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Chargé d’études biodiversité : « Se sentir utile dans la défense de l’environnement »

Publié le 31 août 2015

A 25 ans, Benjamin voit la vie en vert. Sa mission ? S'assurer que des projets d'urbanisme en Ile-de-France s'inscrivent dans le respect de la biodiversité locale. Entre deux études, il nous raconte son quotidien.

Ses étés, il les passe sur le terrain à disséquer les friches urbaines, à observer, recenser et étudier la faune et la flore locale. A la fin des beaux jours, direction son bureau pour l’analyse des données récoltées, la rédaction de rapports et le partage de son expertise.

A 25 ans, Benjamin peut se prévaloir d’une solide expérience dans la biodiversité. Chargé d’étude au sein de la SCOP francilienne Urban Eco, il porte sur ses épaules une grande responsabilité : accompagner les promoteurs immobiliers dans la réalisation de leurs projets d’urbanisme. Son objectif prioritaire ? Le respect de l’environnement et de la biodiversité locale : « Personnellement, j’interviens sur plusieurs aspects, explique-t-il. D’une part, les études d’impact sur le terrain, puis la rédaction de rapports à l’attention des clients. »

« Lors d’une étude d’impact, mon travail consiste à répertorier les espèces de plantes et d’insectes présents sur site. Nous visons principalement ce que l’on appelle les « bio-indicateurs »: des espèces qui vont témoigner du bon état du milieu et des écosystèmes. L’analyse de ces données nous permet ensuite de tirer des conclusions sur les enjeux écologiques du site étudié. »

A partir de là, il analyse le projet du promoteur et l’impact qu’il pourrait avoir sur la biodiversité. De quelques mois à plusieurs années, la durée d’une telle étude varie selon la complexité du terrain.

« Il n’est pas toujours facile de se faire entendre par un client »

Elle ne constitue cependant qu’une première étape du vaste panel des missions du chargé d’étude. Il doit ensuite informer le client pour tenter de lui faire prendre en compte l’environnement dans son projet et, si besoin, revoir celui-ci en fonction des exigences locales.

« Ce n’est pas toujours facile de se faire entendre, reconnaît Benjamin. Mais on essaie toujours de faire au mieux pour trouver une solution. » D’autant qu’on retrouve parfois des espèces protégées sur des sites. Dans ce cas, on peut intégrer des « espèces indigènes », par exemple, c’est-à-dire des plantes locales qui vont abriter l’espèce en question. « Mais, contrairement à une espèce dite horticole ou ornementale, elles sont souvent moins jolies à voir… », ajoute le jeune homme.

« Chacun doit pouvoir s’investir, à son niveau, en fonction de ses capacités »

La biodiversité, Benjamin est tombé dedans étant petit : « J’ai su très tôt que je souhaitais travailler dans ce milieu, confie-t-il avec enthousiasme. C’est mon grand-père qui m’a transmis ce virus alors que j’étais tout gamin. » Après un bac S, il effectue une première année de licence en biologie mais, à la recherche d’enseignements plus « concrets », se réoriente rapidement vers un BTS Gestion et Protection de la Nature. « J’y ai acquis des compétences en botanique, entomologie, ornithologie mais aussi connaissances sur la gestion des milieux naturels. » Son diplôme en poche, il enchaîne les petites missions avant de trouver ce premier poste en CDI, il y a un peu plus d’un an. Benjamin qui reconnaît avoir découvert l’ESS « un peu par hasard », se déclare satisfait de cette première expérience professionnelle.

Il décrit un quotidien enrichissant dans une équipe à taille humaine « qui favorise les échanges sur les différents projets ». Créée en 2012, la SCOP s’inscrit à la fois dans le politique et dans l’économique. Le statut coopératif incite les salariés à s’impliquer. « En tant que salarié, il faut se donner les moyens de prendre des décisions, nous confie-t-on au sein de la société. Chacun doit pouvoir s’investir, à son niveau, en fonction de ses capacités. Il n’y a pas de tâche inutile. Le développement de l’entreprise ne doit pas rapporter seulement à soi, individuellement mais au collectif. Car on ne fait jamais rien tout seul réellement. »

Aujourd’hui, Benjamin ne se voit pas travailler ailleurs que dans la biodiversité : « Avec ce métier, je me sens réellement utile car cela me permet d’aider, à mon niveau, à préserver la biodiversité en Ile-de-France mais aussi de participer à la diffusion et la prise en compte de celle-ci dans des projets qui sont parfois de taille et qui peuvent impacter, parfois fortement, la biodiversité au niveau local. » Tout un programme !

 

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Rédigé par

Olivier Simon

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