Citoyenneté

Dans la vieille poste du village, Timbre FM rétablit la communication

Publié le 2 novembre 2015

Ranimer un village breton cerné de champs et de supermarchés, c’est le défi du «Champ-Commun», projet coopératif mené par une bande de trentenaires, à Augan. Ils ont créé une radio, une épicerie, un bar et une micro brasserie.

Comme chaque année, novembre, c’est le mois de l’Economie Sociale et Solidaire. Cette année, Say Yess a décidé de voir comment l’ESS pouvait changer le quotidien dans un petit village breton. Chapitre 1 : Timbre FM. Comment une radio a ouvert la voie vers la renaissance…

«Ami auditeur, installe-toi confortablement et plonge ta boule à thé dans l’eau bouillante. Te voilà sur Tiens voilà du bouquin! » Comme tous les lundis soirs, Rémi, 33 ans, offre une heure de lecture en direct sur Timbre FM. «Les livres, c’est une denrée rare ici. Il faut aller au supermarché pour en acheter, à dix kilomètres. J’avais envie partager ce que j’avais dans ma bibliothèque». C’est dans l’ancienne poste du village d’Augan, bourg morbihannais de 1.500 âmes que la radio associative Timbre FM s’est implantée. Le petit studio capitonné a pris la place des guichets d’hier.

Une alternative à ce petit monde du chacun pour soi.

Radio «ruralutionnaire», Timbre FM est née en 2009 de la volonté de créer un média favorisant le lien social et l’échange dans ce coin de France qui se désertifiait. Une radio fait par et pour les habitants d’Augan, sans pub ni formatage.«La presse locale, c’est souvent du zapping. Les journalistes passent cinq minutes, prennent une photo et repartent illico. Quelle place on donne aux gens qu’on interviewe? Quel temps on leur accorde?» s’interroge Fanny l’une des trois salariés de la radio. Chaque mois, une trentaine de bénévoles produisent 26 émissions. Elles sont diffusées sur la bande FM, 30 kilomètres autour d’Augan. Il y a « l’apéro paysan » consacré à l’agriculture, de la vulgarisation scientifique avec «le labos des savoirs», un programme sur l’économie sociale et solidaire, du documentaire sonore… La régie mobile de la radio permet de couvrir des rendez-vous régionaux en direct sur la toile: marchés de producteurs, fête éco-citoyenne, festival de cirque, etc.

Ateliers découvertes

Timbre FM anime aussi des ateliers de découverte radiophonique dans les MJC et les écoles. «Les jeunes n’ont pas l’habitude de prendre la parole et surtout qu’on leur donne» explique Anne, qui encadre ces ateliers. «Certains sont démunis. Nous essayons de stimuler le récit » ajoute Fanny. Timbre FM intervient également dans les centres sociaux, comme celui de Redon, à quarante kilomètres de là. Dans l’émission «Paroles d’habitants», on peut entendre des témoignages collectés micros en bandoulière par des «promeneurs d’ondes» de tous âges. Ces prestations, complétées de diverses aides publiques, ont permis d’embaucher Anne et Fanny en CDI ainsi qu’Hervé, le technicien.

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Evidemment, comme toute radio associative, il faut faire avec les moyens du bord. Le local de la Poste est prêté par la mairie d’Augan, la table de mixage et les micros proviennent du matériel réformé de Radio France, l’insonorisation maison laisse filtrer les bruits de tracteurs et les problèmes d’antenne ont été nombreux. Malgré cela, Timbre FM assume son rôle d’outil démocratique de communication et d’animation du territoire. Cette énergie, la petite radio la puise dans un projet coopératif global : le « Champ Commun ». Son objectif ? Revitaliser le bourg endormi d’Augan en créant une épicerie, un bar, une micro brasserie, une auberge de randonneurs et des emplois ! Rémi, notre oiseau de nuit libriophile, produit la bière artisanale de ce bar. Hervé vient y prendre son café matinal. Anne et Fanny y bossent quand elles ne sont pas au studio.«Une alternative à ce petit monde du chacun pour soi » pour Mathieu, 37 ans, l’un des meneurs de ce projet un peu timbré.

Demain, nous vous donnons rendez-vous dans l’épicerie du village, pour voir comment la renaissance se poursuit…

radioDécouvrez le métier d’animateur radio, dans une radio associative, à travers le témoignage de Julien, qui travaille pour Radio Jeunes Reims. Un métier, « polyvalent » dans lequel il « s’éclate ».

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Rédigé par

Sophie Babaz

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