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Recyclerie scolaire: « Ici, aider fait partie du cursus »

Publié le 8 avril 2016

Dans ce lycée parisien pas comme les autres, les jeunes réparent, recyclent, aident les autres… et se réconcilient avec l’école.

« Benoit, ça dépasse ici, c’est grave ? » Penchée sur un établi, Maguirassy Diallo, 16 ans, retouche l’alignement de deux pièces de bois de récupération. « On est pressés, ce décor va être installé après-demain dans un parc », s’excuse la jeune fille de 16 ans, ses longues tresses en cascade sur son bleu de travail. Avant d’ajouter: « Je suis fière d’avoir fait une partie de ce chantier. Si on m’avait dit ça avant la rentrée, je ne l’aurais pas cru. »

Comme tous ses camarades du Pôle d’Innovation Lycéen (PIL), la jeune fille était en décrochage scolaire l’an dernier. Au PIL, elle suit des cours le matin et s’active dans la Recyclerie de l’établissement l’après-midi. « On remobilise les jeunes à travers des activités concrètes. En une année scolaire, on essaie de leur donner envie de se projeter, de construire leur orientation », explique Benoit Cornet, l’un des encadrants.

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Toutes les activités de la Recyclerie tournent autour du recyclage et de la revente solidaire: Robin et Hadrien ont appris à désosser ou rénover des ordinateurs, Madeline et Steven excellent dans la réparation de vélos, Léa sait retaper les fauteuils défraîchis tandis que d’autres donnent un coup de neuf aux aspirateurs et cafetières qu’apportent les habitants du voisinage.

La solidarité au programme (scolaire)

L’atelier n’échappe pas aux éclats de voie et aux bouderies – beaucoup de jeunes ont des comptes à régler l’autorité et les adultes. Mais la plupart reprennent confiance en eux. « Je ne compte pas aller vers un métier manuel mais ce lycée m’a donné la force de reprendre les cours. L’an prochain, j’aimerais faire une seconde professionnelle « gestion et administration »« , dit Maguirassy, les pieds dans la sciure.

Ce qui l’a motivée, en plus de l’implication particulière des professeurs du PIL, c’est que l’argent collecté à la Recyclerie finance des actions de solidarité internationale: en mai, grâce à la revente des objets rénovés, certains jeunes partiront rénover le mobilier d’un collège dans l’est du Maroc. « On se donne à 100% pour financer ce projet. On va rendre ces collégiens heureux en changeant leur matériel ! », se réjouit Maguirassy.

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Grâce à la réparation et la revente de bicyclettes à prix solidaire, les jeunes de l’atelier « ReCyclo » partent eux dans un village du Nicaragua, installer des panneaux solaires et des filtres à eau. « La citoyenneté et la solidarité sont rarement présentes à l’école. Ici, aider fait partie du cursus », souligne Nicolas Mulet, leur professeur.

Retrouver une orientation durable

Pour les lycéens ex-décrocheurs, le virage est parfois radical: en un an, 2/3 d’entre eux se trouvent une orientation. Morad s’est motivé pour une terminale STI (Sciences et techniques de l’ingénieur), Steven a opté pour une première ES, Aminata pour un service civique, tandis que Madeline, une ancienne de l’atelier vélo, s’est découvert une passion pour l’éolien et le photovoltaïque. « Dès le retour du Nicaragua, elle a envoyé une lettre de motivation pour un CFA sur les métiers de l’énergie », raconte son professeur.

Le virus solidaire touche durablement les élèves du PIL, souvent investis ensuite dans le social ou l’associatif. Un des anciens s’implique ainsi dans un foyer pour enfants autistes. Depuis, le lieu est équipé d’ordis à bas prix… de la Recyclerie.

Accès à la recyclerie

Pour déposer des objets usagés ou acheter des objets rénovés, la Recyclerie du PIL est ouverte du lundi au vendredi de 9h à 17h30 au 94 rue Barrault, dans le 13è arrondissement de Paris.

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Rédigé par

Hélène Seingier

3 commentaires

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rémi

Publié le 09 avril 2016

Bravo à ce lycée !

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fred

Publié le 08 avril 2016

Très bonne initiative, attention cependant à l'utilisation de la meuleuse et autres machines-outil avec des cheveux longs et en bas nylon ! c'est dangereux!

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LeRoux

Publié le 08 avril 2016

Si c'est la jeune fille de la photo, ou d'ailleurs une autre "avec de longues tresses en cascade", je m'étonne d'une telle liberté. Non pas pour des questions religieuses mais pour des questions de sécurité. Ca parait un peu dangereux dès qu'il y a des outils autres que manuels.

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