Culture

Tous polyglottes !

Publié le 21 juillet 2016

Nul(le) en langues, vraiment? Avez-vous essayé de dépasser le cadre de la grammaire pour découvrir d’autres cultures à travers l’apprentissage linguistique? Quand apprendre des langues ouvre les horizons... et l'esprit !

Et si apprendre une langue, ce n’était pas seulement réciter une liste de verbes irréguliers ? A Toulouse, la Caravane des Langues va à la rencontre de petits et grands pour donner envie d’apprendre d’autres langages. L’association éveille ainsi « le polyglotte qui sommeille en chacun de nous ». « Nous souhaitons rompre avec le modèle scolaire assez hiérarchique et cadré en proposant une approche horizontale, où chacun puisse s’exprimer, même avec quelques mots », explique Ana, membre de l’association.

Aujourd’hui, l’asso prépare une intervention à l’Expo-sciences de Toulouse, une rencontre européenne qui regroupe des personnes de 33 pays : « Nous interviendrons le premier jour de l’événement pour encourager les rencontres. » Pour dépasser la frontière linguistique, la Caravane des Langues apporte une mallette remplie de jeux, notamment basés sur le théâtre. « On commence avec des mimes puis on va vers des activités plus verbales, par exemple avec des chiffres de un à dix, décrit Ana. Chacun doit retrouver un numéro décliné en plusieurs langues, par exemple quatre, quattro en italien, cuatro en espagnol. » Et ça fonctionne ! Depuis deux ans, les ateliers de l’association permettent de donner envie d’apprendre autrement. Les participants en sortent désinhibés.

Un prétexte pour s’intéresser à la culture de l’autre

A Expo-sciences, la langue de communication sera l’anglais. « Mais connaître l’anglais ne veut pas dire le pratiquer, précise Ana. Et puis c’est important de s’intéresser aux langues de chacun. » En fait, la langue devient vite un prétexte pour échanger et s’intéresser aux autres. Pas besoin de parler couramment japonais ou basque pour animer un atelier dans ces langues, selon Ana. Car il suffit de quelques mots et gestes pour pouvoir communiquer et encourager la découverte linguistique.

La Caravane des Langues n’est pas seule sur la route pour délier les langues. A travers le concept d’« intercompréhension », il n’est plus question de parler comme un Anglais ou un Espagnol mais d’appréhender d’autres langues et cultures pour plus de tolérance.

A Paris, par exemple, en 2004, deux professeurs d’arabe et d’hébreu ont décidé de créer un lieu où il ne soit question ni de politique ni de religion. L’association Parler en paix propose d’apprendre les deux langues en parallèle.

« Comme d’autres associations, on constate depuis l’après Charlie un regain d’intérêt pour l’engagement, notamment de jeunes, affirme Véronique, présidente de l’association. Nous avons dû dédoubler nos groupes de grands débutants. » Un soir par semaine, les adhérents apprennent une langue puis l’autre. Trois heures entrecoupée d’une pause informelle où chacun amène quelque chose à partager. Et les ponts entre les deux langues et cultures sont plus importants qu’on ne le pense. A commencer par le mot « paix » : « Salaam » et « Shalom ».Langues salam shalom

Plusieurs Moocs universitaires présentent le concept de l’intercompréhension, comme celui organisé par l’Organisation Internationale de la Francophonie.  Ils mettent en avant une certaine logique pour passer d’une langue à l’autre.  Après plusieurs projets européens, le réseau universitaire Miriadi a mis en place une plateforme de ressources pour développer l’apprentissage simultané des langues romanes (issues du latin).

Crédits photos : Caravane des Langues / Strassenfotografie hamburg, via FlickR

Image writer

Rédigé par

Caroline Venaille

1 commentaire

Cliquez sur le + pour voir les commentaires. Et remplissez le formulaire ci-dessous pour commenter un article.
Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

image commentary

Et si on parlait langues ? | Caroline Venaille

Publié le 04 avril 2017

[…] Tous polyglottes, Say Yess, juillet 2016 […]

Sur le même thème

Décryptage

  • Modèle économique entreprise ESS

    À quoi ressemble le modèle économique d’une entreprise de l’ESS ?

    Lire la suite
  • Recycles © Kamel Secraoui

    Quand les chambres à air deviennent ceinture et les mobiles retrouvent une jeunesse

    Lire la suite
  • L’ESS, à quoi ça sert ?

    Lire la suite
  • La finance solidaire, ça concerne tout le monde!

    Lire la suite

Say yess tv

  • Nettoyer sa plage et le reste suivra…

    Association Les Gardiens du littoral à Mayotte  - Solidarum
    icone-youtube-play

    Par: Solidarum

  • Le métier de gestionnaire de stock

    Le métier de gestionnaire de stock - Uniformation
    icone-youtube-play

    Par: Uniformation

  • Le métier d’agent-e valoriste

    Métier de valoriste -
 Uniformation
    icone-youtube-play

    Par: Uniformation

Nos derniers articles

Entreprendre, mode d'emploi

Les agriculteurs reprennent la main sur la machine

Renouer avec des savoirs paysans oubliés afin de retrouver une autonomie vis à vis d’un matériel agricole de plus en plus cher et sophistiqué. C’est l’objectif des formations d’auto-construction dispensées par l’Atelier paysan. Entraide et de partage d’expériences.

Rédigé par Jérémy Pain
le 16 février 2018 En savoir plus

Solidarités

Ils soignent les animaux des plus démunis

Pas facile de bien nourrir ou de faire soigner son animal lorsqu’on peine soi-même à terminer le mois. Voire lorsqu’on est à la rue. Plusieurs structures et initiatives existent, pour tenter de garantir une “ égalité des chances “ à nos compagnons.

Rédigé par Claire Villard
le 14 février 2018 En savoir plus

Citoyenneté

Fiona, scout chez EEDF : « Lorsque l’on s’engage, on s’engage aussi auprès des autres »

A 30 ans, Fiona est professeur d’italien et professeur de français langues étrangères. Elle est engagée depuis son adolescence chez les Éclaireuses et Éclaireurs de France, une association de scoutisme laïque inscrit dans l’éducation populaire.

Rédigé par Déborah Antoinat
le 9 février 2018 En savoir plus

Afin d'améliorer votre expérience, Say Yess utilise des cookies. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation des cookies, pour nous aider à analyser les audiences de ce site.
En savoir plus
Votre commentaire a bien été soumis. Il est en attente de validation.