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Le Low-tech Lab, une encyclopédie collaborative numérique des Low-techs

Publié le 26 février 2016

Le catamaran Nomade des mers est parti cette semaine de Concarneau pour son tour du monde des Low-Techs. Une expédition de 3 ans hors du commun qui va permettre d'inventorier les solutions d'autonomie de tous les pays. Un travail relayé sur la plateforme collaborative Low-tech Lab.

Le catamaran est parti mardi 23 février vers 20h, avec son petit poulailler en suspension au dessus-de l’eau, son tableau de bord bientôt colonisé par les plantes comestibles et son mini atelier de bricolage. Corentin, Elaine, Pierre-Alain et leur skipper 4 étoiles Roland Jourdain – deux fois vainqueur de la Route du rhum, pardon – ont mis les voiles pour une aventure extraordinaire: recenser, bricoler, tester, valider et diffuser sur internet les low-techs de part le monde.

Les Low-techs, ce sont des solutions techniques faites maison, accessibles à tous, durables et répondant aux besoins de base des populations: un four solaire, un pédalier à électricité, etc… L’inverse de la high-tech, réservée aux plus riches. Les low-tech sont bien souvent développées par des bricoleurs anonymes pour améliorer la vie de leur village. Ils innovent avec les moyens du bord.

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Ces inventeurs seront invités à venir installer et tester leur solution à bord du Nomade des mers lors des escales. Ils vont alimenter la base de données collaborative Low-tech Lab. « Sous la contrainte économique, il y a plein d’inventeurs qui créent partout des trucs super. On souhaite utiliser l’intelligence collective pour mettre au point des solutions d’intérêt général, moteur de développement local et durable » explique Corentin, 32 ans, ingénieur et l’un des pionniers de cette expédition.

Une escale, une invention, un tutoriel sur internet ! 

Première étape: le Maroc. Ils vont rencontrer l’inventeur d’un appareil pour désaliniser l’eau de mer grâce au soleil. Quoi de plus utile dans un monde ou la question de l’eau est de plus en plus cruciale ! Puis ce sera l’hydroponie au Cap-Vert pour apprendre à faire pousser des plantes avec le moins d’eau possible, le charbon vert au Sénégal, le biocarburant au Brésil, l’algue spiruline à Madagascar, le recyclage de l’aluminium en Afrique du Sud, etc…Quinze escales en 2016 que les internautes pourront suivre en temps réel sur le Low-Tech Lab, le laboratoire de recherche collaborative numérique.

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Objectif: fédérer la galaxie Low-tech 

Mettre en ligne ses recettes de fabrication de low-tech n’est pas nouveau, ça pullule sur le web! « Mais bien souvent, ces sites ne sont pas fiables. Les vidéos ne sont pas claires et ça n’est pas expérimenté sur la durée. Notre rôle à nous sera de reproduire ces expériences et les valider en vivant avec sur le bateau. Nous offrons une sorte de labellisation: voir ce qui marche vraiment et ce qui ne marche pas. Tout cela sous le contrôle d’un comité scientifique participant au projet: botanistes, ingénieurs-mécanicien et énergéticien, entomologiste, etc… «  explique Corentin.

Plus besoin de partir de longs mois sur les voiliers pour observer le monde comme au 18ème siècle, tout sera disponible sur internet. Le Low-tech Lab mettra en ligne des tutoriels réalisés pendant l’expédition, répertoriés par besoins (eau, énergie, alimentation…). Le site recense déjà pas mal d’inventions. La plate-forme a rassemblé plus 1.000 contributeurs depuis sa création en 2014.

Un laboratoire flottant des low-techs 

Le Nomade des mers va devenir le laboratoire flottant de ces technologies. Les trois années de voyage vont permettre au bateau de 14 mètres s’équiper progressivement en low-techs et devenir progressivement autonome en énergie… ou presque car difficile de se passer des instruments de navigation d’aujourd’hui, gros consommateurs d’énergie! « Il s’agit dans un premier temps de voir jusqu’à quel point on peut-être autonome, de manière réaliste et accessible, à trois dans un espace où les ressources sont très limitées » explique Elaine, chargée de l’organisation de l’expédition.

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L’équipage a emporté quelques low-tech made in France. Il y a ce pédalier à électricité conçu par Olivier et ses élèves, un prof de techno d’un collège de la Manche passionné par l’aventure. Leur pédalier peut recharger 2, 3 heures de batteries de bateau ou d’ordinateur portable, toujours ça de pris sur l’océan ! Multi-fonctionnel, on peut changer sa tête et lui mettre une perceuse, une lampe ou une machine à coudre… Il a été installé dans le mini-atelier de bricolage situé dans la coque droite du bateau. Elaine, Corentin et Pierre-Alain emportent également un cocktail de 30 espèces de plantes comestibles à faire pousser sous serre et de l’algue spiruline, un réchaud à économie de bois, un vivarium pour la reproduction d’insectes comestibles et 4 poules – l’oeuf, ce super aliment car bourré de protéines! Les volailles portent le nom des 4 acolytes restés à terre qui s’occuperont de diffuser les vidéos sur internet, animer le Low-tech Lab et les réseaux sociaux. Bonne route !

Suivre l'expédition

Suivre l’expédition en live ici. (Avec notamment une web-tv via Périscope)
Arte propose un feuilleton qui va suivre l’aventure du Nomade des Mers.
La page Facebook de l’expédition.
Le site de Gold of Bengal, association qui organise l’expédition.

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Rédigé par

Sophie Babaz

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