Culture

Be Who You Art, trait d’union entre artistes et acteurs sociaux

Publié le 29 janvier 2016

Mettre des artistes à disposition des acteurs sociaux dans l'objectif de promouvoir des causes via des évènements culturels. C'est l'objet de Be Who You Art (BWYA), une structure entrepreneuriale et associative lancée en juin 2015.

« Notre leitmotiv, c’est ‘Changez le monde‘ : il faut que chacun se rende compte de sa responsabilité. Oui, l’argent est le nerf de la guerre, mais il faut réfléchir à un nouveau paradigme économique qui permette d’améliorer le quotidien des gens« , nous explique Sei Cabrol, directeur général et co-fondateur de BWYA. Avec six autres amis d’enfance, le jeune homme de 28 ans a lancé il y a quelques mois une structure qui se veut à la fois galerie d’art dématérialisée (via un site Internet et une page Facebook), et agence de mise en relation entre acteurs sociaux et artistes.

« Ces artistes sont sollicités pour défendre des causes qui sont soit demandées par des associations, soit choisies par nous« , ajoute le jeune homme. Passionné d’art – il rap, écrit, dessine… – Sei Cabrol n’en est pas à son premier engagement. Ainsi, il a notamment été directeur artistique pour l’association Becare au sein de laquelle il a participé à la production d’un album au profit d’enfants autistes.

En 2016, zoom sur l’illettrisme

« En 2016, nous avons décidé de nous concentrer sur l’illettrisme. Ce thème large, qui a été Grande cause nationale en 2013, a fait consensus« , indique Sei Cabrol. Cet engagement se concrétise par la mise en place d’une exposition collective et multidisciplinaire (art moderne, vidéo, sculpture…) intitulée « L’Art sans lettre », qui a vocation à devenir itinérante.

La première édition de cette exposition doit se tenir à l’espace Beaujon, à Paris, en mars 2016. « Nous sommes une structure dépendante de la ville de Paris, qui organise des activités culturelles et sportives pour les Parisiens« , explique Jean-Jacques Braghini, directeur de la structure. « Nous mettons régulièrement en place des animations thématiques -concerts, expositions, spectacles… – autour de thèmes de société ou environnementaux. Lorsque BWYA nous a approchés, nous avons tout de suite été intéressés par le sujet de l’illettrisme. Si l’expérience s’avère positive, nous aimerions réfléchir au moyen d’enrichir l’exposition par d’autres manifestations, je pense par exemple au théâtre ou à des courts-métrages, et de la rendre pérenne« , ajoute-t-il.

« Sortir de sa zone de confort artistique »

Parmi la vingtaine d’artistes qui doivent exposer, on compte Victoire, créatrice d’œuvres d’arts numériques. « C’est BWYA qui m’a contactée. Nous nous sommes tout de suite bien entendus : il y a beaucoup de points communs entre leur travail et mon état d’esprit« , dit-elle. La jeune femme est en effet présidente de l’association Expérimentation créative qui présente les travaux d’un réseau d’artistes et d’artisans en Bretagne. « Nous avons un objet social et travaillons notamment sur le développement durable, le recyclage… »

inspiration

Pour l’exposition « L’Art sans lettre », Victoire a prévu une œuvre en cinq pièces intitulée « Le Défi », dans lequel elle utilise la 3D et des jeux de lumière [ci-dessus, la première pièce]. « Elle se présente comme une bande dessinée collée sur un support réfléchissant. Mon idée est de figurer le parcours d’une personne ayant un problème d’analphabétisme vers la maîtrise de la lecture et de l’écriture« , explique-t-elle. « J’aime bien que l’on me donne un sujet, cela force à sortir de sa zone de confort, et fait réfléchir à de nouvelles problématiques. »

« L’argent n’est pas le moteur »

« L’argent n’est pas notre moteur« , explique Sei Cabrol. « Notre entreprise sert à réunir un réseau d’artistes, à monter des évènements et à vendre des œuvres. Ceci fait, nous reversons les bénéfices à notre association pour mettre en place des actions sociales avec les associations partenaires. Dans le cas de L’Art sans lettre, nous voulons créer une webradio dédiée à l’illettrisme, et à l’usage des acteurs. Nous envisageons un partenariat avec un organisme de formation pour donner des cours à via cette radio« .

Les projets de BWYA, explique-t-il, sont nombreux : monter un réseau social de mise en relation entre artistes, ouvrir un local artistique pour qu’ils se rencontrent et collaborent, mettre en place de nouveaux partenariats avec des associations… Sans compter qu’une nouvelle version du site Internet est en route, avec également la création d’un site en Anglais. BWYA, bientôt un réseau mondial d’artistes ?

A découvrir : l'Espace Beaujon

Situé dans un hôtel particulier du 8ème arrondissement parisien, l’espace Beaujon propose régulièrement des expositions ouvertes à tous, ainsi que des spectacles, débats, pièces de théâtres, projections…

« Nous travaillons beaucoup sur le thème de la santé mentale et des addictions« , explique Jean-Jacques Braghini. « Cette année, nous mettons en place un projet sur la santé mentale et le sport« , ajoute-t-il. Sont également prévus, prochainement, des évènements sur le thème « Être senior dans la ville« .

[carrousel_chronique chronique=159 titre= »La culture autrement »]
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Rédigé par

Anaëlle Guisset

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