Sports & loisirs

Le jeu de société pour changer les mentalités

Publié le 2 octobre 2015

Que ce soit pour se poser des questions ou pour apprendre la coopération, et si le changement venait en jouant?

C’est l’endroit de tous les possibles! Grâce aux jeux, on peut devenir pirate ou milliardaire en deux jetés de dés, voire même un entrepreneur social comme dans Fricsol

Mais au-delà de l’aspect ludique, le jeu de société peut devenir une « micro école de la vie », comme l’appelle Stéphane Cloux, animateur à Ludomonde à Paris, qui propose formations et animations autour du jeu. Pour lui, cela aide à se projeter dans des situations particulières et à expérimenter dans un cadre sécurisant et surtout amusant. Et à aborder certaines problématiques, notamment chez le jeune public.

Mini_Courses« J’ai été contacté par une communauté de communes qui cherchait une nouvelle façon de sensibiliser au tri des déchets, relate Yann Droumaget, animateur de la Boite des jeux, dans le Finistère. J’ai donc créé deux jeux de société pour les 8-12 ans. » Résultat : « Mini courses » propulse l’enfant dans un supermarché. Il s’agit pour lui de gérer entre les prix, le temps passé, et les déchets générés lors des emplettes. « Pour que ça reste un jeu, j’y ai inclus la vitesse, le chrono en plus de la notion de chance. Je voulais trouver une bonne mécanique de jeu pour qu’ils oublient qu’ils apprennent ».

« Si il y a de l’enjeu il n’y a plus de jeu »

Pas question de faire passer la « mécanique ludique » (le bluff, l’enchère, la négociation, la mémoire, le timing… ) qui fait tout l’attrait du jeu de société, en seconde zone. « Ca pourrait devenir maladroit comme un jeu de l’oie revisité.. C’est un peu lourd », explique Stéphane Cloux, lui-même créateur de jeu.

« Dans mon deuxième jeu «  le pont infernal », explique Yann, le joueur vide sa maison, et suit un parcours vers la déchetterie, pour lequel il faut passer sur un pont. Tenu par des aimants, il peut s’écrouler sous le poids des déchets transportés.  C’est une façon rigolote de faire découvrir les alternatives à la déchèterie: don, relooking, réparation… » Et ça marche. Au lieu d’en fabriquer 5 exemplaires comme prévu, la collectivité en a finalement produit 300 !

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« Il ne faut pas prendre le jeu trop au sérieux pour autant, si il y a de l’enjeu il n’y a plus de jeu ! » insiste le Breton. Il s’agit plutôt de l’utiliser en porte d’entrée. « Il suscite des questions, une prise de conscience sans être moralisateur. Ensuite ça devient intéressant de donner des réponses. »

Stephane Cloux ajoute que la réflexion peut passer par la co-construction d’un jeu. « On a récemment co-créé un jeu avec des enfants sur l’égalité filles/garçons. Ils ont pu réfléchir aux stéréotypes : les habits, les métiers, le droit. Et ils ont pu les renverser dans le jeu, à commencer par les couleurs rose et bleu ! »

L’apprentissage de la coopération

Changer les mentalités par le jeu, peut aussi venir des choix des techniques et des règles. « On peut introduire une règle de négociation au Monopoly pour jouer sur le risque, la confiance… On peut même tenter un Monopoly en mode coopératif ! » imagine Stéphane. « Ah oui tiens, un Monopoly où on partageraient tout ce qu’on achète! » plaisantent Chantal et Philippe, spécialisés dans la vente de jeu de coopération, dans lequel on joue ensemble contre le jeu (ou en équipe).

On peut aussi lutter contre les zombies, ça reste coopératif ! 

« Dans le coopératif, on oublie la compétition, qui peut exclure. On est obligés d’élaborer ensemble des stratégies, on doit s’unir, s’écouter, ça créé de la solidarité ! », explique Philippe. « On nous demande souvent des jeux coopératifs pour souder des groupes au sein de formations professionnelles, résoudre des conflits, apprendre à se connaître. C’est un bon outil de communication non violente. Par exemple, il y en a un où il faut escalader une montagne et chercher ensemble la solution pour éviter les obstacles. Cela dit on peut aussi lutter contre les zombies, ça reste coopératif ! Il y a un principe fort : c’est ensemble qu’on va trouver la solution ! C’est bien comme ça que ça se passe dans la société aussi, non ? », sourient-ils. Et ensemble de conclure : « Coopératif ou pas, l’important surtout, c’est déjà de jouer ! Car par définition, avec le jeu, on fait société ! »

A quoi jouer ?
Des exemples de jeux à thème solidaire, environnemental et social :

« Mini courses » ou « le Pont infernal », par ici
« Trop tard pour les poubelles », par là
Mondopoly, le Monopoly où vous êtes un petit agriculteur péruvien
Terrabilis pour gérer un pays et ses ressources. Le jeu existe de société s’est également doté d’une application qui permet de jouer en multijoueurs.
Et d’autres par ici

Des exemples de jeux coopératifs :

Le temps des récoltes: légumes à semer et à planter au fil des saisons tous ensembles.
Atlantica, nourrir les pingouins et les phoques sous fond de fonte de la banquise. L’occasion d’ouvrir le débat.
Derrière la porte secrète, dès 5 ans.
Zombie Kidz
Et bien d’autres

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Rédigé par

Jeanne La Prairie

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