Dis-moi pourquoi tu bosses

Garde de réserve naturelle : « mon masque de plongée et je suis le plus heureux ! »

Publié le 26 septembre 2016

Clément Lelabousse, 32 ans, est un amoureux des fonds marins. Cette passion l’a guidé tout au long de son parcours, depuis le choix de sa licence à son poste de garde d’une réserve naturelle gérée par l’association des naturalistes de Mayotte.

DCIM100GOPRO

« A 18 ans, je suis entré à la fac parce que j’étais passionné par la mer mais sans idée précise sur la suite. J’ai finalement fait neuf ans d’études ! » Le jeune homme a débuté par une licence en sciences de la terre et de la mer à l’Université de Bordeaux 1 avant de se spécialiser rapidement en biologie et géochimie marine.

 « Je ne suis pas capable de rester derrière l’ordinateur »

Des séjours en station océanographique organisés par la fac et des premiers stages l’orientent rapidement vers un métier de terrain. « J’ai réalisé un stage facultatif dès l’obtention de ma licence. Parcourant le littoral en quad, je recueillais des données précises sur la morphologie des plages pour évaluer leur tendance à l’érosion selon leur degré de fréquentation. J’ai besoin de concret. Cela peut être sur terre, sur mer ou sur une paillasse de laboratoire mais je ne suis pas capable de rester derrière l’ordinateur. »

Clément obtient son Master 2 et décide de poursuivre avec une thèse. Une expérience qui renforce son goût du voyage. « A la fois étudiant et salarié, j’ai mené pendant quatre ans des travaux de recherche sur l’étude des coraux fossiles. J’ai beaucoup aimé car j’étais amené à voyager pour tester de nouvelles machines et des outils dans différents laboratoires européens. »

Deux ans pour décrocher le poste idéal

Exigeant, le Docteur Clément met deux ans à dénicher un premier poste qui corresponde à ses attentes. « Je n’ai pas fait autant d’années d’études pour accepter n’importe quoi ! »  Il met à profit cette période de recherche pour créer l’association Océan’Obs, spécialisée dans l’observation de la biodiversité marine dans le bassin d’Arcachon et qui emploie aujourd’hui deux personnes.

Il quitte Bordeaux pour Mayotte et un poste d’auxiliaire scientifique au Parc naturel marin de l’île. Il y étudie les coraux, l’état de santé des récifs et des herbiers sous-marins et assure le suivi des mammifères marins. « J’ai mené des actions inédites : participer à des actions anti-braconnage, recueillir des tortues et les soigner… Cette diversité me plaît ! »

Un îlot comme bureau

Grâce à cette expérience, il obtient un CDI au sein de l’association des naturalistes de Mayotte. Gardien technique de la réserve naturelle de l’îlot M’Bouzi, il participe au comptage des tortues marines, mène des actions de sensibilisation du grand public…

Plongeur confirmé, Clément assure également le suivi des coraux et de la faune marine. « Dans le lagon et sur les sites, c’est une explosion de vie permanente ! » Il travaillera bientôt à la création d’un sentier sous-marin pour permettre au grand public de découvrir la biodiversité en se baladant avec masque et tuba.

La petite équipe de trois personnes en charge de la préservation de l’îlot compte une conservatrice et un technicien. Evoluer dans une structure associative est nouveau pour Clément. « C’est différent de ce que je connaissais. Nous avons moins de moyens que dans ma structure précédente mais plus de liberté. Nous pouvons lancer des projets rapidement. »

Passionné d’écologie

Pour Clément, plongée sous-marine et prise de conscience écologique vont de pair. Il partage ces valeurs avec toute l’équipe de l’association. « Nous sommes persuadés qu’il faut travailler avec les jeunes et les sensibiliser. Mes collègues mettent en place des initiatives dans les domaines du covoiturage, de la consommation énergétique… »

L’implication de Clément pour la préservation de la faune et flore marine dépasse les 39 heures de travail contractuelles. Bénévole d’Oulanga Na Nyamba, il forme des volontaires à l’observation de la ponte des tortues sur les plages de Mayotte. Et, même à distance, il continue à présider l’association Océan’Obs.

Si son salaire de 1700 € net est en décalage avec son niveau de formation, Clément ne regrette rien. « Je veux m’épanouir dans mon travail et c’est ce qui se passe. Je fais ce métier par passion ».

Pour aller plus loin

Découvrir le métier d’océanographe et celui de plongeur professionnel.

Devenir écovolontaire pour l’association de protection des tortues marines de Mayotte : Oulanga Na Nyamba.

Participer à la collecte de données environnementales sur le milieu marin avec Océan’Obs.

 

Image writer

Rédigé par

Pauline Bian-Gazeau

0 commentaire

Cliquez sur le + pour voir les commentaires. Et remplissez le formulaire ci-dessous pour commenter un article.
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Sur le même thème

Décryptage

  • Co-création : entreprises classiques et sociales alliées pour la bonne cause

    Lire la suite
  • Modèle économique entreprise ESS

    À quoi ressemble le modèle économique d’une entreprise de l’ESS ?

    Lire la suite
  • Recycles © Kamel Secraoui

    Quand les chambres à air deviennent ceinture et les mobiles retrouvent une jeunesse

    Lire la suite
  • L’ESS, à quoi ça sert ?

    Lire la suite

Say yess tv

  • Ensemble, ici et maintenant

    icone-youtube-play

    Par: Step Aside Project

  • L’affranchi jardinier

    icone-youtube-play

    Par: Step Aside Project

  • Le tourisme m’a sauvé

    Alternative Urbaine à Paris - Solidarum
    icone-youtube-play

    Par: Solidarum

Nos derniers articles

Culture

La Bénévolante : l’insertion socio-professionnelle version festive

A Toulouse, une association propose à des jeunes en difficulté sociale ou scolaire un grand bain de culture. Bénévoles sur des festivals, c'est aussi une manière de faire naître des vocations lors de ces joyeux chantiers.

Rédigé par Claire Villard
le 14 juin 2018 En savoir plus

Citoyenneté

Jeunes à la Croix-Rouge : « Arrêter mon engagement, ce n’est pas possible ! »

Bénévoles ou volontaires, 13 000 jeunes s’impliquent dans les missions de l’association française. Témoignages de deux d’entre eux.

Rédigé par Say Yess
le 12 juin 2018 En savoir plus

Solidarités

Retrouver du lien grâce à la cuisine

Visant à rompre l’isolement des habitants d’un quartier, les Petites Cantines proposent des moments de cuisine participative pour retrouver du lien. Les établissements se multiplient à Lyon. Et prochainement dans d’autres villes.

Rédigé par Jérémy Pain
le 7 juin 2018 En savoir plus

Afin d'améliorer votre expérience, Say Yess utilise des cookies. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation des cookies, pour nous aider à analyser les audiences de ce site.
En savoir plus
Votre commentaire a bien été soumis. Il est en attente de validation.