Solidarités

4 applis et sites contre l’exclusion

Publié le 29 avril 2016

Envie de surfer utile? Say Yess vous propose une sélection de projets qui aident les plus isolés.

Un site de crowdfunding solidaire

Donner un petit coup de pouce financier, ça vous tente ? La plateforme Humaid souhaite lutter contre l’exclusion par le crowdfunding. Elle propose de récolter une petite somme d’argent afin de soutenir des personnes qui ne peuvent pas subvenir à leurs besoins essentiels (santé, logement, formation, réinsertion), en général, sur un projet précis.

En route depuis 6 mois, le projet nantais a déjà pu aider Amjed à devenir médecin, Simon à payer ses frais de scolarité pour une formation, Sébastien à acquérir une voiture. « Le site est prévu pour les personnes qui ont épuisé tous les recours du droit commun (CAF, Centre d’action social, Maison du handicap, etc…) », explique Pierre, un des deux fondateurs. Le plus souvent, ce sont directement les institutions sociales partenaires qui apportent à Humaid des profils à aider, quand elles-mêmes ne trouvent plus de solutions. « D’autres personnes nous contactent aussi directement. Nous établissons alors avec eux un parcours auprès des établissements qui pourraient les aider d’abord. »

Une fois le projet accepté en commission, la campagne débute. « C’est le schéma classique : d’abord on touche son premier cercle (amis, famille), puis les amis d’amis, etc. » Quand la personne se sent isolée, et n’a pas de premier cercle, Humaid cherche avec elle dans son parcours de vie. « Par exemple, explique Françoise, aidée en ce moment sur la plate-forme solidaire, on m’a rappelé que j’avais participé à la vie du club de foot local, et que je pouvais peut-être aller vers eux. » Cette maman atteinte d’une maladie dégénérative ne savait plus où se tourner quand elle a entendu parler d’Humaid. Elle a alors joué le jeu de témoigner de son histoire en public sur internet afin de pallier son problème de logement. « Le plus dur pour moi a été d’écrire un texte neutre, sans autodérision, et de m’exposer en photo. L’expérience m’a enrichie et poussée dans mes retranchements, c’est une démarche intéressante. »

Une appli pour aider les sans-abris

« On ne peut pas aider tout le monde, mais tout le monde peut aider quelqu’un », c’est le slogan du projet Humans relais. Lancée par des bénévoles, l’appli propose aux associations œuvrant pour les plus démunis d’inscrire les personnes sans-abri (avec leur accord) en recensant leurs besoins (alimentaire, vestimentaire, hygiène). En face, les bénévoles inscrits et géolocalisés reçoivent une notification sur les besoins dans leur entourage.

« L’application Humans relais est en cours de conception, explique Nassira El Cherqui. Nous recherchons actuellement des volontaires pour constituer un panel test. Pour des raisons de logistique et parce que nous avons des liens avec les bénévoles locaux, nous prévoyons d’effectuer ce premier test dans le département de la Seine-Saint-Denis. » La première version devrait voir le jour avant la rentrée 2016.

Une plate-forme contre le chômage

Dans un style similaire, Pote emploi est une plate-forme associative qui enjoint les jeunes de moins de 30 ans, plutôt étudiants, à en aider d’autres moins favorisés à accéder au marché de l’emploi.

Par exemple en donnant 1 heure par mois ou plus, en ligne, pour discuter avec eux de leurs études ou métier, aider à rédiger un CV et des lettres de motivation ou préparer un entretien d’embauche. En tout ils sont plus de 600 “potes” à en soutenir d’autres. « J’ai par exemple renseigné une jeune fille qui se demandait ce qu’était vraiment le métier de responsable ressources humaines. Je lui ai raconté les réalités du terrain, pas les infos qu’on trouve déjà partout sur internet », témoigne Normane Boungou, tout juste titulaire de son premier job dans le domaine. « J’aide à corriger des lettres. Je prends alors mon téléphone pour donner des conseils bien personnalisés », précise-t-il. Pour sortir du virtuel, l’asso organise également des « ateliers métiers » pour que des étudiants présentent leurs futurs métiers aux lycéens, de façon ludique.

Un cloud solidaire

Les développeurs tentent également de combler le gros problème du non-recours au droit (RSA, APL…). En prenant à corps le problème de la paperasse administrative. Il est parfois difficile de garder un classeur avec tous ses papiers, pourtant nécessaires pour obtenir de l’aide, quand on est à la rue. « Reconnect le cloud solidaire », tente de pallier le problème en stockant les infos et documents administratifs dans les nuages des serveurs Internet. Une façon pratique d’aider aussi les travailleurs sociaux perdant un temps fou à réunir tous les documents. « 1.500 documents ont déjà été mis en sécurité ainsi depuis le début de l’année », annoncent-ils. L’enjeu pour l’asso est surtout de créer des Relais Reconnect partout sur le territoire, rôle que peuvent jouer les bagageries en stockant les affaires personnelles des SDF.  Et oui, pour scanner les documents et les mettre en ligne, le principal est tout de même d’avoir un coup de pouce matériel avant tout.

Un défi : libérer l'accès au web

L’asso Emmaüs Connect (Connexions Solidaires) souhaite unir les forces des acteurs du numérique social sur les territoires. Constatant que les services administratifs (pôle emploi, caf, autres) deviennent des plates-formes 100 % en ligne, Emmaüs connect souhaite agir pour les plus de cinq millions de citoyens “qui cumulent précarité sociale et numérique”. L’association a par exemple répertorié les lieux où le public peut bénéficier de matériel gratuit ou à bas prix, de formation informatique, de connexions wifi.

Le projet se joint à un autre plus large : #Wetechcare, une start-up “sociale” qui place “le meilleur du numérique au service des personnes qui en ont le plus besoin”, avec comme partenaires principaux : Google et la Fondation sfr, les grands groupes industriels français, l’Etat,  Emmaus, et le regroupement des missions locales…. Objectif : 1 million de déconnectés, connectés d’ici 2020.

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Rédigé par

Jeanne La Prairie

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