Citoyenneté

Bar coopératif: «L’Estaminet», distillateur d’humanité

Publié le 4 novembre 2015

Ranimer un village breton cerné de champs et de supermarchés, c’est le défi du «Champ-Commun», projet coopératif mené par une bande de trentenaires, à Augan. Ils ont créé une radio, une épicerie, une micro-brasserie et un bar. Chapitre 3, justement, le bar !

Comme chaque année, novembre, c’est le mois de l’Economie Sociale et Solidaire. Cette année, Say Yess a décidé de voir comment l’ESS pouvait changer le quotidien dans un petit village breton. Après la radio associative et l’épicerie collaborative, zoom sur le bar coopératif : au cœur de la vie d’Augan.

Chaque mardi midi après ses courses, Henriette s’attable au comptoir de « l’Estaminet » avec Jean-Yves, poissonnier ambulant. Le temps d’un petit verre de blanc et de quelques blagues échangées avec les coopérateurs du « Champ Commun » et chacun repart à ses tâches. «Ils nous ont sauvé les meubles, parce qu’ici on avait plus rien. Chez moi, je suis tout seul devant ma télé. Alors, j’aime bien venir ici».

Habitué de « l’Estaminet », Luigi se souvient qu’Augan compta jusqu’à 22 cafés ! Mais ça, c’était avant. Avant que les petits commerces du village ne ferment les uns après les autres au profit de zones commerciales XXL le long de la nationale.

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L’équipe du « Champ Commun » rêvait d’un lieu populaire, chaleureux et créateur de lien social.«Les commerces de proximité permettent à la Sécu de dépenser moins. Sans eux, on ouvre des maisons de retraites, du portage de repas à domicile. Bref, les personnes âgées deviennent dépendantes» explique Julien, 30 ans, salarié de l’épicerie attenante au bar et cogérant du Champ Commun.

Persistance de la vie sociale

Dans les toilettes de « L’Estaminet », on trouve des petites annonces comme « propose heures de repassage », « cherche professeur d’accordéon » ou le programme du cinéma d’à côté. «Tous les milieux sociaux et idéologiques viennent ici. On a réussit à ne pas faire un lieu de gens convaincus, d’entre-soi. On est fier de ça» ajoute-t-il. Mais pas d’angélisme non plus. Tenir un bar de village, c’est parfois« encaisser » des grossièretés, des remarques « un peu facho » ou racistes, faire avec les mécontents qui se plaignent du bruit.

Pour les huit salariés et les 147 associés de la coopérative, c’est le prix à payer pour mener à bien leur projet en zone rurale :« la persistance de la vie sociale à Augan» résume Henry-George. Et ça marche. Les vendredis et samedis soirs, « l’Estaminet » ne désemplit pas de clients venus écouter des groupes de musique de la région. Et là, c’est une tout autre ambiance…

Notre capital, c’est l’humain. Du coup, on le préserve.

Le bar, c’est aussi là que se font les repas d’équipe du « Champ Commun ». Moment stratégique où l’on parle d’une réunion sur la monnaie locale à animer, de l’annonce d’une manif à suivre, les 60 ans d’Henry-George à organiser… Le boulot et les affaires privées se mélangent comme dans les «fou-zy-tous» du «Champ Commun», ces délicieux plats mitonnés pour le personnel avec les produits périmés de l’épicerie, encore consommables.

Ce midi, c’est Rémi, notre animateur radio – brasseur qui prépare le déjeuner. «Ici, c’est comme une famille. La promiscuité est plus importante qu’ailleurs. Mais il y a une gestion intelligente des ressources humaines. Ca envoie du steak ici, faut être en forme. Si un copain ne va pas bien, on le met en retrait le temps qu’il se retape. Notre capital, c’est l’humain. Du coup, on le préserve.»

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Cuistot d’un jour – polyvalence oblige – Rémi est avant tout le brasseur officiel du « Champ-Commun». 15.000 litres de bière sont produits chaque année et sont servies au bar ou vendues à l’épicerie. 60% des revenus de l’Estaminet en découlent ! Autant dire un trésor. Mais «l’Auganaise » n’appartient pas pas à Rémi. En partant cet hiver pour une autre aventure, il laisse ses recettes aux coopérateurs «Je transmets mon savoir-faire pour que ça vive après moi». Au «Champ Commun», la bière et la convivialité sont des biens communs. Ca, c’est Henry-George qui vous l’explique par ici.

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Rédigé par

Sophie Babaz

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Arlette Agassis

Publié le 29 septembre 2017

Juste un mot. BRAVO et je vous souhaite le meilleur pour votre avenir à tous et à toutes. Je vais en Bretagne en fin octobre je viendrai vous faire un petit coucou de la Suisse

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