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Upcycling: « pourquoi jeter un vêtement quand on peut en faire un nouvel objet? »

Publié le 30 mai 2016

Des doigts de fées récupèrent de vieux tissus et des déchets pour leur donner une seconde vie… Rencontre avec des créatrices qui misent sur le recyclage.

Oreilles en fausse fourrure rouge, boutons dépareillés en guise d’yeux , ventre sans doute découpé dans une ancienne chemise… les doudous  et petits monstres amoureusement cousus par Nata, de la marque Lutins du monde sont tous uniques et surtout, issus de la récup’.

lapinCette couturière autodidacte âgée de 45 ans qui a « toujours aimé bidouiller », a commencé la création de doudous à la naissance de sa fille. « Utiliser des matériaux de récup’ a été une évidence dès le début. Je suis écolo dans l’âme, je consomme bio dans la mesure du possible et fais de la récup’ depuis longtemps, explique Nata. J’ai tout de suite créé naturellement de cette façon. Pourquoi jeter un vêtement, des boutons, une fermeture éclair, alors qu’on peut en faire un nouvel objet ? »

“Ca a un côté magique”

Chambres à air, bâches publicitaires, capsules de cafés ou encore canettes de soda… tout se prête à la création ! Anne-Lise, des Filles à retordre, s’enthousiasme : “Ca a un côté magique de récupérer des chambres à air de tracteur qui ressortent en sac à main au bras d’une femme quelques mois plus tard !”. Travailler à partir de déchets, c’est pour elle “une source de créativité géniale”. Un atelier de piano nous a proposé de vieilles cordes, souples mais résistantes. Un fromager nous livre des grosses boîtes : on se demande à chaque fois ce qu’on va bien pouvoir en faire… ça développe de manière hallucinante la créativité. Et ça devient une force !”.

braceletsLes créatrices s’activent donc pour trouver leurs matières premières. “J’aime chiner toutes sortes de matériaux, notamment lors de mes voyages, des coupons, boutons, grelots, broderies ethniques… Je me fournis beaucoup aussi dans les recycleries, comme la Petite Rockette, et de plus en plus de créatrices autour de moi me donnent leurs chutes de tissus dont elles n’ont plus besoin”, explique Nata. Les Filles à retordre, elles, ont noué des partenariats avec des structures voisines et reçoivent régulièrement des propositions de personnes de leur quartier.

Un métier-passion

Au fur et à mesure, Nata a quitté son métier d’assistante de production dans le cinéma pour se consacrer complètement à sa marque, en 2012. Anne-Lise et son associée Marie ont elles aussi quitté leurs emplois pour se lancer dans la création. Les deux Lilloises, qui travaillaient dans la solidarité internationale, ont pris un an pour se reconvertir et se former aux pratiques manuelles. Leurs passions sont devenues leurs métiers, au coeur de leur SCOP, les Filles à retordre.

Nous souhaitions une reconversion pour un projet axé sur le développement local et qui ait un lien avec l’artistique, l’écologique et le social”, explique Anne-Lise. Après un passage dans la couveuse d’entreprises A petits pas, elles proposent des ateliers visant à sensibiliser le grand public à une consommation plus responsable et à une meilleure gestion des déchets. Cela représente environ les deux tiers de l’activité de la SCOP. Le tiers restant étant dédié à la création réalisée à partir de déchets. Notamment des accessoires, des bijoux ou encore des costumes pour des compagnies de théâtre.

FillesRetordre

La transmission de savoirs et de valeurs est au coeur du projet des Filles à retordre, qui emploie désormais trois personnes. “Nous voulons permettre aux participants des ateliers de se sentir revalorisés, à travers la réalisation d’objets”, souligne Anne-Lise. Des ateliers de récup’ créative qui permettent également de créer du lien en mixant différentes populations “qui n’ont pas l’habitude de se croiser”. Et des créations faciles à reproduire, grâce à un outillage réduit au minimum : des ciseaux et des vrilles !

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Rédigé par

Oriane Raffin

3 commentaires

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La redaction

Publié le 10 octobre 2016

Bonjour Annie, il existe de nombreux ateliers de récup' dans des associations, des ressourceries, etc. Renseignez-vous dans votre région, il y en a surement.

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LAMBERT Annie

Publié le 06 octobre 2016

J'aimerais participer à un atelier de création avec de la récup. Est-ce possible ?

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Catherine

Publié le 12 juillet 2016

Article Très interessant et des personnes qui donnent beaucoup d'inspiration

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