Solidarités

Sans A_: aider, ensemble, les invisibles

Publié le 9 juin 2016

Le média qui donne de la visibilité aux sans-abris et aux sans-attention lance une nouvelle version dans laquelle les lecteurs deviendront acteurs des solutions.

Qu’est-ce qui relie Sofia, 57 ans, Nicolas, 40 ans ou encore Anne, mère de deux enfants ? Tous les trois font partie des « invisibles » auxquels le média Sans A_ consacre des portraits. La première, en attente d’un logement social, vit dans une « petite boite d’allumettes » de 7m2, insalubre. Le second a plongé dans la dépression après le suicide de son père. La dernière a connu l’inceste, la rue et les viols.

Sans A_ propose un coup de projecteur sur ceux dont on ne parle jamais. Une plongée dans leurs histoires, avec leurs galères mais aussi leurs petits bonheurs. L’idée est née il y a deux ans, dans l’esprit de Martin Besson, âgé aujourd’hui de 20 ans. Alors étudiant, il se glisse le temps d’une journée dans la peau d’un sans abri. Bouleversé par l’indifférence des passants, il choisit d’écrire pour chambouler les préjugés. « J’ai voulu rendre visible les invisibles, les personnes sans-abri », explique Martin. Ainsi que les problèmes qu’ils rencontrent. Depuis, le média donne la parole à tous ceux qui manquent de visibilité.

Du coup de projecteur à l’impact

Léa Giroud a rejoint l’équipe de Sans A_ depuis 6 mois. Exerçant une activité à mi-temps en parallèle, elle a souhaité s’impliquer dans ce traitement de l’information, « sans misérabilisme ». « En tant que journaliste, ce qui m’intéresse, c’est le traitement juste de problématiques dont on entend peu parler », souligne-t-elle.

Aujourd’hui le site rassemble 10.000 visiteurs par mois. Et l’équipe a envie d’aller plus loin. « A chaque portrait, explique Léa, responsable vidéos, nous recevons énormément de retours de lecteurs, qui se proposent d’aider. Aussi, nous avons voulu passer à l’étape d’après, avec de l’impact ».

Création d’une communauté active

Concrètement, les lecteurs seront « impliqués dès la conférence de rédaction », qui sera ouverte et filmée. Le média interagira avec eux sur les réseaux sociaux: Instagram, Snapchat, Periscope, etc. en y diffusant une partie de ses contenus. Chaque mois représentera une saison et suivra une problématique, autour de l’histoire d’une personne. Dessins de presse, analyses, expositions, nouvelles ou reportages : les formats seront variés et impliqueront au maximum les lecteurs, qui pourront proposer, par exemple, des contenus et participer à des rencontres.

« Nous voulons créer une communauté active qui prenne en main le problème de la personne », précise Léa. Avec un objectif : l’aider, en un mois. « Il pourra s’agir de retrouver un membre de sa famille, acheter un ordinateur ou accéder à une formation, par exemple », détaille la jeune femme. « C’est grâce aux lecteurs qu’on pourra trouver des solutions », renchérit Martin. « Il faut arrêter de les prendre pour des cons et les impliquer ! ». Du journalisme de solutions à destination des plus démunis.

Afin de mener à bien son projet, Sans A_ a lancé une campagne de crowdfunding sur Ulule.
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Rédigé par

Oriane Raffin

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