A vous de jouer !

ARTIVISME

CAE CLARA & CLARAbis: quand les artistes jouent collectif

120 entrepreneurs du domaine culturel, de 22 à 60 ans, sont hébergés par les CAE (Coopératives d'activités et d'emploi) CLARA et CLARAbis. Un système qui leur permet de mutualiser des outils et services communs, de bénéficier d'un accompagnement pour développer leur activité et de travailler ensemble sur des projets.

Marielle de Rocca Serra
0

« Nous sommes 120 entrepreneurs qui ne sont pas en compétition, mais s’entraident, coopèrent, partagent de l’information : nous sommes plus forts ensemble. » Pour Marielle de Rocca Serra, musicienne, comédienne et productrice, rejoindre la CAE CLARA il y a un an était un « acte de militantisme » en faveur d’une « économie alternative ».

Mais une CAE, qu’est-ce que c’est ? « C’est une coopérative [Scop ou Scic, NDLR] qui héberge et accompagne des porteurs de projets pour les aider à développer leur chiffre d’affaire », explique Odile Lafond, responsable de CLARAbis, société de production audiovisuelle, numérique et multimédia et établissement secondaire de CLARA. Ainsi, les entrepreneurs sont regroupés sous un même numéro de Siret, mais développent leur propre marque. Par ailleurs, chez CLARA et CLARAbis, 60% sont « entrepreneurs-salariés », c’est à dire que la CAE leur verse un salaire en relation avec leur chiffre d’affaire. Ce statut de salarié permet – entre autres – de cumuler des droits à la formation professionnelle, ou de pouvoir bénéficier de l’assurance chômage en cas de difficultés. « On change de statut, c’est une dynamique différente : on devient entrepreneur, on gère son business, notre rôle est donc moins passif », affirme Marielle.

Mutualisation et accompagnement

L’un des avantages de ce système, selon Odile Lafond, c’est « la mutualisation de certains services et outils », les CAE ayant par exemple un pôle comptable. C’est pourquoi chaque entrepreneur verse environ 10% de son chiffre d’affaire à la coopérative. « Cela permet de diminuer les coûts pour chacun », ajoute-t-elle. En outre, l’idée est d’aider les entrepreneurs à développer leur activité, avec l’aide de référents accompagnateurs. Cet accompagnement est individuel ou collectif et quatre réunions d’information se tiennent tous les mois.

cae-clara

C’est après un séjour de huit ans au USA que Marielle de Rocca Serra a découvert la CAE CLARA. « Je suis rentrée en France pour retrouver un régime d’intermittence et des conditions dégradées pour les artistes, et je voulais trouver un moyen de m’en sortir sans changer de métier » dit-elle. « Une fois en contact avec la CAE, on assiste à une réunion d’information pour comprendre le système et les responsabilités qu’il implique. Si on est prêt à se lancer, une réunion de diagnostic a lieu : on présente notre business plan, et au vu de celui-ci, les responsables décident ou non de nous intégrer à la coopérative », explique-t-elle. « Dès ce premier rendez-vous de diagnostic, nous sommes à l’écoute de l’entrepreneur, de ses envies, de ses projets, de ses besoins. Il doit néanmoins être opérationnel dès le début, sinon, on l’oriente vers une couveuse », complète Odile Lafond. Un peu plus d’une dizaine d’entrepreneurs rejoignent ainsi les deux CAE chaque année.

Entraide et projets communs

Mais la caractéristique première de CLARA et CLARAbis, c’est qu’elles misent sur le collectif, dans un secteur difficile où les professionnels peuvent se retrouver seuls. Un pari qui passe tout d’abord par la structure en Scop. « Au bout de trois ans, les salariés doivent devenir sociétaires. Ces derniers sont une vingtaine aujourd’hui et votent les décisions relatives au fonctionnement des CAE », indique Odile Lafond. Mais ce n’est pas tout : ils accompagnent également les autres entrepreneurs, et créent des projets coopératifs. En effet, dès qu’il est installé dans son activité, chaque porteur de projet hébergé par CLARA et CLARAbis s’engage à travailler en commun avec d’autres.

Marielle de Serra Rocca met ainsi en avant « l’entraide et les rencontres régulières » avec des tourneurs, producteurs, directeurs de compagnie, ingénieurs du son. « Je suis moins isolée, et j’apprécie d’être dans un mode opératoire commun« , dit-elle. « Pour nous, l’idée est de défendre la valeur travail, et cela, c’est grâce à nos entrepreneurs qui veulent vivre autrement », résume Odile Lafond.

Les CAE
Pour qui ?Quoi ?A qui s’adresser ?

Pour les professionnels de tous âges tentés par l’entrepreneuriat conjugué à un fonctionnement collectif. Le projet doit être solide et bien défini à la base.

Accès au statut d’entrepreneur salarié qui permet de bénéficier de la protection sociale ;

Services mutualisés renforcés (par exemple : gestion comptable et sociale de leur activité, assurance professionnelle, outils de gestions, actions commerciales communes, échanges de pratiques, formations, garde d’enfant partagée…) ;

Un accompagnement pour développer son chiffre d’affaire ;

La possibilité de participer aux décisions de la CAE en devenant sociétaire ;

Une entraide entre entrepreneurs de la même CAE et l’opportunité de plancher sur des projets en commun.

Il existe des CAE dans différents domaines professionnels, pour les connaître ou en savoir plus, rendez-vous sur Coopérer pour entreprendre qui représente et accompagne 74 ces coopératives.

Celles-ci rassemblent à ce jour 7000 entrepreneurs salariés, 200 chargés d’accompagnement pour un chiffre d’affaire total de 70 millions d’euros.

Auteur de l'article : Anaëlle Guisset

Laisse un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *