Des idées pour s'engager

Devenir bénévole, ce n’est pas si compliqué

Publié le 24 février 2016

Aujourd’hui, de nouvelles formes d’engagement bénévole se développent. Moins contraignantes et plus accessibles, elles permettent à tous de s’impliquer.

Participer à un atelier de cuisine avec des personnes en situation de handicap, donner de son temps à une asso pour une mission logistique, concevoir le plan de com’ d’une structure… des missions qui vous tentent ? De plus en plus, le bénévolat ne se cantonne plus à un engagement sur la durée, pour des missions régulières.

« Ce mois-ci, j’ai participé à des actions une fois par semaine, le mois dernier pas du tout, car j’avais mes partiels et mes oraux », raconte Aurélia, 23 ans, étudiante en ergothérapie en région parisienne. Soirées jeux avec des déficients visuels, couverture de livres dans une école maternelle, atelier cuisine avec des adolescents d’un Institut Médico-Educatif… elle a pu multiplier les expériences ! « Certaines formes d’engagement, comme l’alphabétisation, peuvent être très contraignantes, avec une présence deux fois par semaine », poursuit la jeune femme. Une situation difficilement compatible avec ses études et ses contraintes personnelles.

L’ENGAGEMENT PONCTUEL

Mais Aurélia a trouvé la solution pour contourner cela et s’engager quand même : elle a rejoint l’association Benenova. « Il y a un décalage entre nos rythmes de vie irréguliers et les demandes de bénévolat régulier, abonde Stéphanie Andrieux, présidente de l’association. Les personnes sont découragées par l’engagement d’un an, un soir par semaine, elles ont peur de ne pouvoir s’y tenir. De l’autre côté, les associations reçoivent souvent des propositions ponctuelles, mais ne savent pas comment y répondre, organiser et cadrer des missions. Pourtant, en additionnant tous ces petits temps, cela donne un résultat énorme ! »

Inspirée par un concept similaire dans lequel Stéphanie s’était impliquée à San Francisco, Benenova propose de mettre en contact cette offre ponctuelle d’aide avec les besoins des associations. Résultat : des partenariats ont été noués avec environ 75 associations sur Paris, Nantes et les Yvelines. Chaque jour, en moyenne deux actions sont proposées. Chacun est libre de s’y inscrire. « Attention, souligne cependant Stéphanie. Les ateliers sont flexibles, mais une fois qu’on est inscrit, c’est un véritable engagement, car il répond à un besoin. »

« Ce sont généralement des actions simples, dans lesquelles tout le monde est au même niveau et qui ne nécessitent pas de régularité de la part d’une personne particulière », poursuit la jeune femme. Le glanage de fruits et légumes invendus sur un marché, par exemple, s’il doit avoir lieu toutes les semaines, peut être réalisé par des volontaires différents. « C’est l’addition des coups de main qui fait que tout roule ». Benenova, de son côté, s’assure de l’accueil et de l’encadrement des bénévoles, pour que les missions se passent au mieux.

LE BENEVOLAT DE COMPETENCES

D’autres formes d’engagement permettent également une participation ponctuelle. Par exemple, le bénévolat de compétences, proposé par l’association Passerelles & Compétences. L’idée est née il y a maintenant 14 ans. Patrick Bertrand, le fondateur et actuel président de l’asso, chasseur de tête, donne alors un coup de main à un ancien collègue, qui a des difficultés pour recruter un directeur compétent pour son ONG. « Il a bénévolement accompagné la structure dans le recrutement, en parallèle de son travail », explique Gilles Arbellot, directeur général de Passerelles & Compétences. « Patrick Bertrand en a tiré quatre constats : un, il donnait du sens à ses compétences, deux, il a fait économiser plus de 12.000 euros à l’ONG, or, il n’aurait jamais fait un don d’un tel montant, trois, l’association rencontrait d’autres besoins, mais ne pouvait pas financer de consultant et, quatre, à la machine à café, ses collègues étaient motivés par l’idée de partager leurs compétences ». Résultat : il a créé son asso, pour « donner l’opportunité de s’engager via sa compétences ».

Concrètement, les associations font remonter des besoins, souvent dans les fonctions support de l’entreprise : ressources humaines, compta, communication, stratégie, digital, etc. et les bénévoles potentiels peuvent se manifester. « Les missions ont des durées extrêmement variées, précise Gilles Arbellot. Cela peut aller de 3 heures pour une formation ponctuelle à l’utilisation de PowerPoint, par exemple, à une mission longue, avec un suivi sur 6 mois. »

Les jeunes, même étudiants, sont les bienvenus. « Certains n’osent pas se lancer, pourtant ils ont les compétences ! », souligne Gilles Arbellot. Sur le digital, par exemple, étudiants ou jeunes salariés ont énormément à apporter aux associations. Sans oublier « les talents, à côté des métiers ». « Il y a beaucoup de photographes amateurs qui ont beaucoup de talent et envie de s’investir, précise Gilles Arbellot. Et en parallèle des associations qui ont des sites web avec des illustrations qui mériteraient d’être refaites… » Les mettre en contact permet à tout le monde d’être satisfait.

L’ENGAGEMENT A DISTANCE

En général, Passerelles&Compétences préconise des échanges de visu, au moins en partie, lors des missions. Mais certaines, courtes, peuvent être réalisées à distance. Sur des missions de traductions, de développement web, etc. vous pouvez travailler depuis chez vous. « Nous avons un programme intitulé P&C Clic, où nous invitons les associations à poser des questions simples. Ensuite, elles ont un échange de vingt minutes avec un spécialiste du domaine », détaille Gilles Arbellot de Passerelles & Compétences. Cet échange, par téléphone, peut se faire sans problème à distance.

UN ENGAGEMENT AVEC SON ENTREPRISE

Vous êtes salarié dans une entreprise privée, mais vous avez néanmoins envie de vous engager pour des associations ? Le mécénat de compétences peut être une solution. Une entreprise met à disposition d’une association, sur un temps donné, des professionnels d’une thématique pour l’accompagner dans son développement.

Autre piste : les congés solidaires. Pourquoi ne pas profiter de vos vacances pour partir sur un projet humanitaire ? Hélène et Célia, par exemple, ont recensé des espèces animales dans un parc naturel du Cameroun.

Enfin, l’association Pro Bono propose des marathons d’une journée ou d’une demie-journée sur le principe du mécénat de compétences : chacun apporte ses connaissances à une association, pour l’aider à répondre à une question ou un défi.

Bref, pas d’excuse, il existe plein de solutions pour devenir bénévole, il suffit de trouver celle qui nous correspond !

Le bénévolat, ça booste (aussi) le CV

Tous les bénévoles vous le diront : donner un coup de main, ça vous apporte également énormément. Notamment sur le plan humain.

Mais n’oubliez pas de valoriser cette expérience dans vos CV!

Pour aller plus loin: le guide du bénévolat 2015

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Rédigé par

Oriane Raffin

17 commentaires

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behar monique

Publié le 02 septembre 2017

En réponse à Cottereau. non ;;;bien faire son travaille en étant employé __ l association est le fait de s ouvrir de rencontrés par des échanges et des opportunités sur votre recherche d emplois une porte ouverte sur l avenir en gardant une bonne image de soi

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sallaud marie Joellle

Publié le 07 mars 2017

je suis dans un foyer de personnes handicapée physique, pouvant parler, comprendre, Passionnée de pleins de choses, et j'aie besoin d' une visite par semaine pour discutée, partager,je suis d' un caractère très gaie. j' ai vraiment besoin de donner ce qui m' habite à ma bénévole. je suis à Bordeaux Caudéran

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Jolly

Publié le 23 février 2017

L'emploi n'est pa une fin en soi. Interdire le bénévolat c'est tuer la dernière chance pour les plus démunis de se faire aider

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La redaction

Publié le 13 février 2017

Tout est expliqué dans l'article ! Et n'hésitez pas à contacter les structures dont nous parlons afin d'obtenir des précisions, si vous en souhaitez.

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Cholet

Publié le 10 février 2017

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