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Valoriste, roi du réemploi : un métier d’avenir !

Publié le 14 mars 2016

Avec le développement accéléré des ressourceries, des recycleries et du réemploi, le métier de valoriste ré-émerge et se transforme. Rencontre avec Paul, 29 ans, payé pour récupérer!

« Depuis que je suis tout petit je fais les poubelles », explique Paul Pannesay, sans détour. Vous avez dit bizarre ? Et bien, pour ce jeune homme de 29 ans, ce qui est vraiment étrange, c’est de savoir qu’on jette des choses qui servent encore. « C’est aberrant« , insiste-t-il, tout en gardant le sourire. Un esprit qu’il cultive depuis sa tendre enfance, peut-être grâce à son père, restaurateur de meubles. « J’allais souvent fouiller les déchetteries avec lui, à l’époque on pouvait se servir« .

En traînant dans l’atelier familial Paul apprend donc à réparer, fabriquer, réutiliser. « J’ai toujours eu à cœur de réemployer, et ce dans tous les domaines« . A 15 ans déjà, il allait à la boulangerie pour récupérer les surplus. Petit à petit, Paul a décidé d’en faire son mode de vie: « mon but était de ne rien acheter. L’obsolescence programmée et tout ce système abîmant la nature, ça me fend le cœur. J’ai décidé d’entreprendre une transition, à mon échelle. D’abord en construisant ma propre maison, en terre et en paille, sans mécanisation, un peu comme à l’âge de fer. »

Une envie d’agir plus largement

Bon, la maison n’a pas tenu. Mais la motivation de Paul pour un monde plus juste et raisonné n’a pas failli. « En relativisant un peu… J’ai décidé d’agir à une autre échelle. » Objectif : passer de l’individuel à l’action de sensibilisation plus collective. Passionné de Low tech et de bon sens, Paul s’est résolu à passer le permis, à créer un atelier partagé pour bricoler, stocker ses objets et matériaux récupérés, pour créer des meubles, toujours en matériaux récupérés à droite à gauche. « Pendant tout ce temps, j’étais au RSA. » En récupérant nourriture, vêtement, meuble, etc, Paul ne dépensait pas grand chose.

Il y a six mois est apparue une offre d’emploi de “Valoriste” sur les réseaux sociaux au sein de la jeune structure Stations Services, à Rezé, près de Nantes. Valoriste? C’est celui qui donne de la valeur à ce qui, aux yeux de beaucoup, n’en a plus : déchets industriels, panneaux publicitaires à usage unique, surplus de production.

ressourcerieIntéressé par les Ressourceries ? Poussez la porte de l’Interloque, à Paris, dans notre reportage…

Des tonnes d’objets qui attendent une seconde vie !

Une offre qui a tout de suite séduit Paul. « Elle est tombée au bon moment, ça permettait de me donner un rythme de vie plus soutenu, et d’avoir une action plus visible auprès des citoyens. Je fais la même chose, mais c’est d’intérêt public. Plutôt que cela reste dans mon atelier. » Il a donc postulé et a été embauché. Le poste étant accessible sans diplôme, le métier est régulièrement proposé sous forme de contrat d’insertion.

« Savoir un peu bricoler »

Au quotidien, Paul travaille au milieu d’un gigantesque bric-à-brac. Cette recyclerie se démarque des autres par son aspect “matériaux”. Ici, peu d’objets finis, mais plutôt du métal en vrac, des pieds de tables par centaines, des portes, du verre, des kilomètres de PVC. L’idée : proposer cette richesse à tous, pour des idées de création, de bricolage, de scénographie de spectacle ou d’événementiel. Le principe roi : réutiliser au lieu d’acheter neuf.

Au niveau du métier, Paul est dans son élément. « Bon, certes, il faut avoir le permis, et savoir un peu bricoler. Par contre, nul besoin d’être baraqué, précise le jeune homme. Il faut plutôt “savoir” porter. Connaître les bons mouvements pour ne pas être cuit en deux jours ! »

Sensibiliser et animer une communauté

L’esprit pratique et le contact humain sont importants aussi. « En arrivant ici il y a six mois, j’ai démarré par pas mal de prospections auprès des entreprises pour leur expliquer qu’on pouvait récupérer et réemployer leur stock de matériaux. »  Ensuite le reste du travail consiste plutôt à manutentionner, nettoyer, démonter, archiver, peser sur une balance géante, recenser. Autre mission : sensibiliser, monter des ateliers créatifs, animer la communauté de bénévoles… selon la structure et les activités qu’elle propose. « Finalement le métier de valoriste est un prétexte pour développer d’autres actions plus larges autour du réemploi. Car il y a une véritable expérience sociale autour de ce lieu. »

Du haut de son CAE de 24 h renouvelable une fois, Paul est ravi. « Philippe le gérant a à cœur de créer des emplois durables, on verra comment ça évolue ! Je n’étais pas sûr que le travail au sens classique du terme soit fait pour moi mais en fait ici, j’ai vraiment l’impression d’œuvrer. »

Vadrouilles en camion

D’ailleurs, il fait volontiers du rab’ quelques soirs par semaine, en vadrouillant avec son camion là où il y a du dépôt sauvage. « Je rapporte mes trouvailles à Stations services. Il doit y avoir au moins 5% du stock qui provient de là ! »

Véritable passionné, Paul résume son métier en quelques mots: « Tout le monde garde des matériaux dans son grenier « au cas où ça pourrait servir », mais ils sont les seuls à savoir qu’ils ont ça. Nous on propose de trier tout ça dans un grand hangar en commun, à disposition du public, pour que les matériaux puissent VRAIMENT servir ! »

Pour aller plus loin

uniformation métiers d'avenirDécouvrez plus d’infos sur le métier de valoriste (ou de technicien de réemploi) sur le site d’Uniformation.

 

 

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Rédigé par

Jeanne La Prairie

3 commentaires

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Johann

Publié le 14 mars 2016

Un métier qui doit se développer autant que les ressourceries partout en France, et une filière à mettre en place (récupération de déchets à vélo, ...). La difficulté résidant à convaincre les entreprises de donner certains de leurs déchets... A suivre !

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