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Auditeur: comprendre de manière concrète un système complexe

Jérôme Delorme, 30 ans, travaille depuis six ans au Crédit Coopératif. Après y avoir été chargé d'études à la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises), il y est aujourd'hui auditeur. Il nous raconte son métier et son parcours.

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Image d'illustration.

La crise financière, un révélateur de vocation ? Pour Jérôme Delorme, en 2007, elle a bien eu cet effet. “Je me suis rendu compte à quel point l’impact de la finance sur l’état de notre société était important et qu’il pouvait être positif comme négatif. Et je me suis interrogé : Comment travailler pour que cet outil qu’est la finance reste quelque chose de vertueux? »

jeromeAujourd’hui, en tant qu’auditeur au Crédit Coopératif, une banque coopérative, il réalise des missions sur des activités ou des unités de la structure pour évaluer le risque financier, le risque opérationnel ou le risque de conformité. “L’audit interne permet de donner un regard distancié à la Direction générale sur le fonctionnement de son entreprise”, précise-t-il.

Au sein d’une équipe d’une vingtaine de personnes, ses journées sont rythmées par un gros travail sur des bases de données, mais aussi beaucoup d’entretiens avec les personnes qu’il « audite ». Son objectif ? Rendre, sur un sujet, un rapport le plus précis et le plus utile possible. Et cela peut concerner tous les domaines de l’entreprise, qui emploie 2.000 personnes, comme par exemple l’environnement de travail. Le problème peut être au niveau humain, immobilier… “Ce qui est compliqué, c’est de les prioriser. »

“Curieux, attentif aux détails, et humble”

La curiosité, une qualité bienvenue pour pouvoir être auditeur, selon Jérôme. “C’est un métier qui permet de découvrir énormément de facettes d’un même sujet: la dimension humaine, organisationnelle, juridique, informatique, et commerciale/financière. Ça m’a permis de comprendre les rouages essentiels d’une banque. C’est un poste qui demande de comprendre de manière concrète comment fonctionne un système complexe. » Les deux autres qualités nécessaires qu’il mentionne : “attentif aux détails, et assez humble : on a affaire à des gens qui en savent plus que nous. »

Lors de ses débuts professionnels dans la finance, il reconnaît avoir eu une vision “très néophyte” du sujet avec, sous le bras, des idées préconçues. Il travaillait sur des sujets de développement durable appliqués à la finance et dans ce but, il avait besoin de comprendre le fonctionnement d’une banque. En tant que chargé d’études à la RSE (du Crédit Coopératif), Jérôme s’est retrouvé au cœur des sujets qui l’intéressaient, et qui restent d’actualité. “Mes grandes fiertés d’alors, c‘est d’avoir pu travailler sur des services financiers concrets et différents, des services financiers utiles parce que transparents… »

Ce qu’il aime le moins dans son travail ? “De ne pas avoir le temps suffisant pour suivre concrètement les recommandations qu’on fait”, répond-il spontanément. Mais l’ancien étudiant est toujours aussi motivé par son métier et surtout le fonctionnement de sa banque : “L’idée de coopérative, comme l’idée d’open source, c’est idéaliste et pragmatique en même temps.”

Parcours

Après un bac ES, Jérôme a intégré l’IEP de Grenoble pour faire un Master Études Européennes – spécialité lobbying et société civile : “Ça m’intéressait beaucoup de voir comment la finance utilisait le lobbying à Bruxelles, et au même moment où j’étais à Bruxelles (dès 2009), s’est créée dans la capitale belge “Finance Watch”, ce contre-pouvoir fondamental dans la question de la finance, domaine très technique”.

Jérôme a fini ses études à PlaNet Finance (aujourd’hui Positive Planet) et y a enchaîné une mission de quatre mois à l’étranger. Il décroche son premier emploi en 2009 à Bruxelles dans l’Association Européenne des Banques coopératives. Il était chargé de suivi de deux groupes de travail (dont les thèmes étaient: le dialogue social et le développement durable).

Enfin, depuis six ans, il travaille au Crédit Coopératif, d’abord en tant que chargé d’études RSE, à la mission Développement durable. Depuis plus de deux ans, il y est chargé d’audit.

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Auteur de l'article : Virginie De Gouveia

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