeune secrétaire général du Labo des histoires. Créée en 2011, l’association propose des ateliers d’écriture gratuits pour les moins de 25 ans dans de nombreuses villes de France. Roman, scénario, poésie, paroles de chansons, BD… aucune forme n’est oubliée. « Nous sommes partis du constat que le maillage territorial pour les jeunes est important et de qualité en ce qui concerne la pratique de la musique, des arts plastiques ou du spectacle vivant, mais qu’en revanche l’écriture fait figure de parent pauvre. »

Toucher 50.000 jeunes en 2017

D’abord strictement parisien, le Labo des histoires a vite créé de nouvelles antennes de la Lorraine à la Martinique et du Pas-de-Calais aux Alpes. Un déploiement accompagné par La France s’engage, label lancé par la présidence de la République pour récompenser des « projets innovants pour la société » et par de nombreux partenaires. « Fin 2017, le Labo des histoires comptera 15 antennes. Nous toucherons alors 50.000 jeunes par an », s’enthousiasme Charles Autheman.

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Mais pas question de faire cavalier seul, insiste-t-il : « Notre objectif est de travailler avec ceux qui le font déjà. On agrège, on accompagne, on co-crée, on co-finance… » A ses côtés, la directrice de l’antenne parisienne, Marine Noé, évoque ainsi des partenariats avec la Bibliothèque du Centre Pompidou ou le Théâtre Paris-Villette. « Nous avons monté un stage de création d’un livre numérique avec la Cité des Sciences », dit-elle.

« Ne priver personne »

Et Marine Noé de poursuivre : « Notre programme est constitué d’ateliers à la carte tout au long de l’année : des cycles longs, des stages pendant les vacances, des master classes… ». Le Labo des histoires de Paris intervient dans une dizaine d’écoles primaires, des collèges et des lycées. Les intervenants sont des professionnels de l’écriture – journalistes, auteurs, poètes… – rémunérés pour leur activité. « On ne veut priver personne : les passionnés, ceux qui savent à peine écrire, les jeunes en détention, en service militaire adapté, à l’hôpital… « , complète Charles Autheman.
Le Labo des histoires intervient dans neuf hôpitaux et a notamment monté un partenariat avec l’Ides au profit des jeunes malvoyants, soutenu par la Fondation Antoine de Saint-Exupéry.

Avant de partir, nous abordons l’un des animateurs d’ateliers : le dessinateur Jonathan Eliaszewicz, alias Elias-J. « Les jeunes ont un point de vue différent, plus innocent, explique-t-il tout en dessinant un personnage en style manga. On change sa manière de voir, on développe son imagination. Une fois qu’ils ont écrit, ils lisent leur travail devant tout le monde. On se fiche de la grammaire, de l’orthographe. Le but c’est de leur donner confiance, de développer leur personnalité. » Parfois, pour changer le monde, quelques crayons à papier suffisent…

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Écrire toute la vie

Si le Labo des histoires cible les moins de 25 ans, de nombreuses associations s’adressent à un public plus âgé. C’est le cas de l’association Ecrits qui, en plus d’ateliers pour les jeunes, intervient dans des maisons de retraites ou auprès de personnes en insertion.

Crédits photo : Anaëlle Guisset / Isabelle Nègre

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Anaëlle Guisset

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