Citoyenneté

Champ Commun, une ruche bourdonnante qui fait des petits

Publié le 5 novembre 2015

Ranimer un village breton cerné de champs et de supermarchés, c’est le défi du «Champ Commun», projet coopératif mené par une bande de trentenaires, à Augan. Ils ont créé une radio, une épicerie, une micro-brasserie et un bar. Chapitre 4, le partage de l’expérience.

Comme chaque année, novembre, c’est le mois de l’Economie Sociale et Solidaire. Cette année, Say Yess a décidé de voir comment l’ESS pouvait changer le quotidien dans un petit village breton. Après la radio associative, l’épicerie collaborative et le bar coopératif, Champ Commun réfléchit au partage de son expérience, au-delà d’Augan.

Nichée sous le toit de l’Estaminet – le bar du Champ Commun – , l’association Localidées a pour rôle d’«essaimer»… Partager son expérience de ruche-mère pour créer de nouvelles ruches, comme le font les abeilles. C’est le rôle d’Henry-George, co-gérant du Champ Commun. Avec sa barbe blanche, son diplôme de sociologue et sa passion pour l’étymologie, c’est un peu le gardien de l’esprit du projet coopératif auganais. La reine de la ruche.

La connaissance, c’est le bien commun

Plusieurs fois par mois, il organise les « Blablas » de Localidées. Il s’agit de soirées thématiques sur l’agriculture, l’habitat partagé, la consommation collaborative, etc… Intervention d’experts, démonstrations de terrain, témoignages, projection de documentaires, c’est ouvert à tout le monde et ça se passe à l’Estaminet. Le Champ Commun met un point d’honneur à transmettre ce que le collectif a appris en 5 années d’existence. «Notre nom, le Champ Commun fait référence aux ‘’commons’’ britanniques de l’ancien régime: des lieux pour tous mais à personne et sous la responsabilité de la communauté: la rivière ou la prairie pour les troupeaux, la forêt où chercher des champignons…» explique Henry-George. A Augan, la connaissance, c’est un bien commun.

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La popularité du « Champ Co » a depuis longtemps dépassé les frontières du petit village d’Augan. On vient de loin observer le fonctionnement de la coopérative. C’est le cas de Laurence qui voudrait monter une épicerie-librairie doublée d’un café-concert en Loire-Atlantique. L’association Localidées fait de l’accompagnement de projets. Ce qui a frappé Laurence ici, c’est avant tout «le projet politique associé au commerce. Champ Commun m’a aidé à pousser plus loin ma réflexion, à élargir mon idée de départ qui était de rendre le bio accessible à tous». 

Stages en immersion

Compagnon du Réseau associatif REPAS, Lauriane aussi butine le Champ Commun. A 28 ans, elle rêve de créer en Ardèche une épicerie multi services. Inspirée par l’aventure auganaise, elle va passer cinq semaines en immersion au Champ Commun, passant de l’épicerie au bar, des cuisines à la micro-brasserie.«En travaillant avec eux, j’essaye de comprendre par quoi ils sont passés: le financement, l’organisation en équipe, la répartition des tâches, le matériel… ». Julien, épicier, associé et cogérant de la coopérative est son référent.«Je lui donne des clés pour comprendre la vie ici et je l’aide à s’intégrer dans notre quotidien.»

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Tout seul on va plus vite, à plusieurs, on va plus loin.

Le Champ Commun est une ruche bourdonnante… Il faut voir les plannings géants accrochés aux murs, les réunions d’équipe qui se succèdent et les associés, venus prêter main-forte à l’étiquetage des produits de l’épicerie, au bar ou sur le « chantier auberge »! Il s’agit d’un projet colossal d’aménagement du grenier du Champ Commun en auberge de randonneurs: 8 chambres, 24 lits.

Et comme si cela ne suffisait pas, un autre chantier est en cours, la construction d’un bâtiment dédié à l’ESS. Dans quelques mois, le Champ Commun disposera d’une salle polyvalente pouvant accueillir des conférences et des formations à l’Economie Sociale et Solidaire. Fort utile alors que le Conseil Régional de Bretagne leur a confié il y a 3 ans la mise en place d’un pôle ESS sur le pays de Ploërmel, la grande ville du coin. Le Champ Commun fait la démonstration de sa devise: «Tout seul on va plus vite, à plusieurs, on va plus loin ».

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Rédigé par

Sophie Babaz

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Puget Etiennette

Publié le 14 septembre 2016

BRAVO !!! Ne lâchez rien et faites un film comme DEMAIN et diffusez ,redonnez la pêche à tous nos jeunes qu'ils sachent se sont eux les acteurs de leur vie et qu'il n'y a plus grand'chose à attendre des politiques et que c'est ici et maintenant mais pas sans eux !MERCI A VOUS !

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