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Formation

Apprentis dans une SCOP: un métier et une philosophie

Au sein d’une coopérative, les apprentis se forment à un métier, comme dans toute structure. Et en bonus, ils plongent dans l’univers de l’économie sociale et solidaire…

« Je suis devenu apprenti à la sortie du collège. L’école ne me passionnait pas, j’aimais les travaux manuels », explique Valentin Geray, 21 ans, apprenti chez Macoretz scop, une entreprise du bâtiment.  Le jeune homme passe ainsi un CAP chez les Compagnons, à Tours, puis un Brevet professionnel, avant de suivre désormais un BTS « Responsable de chantier bâtiment et travaux publics », au CFA Saint-Herblain. Il se forme au suivi de chantiers, gère notamment les équipes et les plannings.

Pour chaque formation, une nouvelle entreprise l’accueille. Depuis un an et demi, il découvre l’univers des coopératives au sein de Macoretz scop, 192 salariés, dont 21 apprentis et 110 sociétaires. En tant que SCOP, elle fonctionne en effet sur le principe « un homme, une voix », et les salariés détiennent au moins 51% de l’entreprise et participent aux décisions. « Le monde des grandes entreprises, c’était ma hantise. Je n’avais fait que des petites entreprises familiales avant, et j’avais peur d’être un numéro, un pion que l’on déplace facilement », se souvient Valentin. D’autant que le monde coopératif, « il ne connaissait pas du tout ».

« Une grande découverte »

Dans les faits, il est enthousiasmé par cette « grande découverte ». « Dans les structures précédentes, nous étions beaucoup moins impliqués, il y avait un patron qui détenait l’entreprise, et nous n’avions pas notre mot à dire sur ses décisions ».

Yoann Gérard, bientôt 18 ans, suit également une formation en alternance, un Bac Pro technicien d’usinage. En 2ème année, il effectue deux semaines par mois chez Delta Meca, une SCOP qui produit des pièces unitaires ou en petites séries pour l’aéronautique, par exemple. « J’apprécie la boîte et l’ambiance, confie-t-il. Il y a de la concertation dans le travail, et de nombreux échanges ».

« Attentifs au savoir-être »

Evidemment, le recrutement des futurs apprentis tient compte de l’organisation de la coopérative. Mireille Bréheret, directrice générale déléguée de Delta Meca explique : « On a un mode de gouvernance et de management particulier, avec beaucoup d’échanges, beaucoup de réunions. Du coup, on est particulièrement attentifs au savoir-être des candidats. » Avant tout recrutement, le candidat est invité à effectuer un stage de 15 jours dans la structure, « pour être sûr que l’environnement lui convient ». Il découvre ainsi ce que fait vraiment Delta Meca, et comment tout cela fonctionne. « On en profite pour échanger sur le fait d’être une SCOP », précise Mireille Bréheret.

Thierry Guittonneau, tuteur de Valentin et représentant de la commission « apprentissage » chez Macoretz scop insiste sur l’accompagnement des apprentis : 2 à 3 jours de formation pour les tuteurs, des grilles d’évaluation précises, une visite des Centres de formation, etc. Il faut dire que l’apprentissage fait partie de la culture du bâtiment : « Chez Macoretz, nous sommes nombreux à être issus de l’apprentissage. Et il y a une problématique de main d’œuvre qualifiée sur le marché, donc on préfère les former par nos soins ».

« L’humain au coeur de l’entreprise »

Côté recrutement, il attend des jeunes « motivés et dynamiques, qui ont envie d’apprendre le métier et sont prêts à donner de leur personne ». En échange, ils recevront une formation solide, et la découverte d’une structure qui sort de l’ordinaire. « C’est une chance d’arriver dans une SCOP car l’humain va être au cœur de l’entreprise. L’apprenti va pouvoir s’émanciper et partir sur de nouvelles postures, tout en participant activement à notre projet. Nous les considérons comme tous les autres salariés, comme des adultes », explique Mireille Bréheret.

« Mais à l’atelier, pas tant de changements, nuance cependant Yoann. Ce n’est pas pour autant que les ouvriers se prennent pour des patrons ! » Coopérative ou pas, apprenti ou salarié expérimenté : une fois l’orientation de la structure définie collégialement, tous se concentrent sur leurs tâches quotidiennes. Valentin, lui, espère bien pouvoir devenir un jour salarié-sociétaire, afin de participer activement aux décisions de sa structure. Car être apprenti au sein d’une Scop, c’est aussi prendre goût à la démocratie !

Auteur de l'article : Oriane Raffin

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