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Éviter les hics avec les TIC

Publié le 12 juillet 2016

Comment aider les jeunes à surfer sans danger? Zoom sur deux associations qui interviennent auprès des enfants, des ados et des adultes, pour les informer des dangers liés à l'utilisation d'internet.

Mauvaise rencontre, exposition à des contenus pornographiques ou violents, usage abusif, cyber-harcèlement… Les dangers du web sont multiples et l’hyper-connexion des jeunes s’intensifie. D’après Médiamétrie, plus de 9 enfants sur dix (4-14 ans) avaient surfé sur internet en octobre 2015. Dans une autre enquête, l’association Génération numérique révèle que près de deux tiers des jeunes de 11-18 ans sont inscrits à un ou plusieurs réseaux sociaux.

Permettre aux mineurs d’utiliser internet avec un maximum de sécurité, c’est la mission de l’association e-Enfance. Estelle Lory, 21 ans, en Service Civique, intervient dans toute la France auprès d’élèves du CE2 à la seconde. Après un quizz pour tester leurs connaissances, elle leur explique notamment comment protéger leurs informations personnelles, leurs mots de passe ou leur géolocalisation.

Développer le dialogue et responsabiliser les élèves

Concernant le harcèlement, elle leur rappelle que les internautes ont des devoirs et qu’il n’y a pas de spectateurs neutres : « Certains ne veulent pas en parler de peur d’être traités de ‘balances’. Moi j’utilise le terme de ‘témoin’. Je leur conseille d’en parler à un adulte en qui ils ont confiance et j’évoque la non-assistance à personne en danger : qu’ils en aient envie ou non, ils doivent réagir.”

De l’importance d’avoir un mot de passe sécurisé à la capture d’écran pour garder des preuves, Estelle aborde tout et donne des astuces. Les temps d’intervention et les thématiques diffèrent selon les classes, mais un échange – essentiel – a lieu à chaque fois. « Il est déjà arrivé que, au deuxième jour d’intervention, l’infirmière de l’établissement m’informe que 3-4 élèves étaient venus lui parler de cas de harcèlement. »

En Suisse, Action Innocence sensibilise elle aussi aux dangers liés aux TIC (Technologies de l’Information et de la Communication). Pour les parents et les ados, l’association organise notamment un spectacle-débat qui démarre avec trois mots donnés par le public, et le sketch de comédiens-improvisateurs. A la fin de chaque scène, place à la réflexion.

“Que les adultes s’intéressent à ce que font les jeunes”

“Dans tous nos modules, on présente aux élèves des situations qui peuvent arriver. Pour qu’eux-mêmes réfléchissent aux solutions. Et en général, ils sont très pertinents”, explique Tiziana Bellucci, directrice générale de l’association. “On rencontre des enfants tous les jours dans les écoles, ce sont eux qui nous parlent de leurs expériences…”

« Il y a toujours des parents surpris de ce que leur enfant peut faire sans qu’ils le sachent, comme utiliser certains paramètres pour ne leur montrer qu’un profil idéal sur les réseaux», remarque Estelle, de e-Enfance. Elle leur recommande de communiquer avec leurs enfants, de les accompagner mais aussi de les solliciter s’ils ne comprennent pas des choses sur le net : “Ça peut renforcer les liens parents-enfants.”

Estelle constate que certains se retrouvent démunis quand des problèmes surviennent. « Une maman m’avait dit faire confiance à sa fille de 12 ans mais qu’un jour elle était venue la voir en pleurant car elle avait envoyé des photos d’elle nue à un inconnu.»

Action Innocence a mis sur pied une formation pour les professionnels de l’éducation, de la santé et du social. « Les adultes utilisent internet mais n’ont pas conscience de ce que les jeunes y font. Il faut s’y intéresser ! » affirme Tiziana Bellucci. Vigilance et communication sont les maîtres-mots. Et pour ceux qui voudraient aller plus loin, voici une e-formation aux usages responsables d’internet.

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Rédigé par

Virginie De Gouveia

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