A vous de jouer !

Auberge de jeunesse

A Lyon, le Flâneur accueille touristes et voisins

Trois copains de collège ont créé un "hostel" à leur image: pont entre les touristes et les gens du quartier, le lieu est fidèle à leur esprit récup', partage et convivialité. Une forme de logement peu répandue en France et déjà adoptée par les voisins du Flâneur.

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Photo Ingmar Stange

Le Flâneur, c’est une auberge de jeunesse autour de trois lieux : les dortoirs, bien sûr, l’espace convivial avec la cuisine, le bar, les ordinateurs (et le Tardis pour se téléporter auprès de ses proches), et l’Atelier, dans la cour, où des artistes peuvent s’installer, exposer et proposer leurs œuvres.

Le Flâneur c’est l’histoire de trois copains de collège : Philippe, Markian et Patrick. Ils se connaissent depuis leurs premiers poils de moustache, mais après le bac, chacun part de son côté : Philippe prend son sac à dos et troque les études contre le voyage, Markian et Patrick partent en école de commerce et management.

3 ans plus tard, Philippe rentre de voyage avec une idée de projet : Lyon a besoin d’une auberge de jeunesse conviviale, ancrée dans la vie du quartier, avec des dortoirs et surtout un grand espace commun pour se rencontrer. Un style d’hébergement bien connu des backpackers sous le nom ‘hostel’.

Une SCOP pour l’égalité

L’idée est là, la volonté aussi. Reste à la concrétiser. Le statut de SCOP, une coopérative, leur est conseillé par leur comptable. Ça tombe bien, il correspond exactement à leurs valeurs : une plus grande égalité dans la répartition du travail, des revenus, des responsabilités. Même si la forme juridique, peu connue, demande un peu de pédagogie auprès de la ville ou des banques, Philippe est convaincu : « C’est vrai que la hiérarchie, c’est pratique pour prendre des décisions. Avec la SCOP les décisions mettent parfois plus de temps à se prendre et ça peut paraître frustrant. Mais ça laisse aussi le temps pour réfléchir. Tout le monde est écouté, tout le monde est valorisé. »

Un lieu atypique et chaleureux

De l’idée au projet, quelques années s’écoulent (5 pour être précise): c’est la recherche de lieu qui prend le plus de temps, et le montage de dossier qui va avec. Il faut avant tout un lieu charmant, central, qui soit compatible avec les contraintes réglementaires et qui accepte un projet d’auberge de jeunesse.

Le choix se porte sur un lieu atypique, une boucherie reconvertie en dépôt vente (quand vous y viendrez, demandez leur l’histoire du comptoir fabriqué avec des palettes du chantier et essayez de trouver ce qu’ils ont fait de l’inox trouvé dans les anciennes chambres froides).

Flaneur-entree-dortoir

Le Flâneur se distingue déjà en proposant aux gens du coin des ateliers bricolage contre coup de main. On vient pour apprendre ou transmettre une compétence, et on a la fierté d’avoir contribué à la fabrication du comptoir, de la fenêtre du bureau, du canapé, etc.

Une façon de s’engager au quotidien

Patrick, l’un des créateurs, n’était pas forcément parti pour un projet dans l’ESS – il était plutôt branché bourse et profits -, mais il a tout de suite adhéré à l’idée du Flâneur : « Ce que j’ai aimé, c’est le côté choix : on utilise des meubles de récupération, on a proposé des ateliers bricolages dans le quartier pour nous aider à aménager l’espace, on a des produits et artisanats locaux dans la boutique, mais les gens sont libres, chacun fait comme il veut. »

Photos : Ingmar Stange

Auteur de l'article : Laure Jouteau

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