Agir au quotidien

Alimentation : de bons produits pour tous!

Publié le 3 février 2016

Des asso se bougent pour que le bio et les bons poissons ne soient pas réservés aux plus riches...

« Pour préserver sa santé, mangez au moins 5 fruits et légumes par jour ». On connait tous cette sentence apposée au bas des pubs télé vantant les barres chocolatées et les petits plats mitonnés à mettre au micro-onde… Le problème, c’est que bien se nourrir a un coût. De trop nombreuses études le démontrent: plus on est pauvre, moins bien on mange et plus on a de risques d’avoir des problèmes de santé de type obésité, hypertension artérielle, diabète ou carence de vitamines.

La raison? C’est que les aliments riches en gras, sel et sucres, généralement pauvres en nutriments essentiels, sont bon marché. Et à l’inverse, les fruits et les légumes, les viandes maigres et le poisson sont bien souvent les sources d’énergie les meilleures… et les plus chères !

Une solution contre la malbouffe et pour l’insertion professionnelle

circuitcourtLa malbouffe, c’est le combat de l’association Le panier de la mer depuis 20 ans. Son objectif ? Du bon poisson nature pour tous, sans sauce chimique, ni panure ! « Le poisson est une denrée chère. Les bénéficiaires des banques alimentaires n’y ont pas accès, exceptés les conserves de sardines ou de thon données ou achetées en grande surface. C’est dommage car le poisson est plein de phosphore, de vitamines et de fer » explique Hélène Rochet, directrice de la Fédération nationale des Paniers de la mer.

Chaque année, l’association récupère environ 300 tonnes de poissons de 100 espèces différentes. Il s’agit d’invendus de poissons frais provenant des ports français de l’Atlantique. En plus, le Panier de la mer permet aux personnes en difficulté d’apprendre les métiers du mareyage. Dans ses quatre ateliers de préparation (Saint-Guénolé-Penmarc’h, Boulogne-sur-Mer, La Rochelle, Lorient et bientôt Fécamp), on apprend à reconnaitre les types de poissons, écailler, vider, découper des filets… Une centaine de personnes y est formée chaque année et envoient partout en France 150 tonnes de poissons frais à destination des associations caritatives.

Démocratiser le bio

« La lutte contre la précarité alimentaire, c’est dans l’ADN de notre asso » prévient Emmanuelle Le Goff, 27 ans, chargée de mission accessibilité à l‘association Court-Circuit Pays de Brest. Avec 300 paniers distribués chaque semaine, c’est l’association la plus importante de la ville sur cette activité. Dès sa création, une tarification solidaire s’est imposée avec l’idée de permettre à tous de bénéficier de bons produits. Le prix du panier payé au producteur est fixe mais la cotisation aux frais de fonctionnement est proportionnelle aux revenus des adhérents: 20% pour les personnes imposables, 8% pour les non-imposables (moins de 9.700 euros de revenus nets) et 2,5% pour les bénéficiaires des minimas sociaux (minimum vieillesse, RSA, chômeurs de longue durée, adultes handicapés).

court-circuit

Malgré cela, ces derniers restent très minoritaires, 10 foyers seulement parmi les 300 adhérents. « Il n’y a pas qu’un frein économique. C’est l’image de la bio qu’on doit améliorer ! Les gens nous disent: le bio c’est pas pour moi, c’est pour les riches «  se désole Emmanuelle. Inspirée par les grand frères ch’tis de Bio Cabas, Court-Circuit a donc expérimenté l’année dernière sur un quartier « Les paniers solidaires ». Ce dispositif s’articule en 3 volets: subvention d’une partie du panier, soirées thématiques autour de la bio, journées découverte des fermes et atelier cuisine.

Sans accompagnement, pas de changement de comportements alimentaires! 

Mais on peut avoir toute la bonne volonté du monde, sans accompagnement et expertise des professionnels sociaux de terrain, on ne touche pas grand monde… Court-Circuit a touché là ses limites. Six familles seulement ont bénéficié des paniers solidaires l’année dernière. C’est tout de même un début. L’expérience devrait reprendre fin 2016. « Les professionnels des centres-sociaux connaissent les familles. Elles ont confiance en eux. Seuls avec nos paniers bio, c’est difficile de les approcher. Ce n’est d’ailleurs pas notre rôle et on ne sait pas faire » avoue Emmanuelle. Même constat pour Hélène Rochet du Panier de la Mer. « Du poisson oui, mais on le mange avec quoi? Comment on le prépare ? Au four, au micro-onde, au court bouillon, à la poêle?  » . C’est tout un savoir-faire culinaire à apprendre. Le Panier de la mer édite des petits guides de recettes et ce sont les bénévoles des associations caritatives qui les distribuent à leurs bénéficiaires. L’occasion d’échanger des petites astuces de cuisine.

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Rédigé par

Sophie Babaz

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