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En selle!

Collecte de compost: roulez jeunesse!

Vous aimeriez bien composter vos bio-déchets à la maison ou au bureau, voire dans votre resto.... Mais vous ne savez pas trop quoi faire de ces seaux pleins? Say Yess a rencontré Coline, qui collecte le compost à vélo à Nantes!

Épluchures, coquilles, restes de repas, mouchoirs en papier… ces déchets du quotidien peuvent devenir de l’or s’ils sont compostés. Une démarche pas toujours facile à mettre en place chez soi, surtout en ville. Coline, 25 ans, a décidé d’apporter un service inexistant aux Nantais qui veulent trier leurs biodéchets: la Tricyclerie.

L’idée: aller chercher chaque semaine des seaux chez des particuliers ou des entreprises et les déposer dans le compost commun de la ville. Comme les éboueurs font avec les autres déchets. Et le tout à vélo. “Le vélo est une part importante du projet”, souligne la jeune femme. Il permet la collecte à l’échelle d’un quartier, la souplesse et la cohérence écologique des moyens utilisés.

Et ça tient particulièrement à cœur à Coline. Après un master en éco-gestion de l’environnement terminé en Suède “où tout se fait à deux-roues”, direction le Perou, où elle était une des seules bikeuses à braver le trafic chaotique pour se rendre dans un bureau d’études climat et énergie.

Un service pour les professionnels

De retour à Nantes, elle continue à développer des pratiques durables dans les politiques publiques locales. Mais avait envie d’aller plus loin. La Tricyclerie est partie d’une action simple. « J’amenais chaque semaine mon compost domestique jusqu’à Carquefou (15 km) chez mes parents qui ont un jardin. Peu à peu, je me suis retrouvée à ramener le compost de tous mes potes là-bas, jusqu’à finalement utiliser des composteurs publics. Là, ça a fait tilt. »

Elle lance alors son projet. « Je souhaitais d’abord m’occuper des particuliers, mais c’était un peu ambitieux. Du coup je me suis liée avec un autre collectif, la Nizanerie, qui démarchait déjà les restos autour de son compost collectif. » En s’alliant aussi avec Compostri qui installe et gère les composteurs sur l’espace public, Coline a pu lancer une véritable expérimentation.

Résultat: En 2 mois et demi, en collectant 2 fois par semaines dans 9 restaurants, l’équivalent de deux heures de travail par jour, elle a récolté en pédalant, près d’une tonne de bio-déchets. « En estimant qu’on s’occupe de 20 restos et de quelques bureaux, on prévoit 15 tonnes au même rythme sur un an. 45 tonnes en 2017« , s’enthousiasme-t-elle.

Pour l’instant, le compost produit est récupéré par un agriculteur des environs. « L’objectif est davantage de viser l’économie circulaire hypra locale et les futures fermes urbaines dans les quartiers« , précise cependant Coline.

Une réglementation sur les biodéchets

L’expérience a validé ses attentes: « Malgré une réticence générale, il y a vraiment du monde qui a envie de se mettre au compost. Certes la plupart des restos s’en fichent parce qu’ils paient déjà un service de collecte des déchets, mais d’autres m’ont appelé d’eux-même pour bénéficier de la Tricyclerie. »

Reste désormais à trouver des financements. La Tricyclerie a réuni déjà pas mal de bénévoles motivés pour pédaler et mettre les mains dans les déchets mais le modèle économique se cherche encore. Parmi les pistes: une adhésion des “collectés”. Autre idée:  bénéficier d’une fiscalisation incitative pour ceux qui cherchent à réduire leur poubelle (payant moins de taxe sur leurs déchets, les restaurateurs pourraient payer le service de la Tricyclerie par exemple). «La Métropole nous a demandé de présenter des pistes d’action fiscale pour l’incitation auprès des professionnels. Mais comme c’est très politique de toucher aux impôts, cet effort dépend vraiment des territoires pour le moment», précise Coline. La réglementation nationale joue en sa faveur. En 2016, la loi prévoit qu’au-delà de 10 tonnes (à peu près 100 couverts par jour) annuelles de biodéchets, le producteur se doit d’établir une collecte et une valorisation.

Au fur et à mesure, Coline découvre d’autres challenges: « J’ai réalisé qu’il fallait que je lie mon activité avec des prestations de sensibilisation au sein des lieux où je collecte. Car c’est bien joli d’installer des seaux mais il faut que les personnes apprennent surtout à regarder les déchets autrement, et à s’engager dans la démarche! »

D'autres innovations sur la gestion des déchets

A Bordeaux, les Detritivores ont récemment installé un méga composteur pour les restos de l’écosystème Darwin produisant 2,5 tonnes de biodéchet par mois. Ils vont étendre leur service dans la ville.

La Recyclette à Toulouse, récupère à vélo des huiles des restaurants pour les revaloriser.

La ville de Lorient distribue des bio-seaux et des sacs biodégradables à destination poubelles vertes enlevées par les éboueurs. Une expérimentation du même type voit le jour depuis peu à Paris (dans le 2e et 12e arrondissement).

Après un test concluant auprès de 80 professionnels de la restauration, Moulino collecte les biodéchets en camion pour produire du compost et du biogaz. Il emploie désormais une dizaine salariés sur le secteur parisien.

Auteur de l'article : Jeanne La Prairie

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7 réponses pour "Collecte de compost: roulez jeunesse!"

  1. Neumann dit :

    Et à Chambéry et dans les environs, nous avons en pied d’immeuble et dans les agglomérations des composteurs collectifs. Et ça marche. Et cela recrée du lien social.
    Une association : Compost’action

  2. Braquier Philippe dit :

    Bonjour,
    Habitant d’IDF (bourg la reine), je me suis lancé dans le lombricompostage en avril 2015 et je me suis amusé à devenir donneur de vers à compost (plus2vers.com).
    En moins d’un an, pas moins de 14 dons, soit 14 composteur de particuliers crées!!!
    Et puis à force de recycler le marc de ma cafetière, j’ai poussé la porte des commerçants de la ville, et pour le moment 1 cafetier joue le jeu de me donner le marc de son percolateur (environ 3 kilos par semaine), qui mélangé avec de la litière de chat compostable, me permet de réaliser une litière de démarrage a lombricompost…etc..et j’ai créé une économie circulaire.
    A suivre pour voir comment va se développer.
    Bravo pour la tricyclerie…j’aimerais bien vous rendre visite.

    • François-xavier dit :

      Je suis intéressé de savoir quelle litière et quelle méthode pour composter les déchets du chat. Bravo pour l’économie circulaire.

  3. Claire C dit :

    Une question bête : litière de chat utilisée ? Je suis presque à zéro déchet chez moi mais je me heurte à la question de la litière de chat compostable mais en appartement… Or j’ai un lombricomposteur.
    Bravo pour toutes ces initiatives. Super idée le don de vers !
    A quand des collectes de déchets de toilettes sèches ?? (mon rêve :))

    • La redaction dit :

      Bonne question ! Aucune idée ici à la rédaction de Say Yess… si des lecteurs ont des suggestions, on est preneurs aussi 😉

  4. David dit :

    Bonjour.
    Chez moi, je dépose le marc de café sur le compost, mais je l’utilise aussi de temps en temps dans mes canalisations pour l’entretien. Mais je me demande si écologiquement, les jeter dans les canalisations est réellement écologique?

  5. SCHALLER dit :

    Je pense à un truc pour Coline de Nantes : il serait peut-être possible de mettre en place des chèques emploi-service et des réductions d’impôts pour ceux qui trieraient leurs déchets composts grâce à ces chèques emploi-service qui, je crois, sont déductibles des impôts.
    ChrisChat

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