Planète

COP 21 : Trois points pour tout comprendre

Publié le 12 novembre 2015

Des sommets mondiaux sur le climat, il y en a tous les ans. Pourquoi celui de Paris, fin novembre, est-il si important ? Que va-t-il s’y passer concrètement ? Say Yess vous explique tout.

Vous connaissez la procrastination, cette manie de tout remettre au lendemain ? Nos chers gouvernants en sont champions lorsqu’il s’agit de lutter contre le changement climatique. Ca fait 23 ans que ça dure ! En 1992, à Rio de Janeiro, les 195 pays participant au premier Sommet de la Terre de l’ONU avaient eu une grande révélation : le changement climatique existe, l’homme en est en partie responsable et il va falloir le limiter. Restait à s’accorder sur la façon de procéder. Depuis, ils se réunissent tous les ans pour une Conférences des parties (COP, en anglais). Et celle de Paris est la 21è, d’où son petit nom.

La réunion de la dernière chance

Les experts du climat sont unanimes : si la planète se réchauffe de plus de 2°C entre le début du 20è et la fin du 21è siècle, l’humanité s’expose à des cataclysmes inimaginables.

Certes, l’accord de Kyoto, en 1997, a fixé des règles pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (et les pays concernés ont tenu leurs promesses). Mais ce texte était triplement limité. Déjà, il ne concernait que les pays développés (pas la Chine, par exemple, qui est aujourd’hui la première pollueuse de la planète). D’autre part, les Etats-Unis et le Canada se sont défilés en cours de route. Enfin, il ne fixait des règles que jusqu’en 2020, c’est-à-dire demain matin !

Say Yess propose toute une série d’articles autour de la COP21. A retrouver ici!

Trouver un nouvel accord contraignant était déjà l’objectif de la COP15, à Copenhague, en 2009. Mais les pays émergents, menés par l’Inde, s’étaient rebellés. Ils réclamaient un « droit au développement », estimant que les nations riches, qui ont allègrement pollué durant des siècles, devaient supporter plus de contraintes. La COP21 doit donc aboutir à un accord contraignant ET juste. Une gageure.

Des discussions grand-écart

Imaginez l’immense Chine et le minuscule Lichtenstein ; l’opulente Norvège et la très pauvre Haïti. Fin novembre, tous vont envoyer des délégations au Bourget, près de Paris, et tenter de se mettre d’accord. Bien sûr, le texte final ne va pas naître en dix jours ! Les négociateurs des différents pays se réunissent depuis des mois pour déblayer le terrain et établir un « texte de base ».

En parallèle, chaque Etat rend sa copie : une liste de ses engagements nationaux. L’Ethiopie, par exemple, est prête à reboiser son territoire et à développer la géothermie. Mais cela exige des sous, et c’est la deuxième mission impossible de cette COP21 : convaincre les pays riches d’injecter 100 milliards de dollars par an dans le Fonds vert pour le climat, qui doit financer la transition écologique des pays démunis.

Pronostic : réservé

On peut voir le verre à moitié plein : Chine et Etats-Unis ont signé un accord historique sur le climat, le Golfe semble se mobiliser, les villes, les entreprises et d’autres acteurs s’engagent eux aussi (à travers l’Agenda des solutions). Mais la moitié vide du verre est tout aussi impressionnante : les promesses nationales sont globalement insuffisantes, les lobbyistes des industries polluantes s’activent en coulisses et les négociateurs s’écharpent pour des virgules. Or d’après le GIEC (Groupe International d’Experts sur le Climat), si rien de sérieux n’est entrepris, la température de la planète pourrait grimper de 4,8°C d’ici 2100. De quoi faire fondre quelques icebergs et submerger de nombreux pays…

Reste un élément de poids : la pression des ONG, des citoyens, des artistes, de vous et moi. C’est aussi à cela que sert un sommet, soyons au rendez-vous !

Pour aller plus loin

Un webzine de décryptages sur la COP21. Une étude sur les engagements nationaux insuffisants (pdf en anglais)

Des infographies sur la COP 21 réalisées par le gouvernement ici et ici.

Un quiz pour tester vos connaissances.

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Rédigé par

Hélène Seingier

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