Conseils (de) pro

Travailler avec des personnes handicapées: il faut « montrer son engagement »

Publié le 9 décembre 2015

Envie de vous impliquer, au quotidien, pour des personnes en situation de handicap intellectuel ? Les métiers sont nombreux : dans l’éducatif, le médical ou même l’administratif. Conseils de Timothée Alègre, responsable du développement des ressources humaines au sein de l’AFIPaeim, association gérée par les parents de personnes en situation de handicap intellectuel en Isère. L’association regroupe 40 établissements sur plus de 120 sites du département.

Pour quels types de postes recrutez-vous ?

talegreEntre octobre 2014 et août 2015, nous avons publié 230 propositions de postes sur l’Isère pour les différentes structures de l’AFIPaeim, qui représentent le 7ème employeur du département. Il s’agissait de 150 CDI et 80 CDD.

Concrètement, 60% des postes étaient de l’éducatif : surveillants de nuit, éducateurs spécialisés (ES), moniteurs éducateurs (ME), aides médico-psychologique (AMP), etc. On retrouve ensuite des postes dans le médical ou le paramédical (notamment les aides-soignants) mais aussi de l’administratif ou du personnel d’encadrement.

Quels profils ont les jeunes que vous recrutez ?

On les recrute généralement sur les postes de moniteur éducateur ou d’aide médico-psychologique. L’accès est rare pour des personnes non diplômées, mais toujours possible, par exemple en remplacement ou dans le cadre de contrats aidés. Généralement, ces salariés accèdent ensuite à de la formation continue.

Mais de plus en plus, il faut que les candidats disposent d’un diplôme, car il y a suffisamment de personnes formées sur le marché du travail et que le critère est devenu important. Par exemple, pour les postes de surveillant de nuit, on demande maintenant un diplôme, ce qui n’était pas le cas avant.

Quelles qualités recherchez-vous chez les candidats ?

Au-delà du diplôme, la première chose qu’on recherche, c’est une connaissance du public et une appétence. Le handicap, c’est un secteur qui n’est pas facile, surtout sur le handicap psychique ou l’autisme.

La bonne volonté est nécessaire, mais loin d’être suffisante, il faut aussi montrer son engagement. Aussi, on va regarder dans le bas du CV : les engagements des candidats. S’ils ont fait un service civique ou de l’accompagnement de personnes handicapées en vacances, par exemple. On regarde les expériences associatives au sens large : cela signifie que la personne saura ce que veut dire s’impliquer pour la structure et les autres. Même si l’engagement dans le social est bien sûr un plus, que ce soit l’humanitaire, l’action sociale, les séjours adaptés, etc.

Même si on a besoin de compétences, pour un juriste ou un directeur, par exemple, la qualité du profil ne suffit pas. Il faut quelqu’un qui entre en adéquation culturelle, qui ne voit pas la structure comme une entreprise classique.

On va également regarder l’intérêt que le candidat porte à l’entreprise elle-même. Connait-il son histoire ? L’organisation ? Avec la facilité d’accès permise par les nouvelles technologies, si le candidat nous dit qu’il n’a pas eu le temps d’aller sur le site, ça peut être rédhibitoire ! Dans le même ordre d’idées, si quelqu’un fait la démarche de venir apporter son CV à l’accueil de l’établissement, cela prouve l’investissement. On va s’en souvenir.

Il faut aussi que le candidat soit conscient des conditions du secteur. Elles ne sont pas évidentes et les rémunérations ne sont pas importantes. Ceux qui vont y trouver leur place, c’est ceux qui sont engagés, impliqués pour les autres.

Enfin, au niveau des qualités, on attend une personne qui sache faire preuve de patience et qui apprécie le travail en équipe. Il faut être prêt à la confrontation d’idées avec des collègues qui n’auront pas forcément la même approche.

Quels conseils donneriez-vous aux candidats ?

On retrouve les éléments classiques, propres à tout entretien : faire attention à la manière de se présenter à un entretien, notamment le code vestimentaire, adapté au secteur. Il faut aussi connaître les sigles et le jargon du secteur.

Pour le CV et la lettre de motivation, on va être attentifs à la personnalisation, à l’originalité. Mettre une couleur, une photo, avoir une présentation qui se démarque un peu, etc. Cela prouve que le candidat a osé, qu’il a passé du temps sur sa candidature.

Enfin, une dernière recommandation : une fois recruté, il faut passer la période d’essai ! Pour cela, quand on est jeune, il faut faire attention au regard des « vieux », s’adapter à la culture de la structure. C’est bien d’être motivé, mais il faut savoir faire preuve de sagesse par rapport à ceux qui sont là depuis longtemps, faire attention aux critiques et se concentrer sur son intégration. Cela peut passer par le fait de s’intéresser au travail des autres ou de valoriser leur travail.

Rencontrez Timothée Alègre

Il sera présent à la Rencontre Emploi Jeun’ESS de Grenoble, jeudi 10/12 de 14h à 17h. Rencontrez-le et échangez avec lui sur les opportunités d’emploi dans le réseau de l’AFIPaeim à l’occasion d’un speed-meeting.


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Rédigé par

Oriane Raffin

2 commentaires

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Thierry Specq

Publié le 30 août 2017

bonjour Virginie, je viens de te lire et franchement j’aimerais travailler avec des personnes comme toi. je suis AMP depuis 2009. dans le métier du social on rencontre beaucoup de personnes avec pas mal de problèmes, je veux dire par là, des choses venant de l’enfance (des choses à régler, personnels). j’y ai rencontré beaucoup de méchanceté, de prise de pouvoir. On te laisse croire que tu ne connais rien que tu es nul et bien sûr on va te dénigrer auprés de la hiérarchie. beaucoup de loups avec en couverture une belle peau de brebis. je l’ai vécu et vu d’autres personnes le vivre, à en avoir envie de quitter la profession, ou de se demander si on a vraiment toute notre place dans ce métier. je te souhaite un bon chemin. Thierry

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Virginie

Publié le 24 janvier 2017

Bonjour, Etant en recherche d'emploi, je lis beaucoup d'articles à ce sujet, clique de sites en sites et bien d'autres, et dans cet article, je trouve un peu dommageable ces deux points ou alors éloigné de la réalité. Je cite. "Dans le même ordre d’idées, si quelqu’un fait la démarche de venir apporter son CV à l’accueil de l’établissement, cela prouve l’investissement. On va s’en souvenir." C'est ce que l'on croit à tort, et là je parle quelque soit le secteur, mais là encore il y a beaucoup de subjectivité dans le fait que l'on pourrait être recontacté ou non. Oui certes, cela prouve l'investissement, mais n'est en aucun cas un plus pour une éventuelle embauche, et ce même si on s'est présenté de manière positive, si on s'est habillé en fonction des "codes vestimentaires"(contre son gré aussi certes, soit), etc. Donc là encore, la sélection reste encore mystérieuse pour bien de personnes et qui peinent encore à y croire. Cet exemple est je pense loin de la réalité, car à dire vrai, on ne sait plus pourquoi cela a fonctionné ou pas. Et c'est la le malaise. On ne sait plus. Et même les soit-disant recommandations pour relancer l'entreprise ne mène pas à grand résultat. Bien souvent, la seule "réponse" pour la personne concernée est un silence intersidéral. Une autre citation de votre article. "Pour cela, quand on est jeune, il faut faire attention au regard des « vieux », s’adapter à la culture de la structure. C’est bien d’être motivé, mais il faut savoir faire preuve de sagesse par rapport à ceux qui sont là depuis longtemps, faire attention aux critiques et se concentrer sur son intégration. Cela peut passer par le fait de s’intéresser au travail des autres ou de valoriser leur travail." C'est assez contre-productif de faire le distinguo entre les "jeunes" et les "vieux", même si c'est noté gentiment entre guillemets. Il ne devrait pas y avoir de critiques à mon sens, mais plutôt de la solidarité entre collègues. Ce genre de comportements "c'est moi qui suis là depuis plus longtemps, j'ai raison", laisse souvent place à de l'amertume, et au final à de l'incompréhension et n'est en rien une façon de montrer sa sagesse, mais plutôt sa soumission. Entre collègues, on devrait simplement s'accepter tels que l'on est, avec nos forces et nos faiblesses et surtout s'entraider, sans considération de quel genre que ce soit ou préjugé. Enfin voilà, cet article ne me conforte pas plus sur ma vision du travail où hélas il y a toujours une notion de pouvoir, de hiérarchie, alors que dans le fond nous sommes de simples mortels et qu'on ferait mieux de lâcher un peu de lest. Nos sociétés sont vraiment malades, on a le sentiment d'être des robots à productivité, dépourvus d'émotions et d'humanité qu'on nous interdit d'exprimer et nous devenons hélas malades à notre tour. De nouveaux paradigmes sont urgents pour arrêter ces souffrances auxquels sont confrontés tant de personnes dites sans emplois. Travailler ensemble, c'est quoi dans le fond, n'est-ce pas aussi évoluer, aller de l'avant ensemble ? Bien à vous, Virginie

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